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  • La Constitution de l'État d’Israël : de 1948 à nos jours

    Introduction Israël est l’une des deux seules démocraties au monde (avec le Royaume-Uni) à ne pas avoir adopté de constitution formelle, malgré une décision explicite de l’Assemblée constituante en ce sens. Cette situation soulève des questions fondamentales : pourquoi une constitution n’a-t-elle jamais vu le jour ? Quelles en sont les conséquences ? Et surtout, est-il encore possible d’y remédier ? La Création d’Israël et l’absence de Constitution formelle (1948-1950) Lorsque l’État d’Israël fut proclamé en 1948, ses fondateurs déclarèrent la rédaction d’une constitution. La Déclaration d’Indépendance évoque explicitement la création d’une assemblée constituante chargée de rédiger ce texte, et cela, avant le 1er octobre 1948. "NOUS DECLARONS qu'à compter de la fin du mandat, à minuit, dans la nuit du 14 au 15 mai 1948, et jusqu'à ce que des organismes constitutionnels régulièrement élus entrent en fonction, conformément à une Constitution qui devra être adoptée par une Assemblée constituante d'ici le 1er octobre 1948 , le présent Conseil agira en tant qu'Assemblée provisoire de l'Etat et que son propre organe exécutif, l'administration nationale, constituera le gouvernement provisoire de l'Etat d'Israël."* Mais cette constitution ne sera jamais rédigée, en raison de multiples blocages et désaccords politiques et sociaux, notamment entre factions laïques et religieuses. Les groupes religieux craignaient qu’un tel texte réduise l’influence de la loi juive, tandis que d’autres estimaient qu’une constitution était essentielle pour garantir un fonctionnement démocratique. En 1950, la Knesset adopta le compromis Harari, du nom du député Yizhar Harari. Ce compromis prévoyait une élaboration progressive de la Constitution israélienne, rédigée chapitre par chapitre sous la forme de ce qu’on appelle aujourd’hui les Lois fondamentales. " La première Knesset charge la commission de la Constitution, des lois et de la justice de la tâche de préparer une Constitution pour l'État. Cette Constitution consistera en des chapitres séparés, chacun constituant une loi fondamentale propre. Ces chapitres seront présentés à la Knesset··· et tous les chapitres seront réunis et formeront la Constitution de l'État". ** Depuis lors, ces lois jouent un rôle constitutionnel de facto. Elles définissent la structure du gouvernement, les droits individuels et le fonctionnement du système judiciaire, sans toutefois constituer un document unifié, comme dans la plupart des démocraties modernes. Les Lois Fondamentales et l’évolution du cadre juridique (1950 à aujourd’hui) Au fil des décennies, les Lois fondamentales ont été modifiées et enrichies pour encadrer les piliers de la gouvernance israélienne : la Knesset, le pouvoir judiciaire, ainsi que les droits fondamentaux. Cependant, l’absence de constitution formelle a donné lieu à des débats juridiques persistants, notamment autour de l’équilibre entre les valeurs démocratiques et l’identité juive d’Israël. En 1992, une étape majeure a été franchie avec l’adoption de Lois fondamentales relatives aux droits de l’homme, telles que la Loi fondamentale : Dignité humaine et liberté , et la Loi fondamentale : Liberté d’occupation . Ces textes occupent désormais une place centrale dans le système juridique et judiciaire israélien. Ils jouent un rôle essentiel dans la protection des droits fondamentaux et des libertés civiles. Dans ce contexte, en l’absence de constitution formelle, ces Lois fondamentales permettent à la Cour suprême d’examiner les lois susceptibles de porter atteinte aux libertés individuelles, ancrant ainsi les valeurs démocratiques dans le système juridique israélien. Cependant, cette même absence de constitution renforce la vulnérabilité de ces lois : la Knesset peut les modifier ou les contourner plus facilement, ce qui engendre des tensions récurrentes entre le pouvoir législatif et le pouvoir judiciaire. La Cour Suprême : son rôle et les risques d’un affaiblissement La Cour suprême joue un rôle essentiel dans l’interprétation et l’application des Lois fondamentales d’Israël, qui font office de constitution de facto en l’absence de texte formel et unifié. Par le biais du contrôle judiciaire des lois et des actions gouvernementales, elle veille au respect de ces textes, contribuant ainsi à la protection des droits individuels et au maintien des équilibres entre les pouvoirs législatif et exécutif. Restreindre l’autorité de la Cour suprême affaiblirait ces garde-fous, facilitant les modifications ou le contournement des Lois fondamentales par la Knesset. Une telle évolution pourrait non seulement fragiliser l’architecture juridique actuelle, mais également compliquer toute tentative future d’adopter une véritable constitution, le contrôle judiciaire étant un pilier essentiel de toute démocratie constitutionnelle. Événements Récents et Réforme Judiciaire (2023 à aujourd’hui) En 2023, Israël a été confronté (et l'est toujours) à l'une des crises politiques et judiciaires les plus importantes de son histoire récente. La réforme judiciaire initiée par le gouvernement visait à restreindre les pouvoirs de la Cour suprême, suscitant de vastes protestations et une vive inquiétude internationale. L’amendement de 2023 à la Loi fondamentale appellée "le pouvoir judiciaire", qui fait partie de la refonte judiciaire proposée par le gouvernement israélien, visait à limiter la capacité de la Cour suprême à utiliser la norme de raisonnabilité pour examiner les décisions gouvernementales. Ce changement a été perçu par beaucoup comme une tentative de réduire le contrôle judiciaire et de transférer davantage de pouvoirs aux pouvoirs exécutif et législatif. Il a déclenché de nombreuses protestations, car il a mis en évidence la facilité avec laquelle la Knesset pouvait modifier les lois fondamentales pour affaiblir l'autorité judiciaire, aggravant ainsi les tensions persistantes entre les pouvoirs. Les critiques de cette réforme craignaient qu'un affaiblissement du système judiciaire ne porte atteinte aux normes démocratiques et ne conduise à un régime autocratique. Le gouvernement, quant à lui, a fait valoir que la Cour suprême avait outrepassé son autorité et que des réformes étaient nécessaires pour rétablir l'équilibre. Cette réforme judiciaire, conjuguée aux tensions régionales persistantes, a ravivé le débat sur la nécessité d’adopter une véritable constitution en Israël. Nombreux sont ceux qui considèrent que l’absence de constitution constitue un facteur d’instabilité, faute de cadres juridiques clairs et solides pour trancher de tels conflits. "Une Constitution pour la Patrie" : Une Initiative Contemporaine En réponse à l'instabilité politique et à la crise judiciaire, le Mouvement Pour Un Gouvernement de Qualité et le Forum Constitutionnel ont lancé la campagne "Une Constitution pour la patrie". Cette initiative vise à institutionnaliser les valeurs démocratiques par l'adoption formelle d'une constitution complète, une démarche considérée comme essentielle pour garantir la stabilité politique et préserver l'identité démocratique d'Israël. La campagne souligne la nécessité d'une constitution qui reflète la multitude d'identités d'Israël et offre un cadre juridique stable pour la gouvernance, les droits individuels et l'égalité. Le projet de constitution proposé vise à préserver Israël en tant qu'État juif tout en garantissant un traitement équitable aux minorités et l'égalité des droits et devoirs pour tous les citoyens. L'urgence de ce mouvement est soulignée par la crise judiciaire actuelle et les divisions sociales. De récents sondages montrent un fort soutien de l'opinion publique à une constitution, de nombreux Israéliens convenant qu'elle devrait être fondée sur la Déclaration d'Indépendance d'Israël. Des sondages menés par l'Institut Israélien pour la Démocratie ont révélé qu'une majorité d'Israéliens soutiennent l'adoption d'une constitution formelle, nombre d'entre eux préconisant qu'elle soit fondée sur les principes énoncés dans la Déclaration d'indépendance d'Israël. Conclusion Depuis sa création, Israël vit sans constitution formelle, s’appuyant sur des Lois fondamentales pour structurer ses institutions. Cependant, les évolutions politiques et sociétales, notamment la réforme judiciaire de 2023, ont amplifié les appels à l'adoption d'une constitution complète. Certaines initiatives, comme la campagne "Constitution pour la Patrie", représentent un effort important pour réaliser ce changement, visant à unifier la nation grâce à un cadre juridique conciliant valeurs démocratiques et identité juive du pays. Article écrit par The Movement for Quality Government ( Mouvement Pour Un Gouvernement de Qualité) Instagram -   @mqg.israel Facebook- The Movement for Quality Government in Israel Site Internet -   https://mqg.org.il/en/   * https://www.gov.il/en/pages/declaration-of-establishment-state-of-israel * https://mjp.univ-perp.fr/constit/il1948.htm ** https://www.knesset.gov.il/constitution/ConstIntro_eng.htm    ** https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/la-cour-supreme-israelienne-et-le-controle-de-constitutionnalite-des-lois#:~:text=Le%20texte%20de%20la%20décision,constituant%20une%20loi%20fondamentale%20propre .

  • Ha-Trempistim (les auto-stoppeurs)

    Ha-Trempistim (signifiant " les auto-stoppeurs"en hébreu) est une émission de télévision israélienne dans laquelle l’animateur, se faisant passer pour un conducteur ordinaire, prend en stop des passagers pour les conduire à leur destination. Au fil du trajet, il engage avec eux des conversations sincères et profondes. Ces passagers représentent un véritable échantillon de la société israélienne : religieux et laïcs, Arabes et Juifs, hommes et femmes, couples, nouveaux immigrants (olims) et bien d'autres encore. Chacun partage une part de son histoire personnelle, offrant un regard unique sur des sujets variés, souvent intimes ou universels, ainsi que sur Israël. Pourquoi regarder Ha-Trempistim ? Cette émission propose une immersion captivante dans la mosaïque de la société israëlienne. Elle donne à voir la diversité des opinions, des parcours de vie et des identités qui façonnent le pays. Les vidéos, en hébreu, sont disponibles sur YouTube et constituent une excellente opportunité pour découvrir du contenu authentique en hébreu. C’est aussi un moyen accessible de mieux comprendre la société israélienne à travers le regard de ses habitants. Voici un extrait ci-dessous. La série s’étend sur huit saisons, avec des épisodes courts de 15 minutes maximum. Saison 1 Saison 2 Saison 3 Saison 4 Saison 5 Saison 6 Saison 7 Saison 8  (2024)

  • Sirtei Burekas ("films Bourekas")

    Les Bourekas Films (en hébreu : סרטי בורקס) forment un genre cinématographique typiquement israélien, apparu et popularisé entre les années 1960 et 1970. C’est le réalisateur Boaz Davidson qui aurait forgé ce terme, en clin d’œil aux célèbres Spaghetti Westerns italiens. Le nom renvoie à un mets emblématique de la cuisine juive séfarade, le bourekas, devenu incontournable dans la culture culinaire israélienne. Par extension, ces films mettent en scène des aspects profonds de l’identité israélienne. Ce genre se caractérise par des comédies mélodramatiques, souvent burlesques, illustrant les tensions culturelles et les difficultés du quotidien dans une société en construction. Au cœur de ces intrigues : les clivages entre Juifs mizrahim (originaires du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord) et les élites ashkénazes (venues d’Europe). Les films Bourekas abordent avec humour et exagération les différences ethniques et sociales, tout en laissant transparaître les bouleversements politiques et culturels que connaîtra Israël dans les décennies suivantes. Les personnages mizrahim y sont fréquemment au centre de l’action. Malins, combatifs et hauts en couleur, ils sont aussi victimes de discriminations ou de mépris de classe. Leurs accents orientaux marqués, leurs répliques osées et leur langage familier en faisaient des figures comiques et attachantes, qui finissaient toujours par triompher du système. En contrepoint, les personnages ashkénazes incarnaient la froideur, la richesse… et l’ennui. Ce contraste appuyé soulignait les fractures sociales de l’époque. Malgré les stéréotypes outranciers, ces films ont su rassembler le public, notamment grâce à des fins optimistes et rassembleuses, souvent symbolisées par des mariages interethniques, promesse d’unité et de réconciliation. Adulés par le grand public, les films Bourekas ont pourtant été sévèrement critiqués par les élites culturelles. Jugés caricaturaux, simplistes et déconnectés des exigences artistiques du cinéma européen, ils étaient considérés comme de simples divertissements populaires, parfois perçus comme un frein à la réflexion. Pourtant, leur immense popularité reflète l’appétit de la société israélienne pour une évasion légère et une volonté de rire de ses disgrâces, en plus de célébrer sa culture et ses traditions orientales. Quelques classiques incontournables: Givat Halfon Eina Ona (1976) réalisé par Assi Dayan (extrait Youtube ) Kazablan (1973), par Menahem Golan - lien vers l'article dedié. Hagiga BaSnuker (1975), Boaz Davidson (extrait Youtube ) Sallah Shabbati (1964), d'Efraim Kishon, premier film israélien nommé aux Oscars, avec Chaim Topol (extrait Youtube ) Alex Hole Ahava (1986), Boaz Davidson (extrait Youtube ) Charlie ve’hetzi (1974), Boaz Davidson (extract ci-dessous) Dans les années 1990, ces films connaissent un regain de popularité, devenant de véritables œuvres cultes. Aujourd’hui encore, ils évoquent avec nostalgie une période fondatrice de la cinématographie israélienne. Leur héritage apprend au public israélien à rire de lui-même et à accepter, aussi imparfaite soit-elle, sa culture diversifiée. Article rédigé avec la collaboration de Naomi Marchese, monteuse vidéo et spécialiste du cinéma.

  • Ronit Elkabetz

    1964 - 2016. Ronit Elkabetz fut une actrice, réalisatrice et scénariste israélienne de renom. Lauréate de nombreux prix, elle est considérée comme l’une des figures les plus marquantes de l’histoire du cinéma israélien. À ce jour, elle reste la seule actrice à avoir remporté à trois reprises l’Ophir Award de la Meilleure Actrice. Née de parents immigrés marocains, Elkabetz est devenue un symbole puissant de la féminité mizrahie. À l’écran, elle incarnait souvent des femmes opprimées, révélant avec force la résilience et la dignité des femmes issues des communautés orientales. Mais son influence allait bien au-delà de ses distinctions. Véritable phénomène culturel, elle était admirée autant par le grand public que par les figures politiques. Le président Shimon Peres l’a qualifiée d’"ambassadrice culturelle exceptionnelle", saluant sa capacité à représenter Israël avec "fierté, créativité et beauté"*. Parmi ses rôles les plus célèbres figurent Or (2004), La Visite de la fanfare ( The Band’s Visit , 2007), avec un extrait ci-dessous, et Sh’chur (1994), pour lequel elle a reçu l’Ophir Award de la Meilleure Actrice dans un second rôle. Son œuvre la plus emblématique demeure sans doute la trilogie qu’elle a coécrite et coréalisée avec son frère, Shlomi Elkabetz : Prendre femme (2004), Les Sept jours (2009) et Le Procès de Viviane Amsalem ( Gett , 2014). Ce triptyque poignant aborde avec intensité la condition des femmes mizrahies au sein de la société juive israélienne. La trilogie a reçu une reconnaissance internationale, culminant avec une nomination aux Golden Globes du Meilleur Film Étranger. Ronit Elkabetz s’est éteinte en 2016 à l’âge de 51 ans, après une bataille contre le cancer du poumon. Elle laisse derrière elle un héritage indélébile, profondément ancré dans le paysage culturel israélien. Un extrait vidéo ci-dessous met en lumière certains de ses rôles marquants. Article rédigé avec l’aide de Naomi Marchese, monteuse vidéo et spécialiste du cinéma. * https://www.theguardian.com/film/2016/apr/19/israeli-actor-director-ronit-elkabetz-dies-aged-51

  • La Ville Blanche : héritage Bauhaus de Tel-Aviv

    En 2003, la Ville Blanche de Tel-Aviv a été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en raison de l’impressionnante concentration de bâtiments modernistes de style Bauhaus construits dans les années 1930 et 1940. Aujourd’hui, la moitié d’entre eux – environ 2 000 bâtiments – sont des sites protégés. La Ville Blanche de Tel Aviv : là où le Bauhaus rencontre le modernisme L’architecture de la Ville Blanche repose sur les principes du modernisme du début du XXe siècle. Bien que le Bauhaus en soit un représentant majeur, il n’en est ni l’initiateur exclusif ni le seul porte-drapeau. Des architectes renommés comme Le Corbusier, Erich Mendelsohn et bien d’autres ont également contribué à ce courant sans être affiliés directement au Bauhaus. Leur influence est manifeste à Tel-Aviv. Les architectes modernistes, y compris ceux issus du Bauhaus, cherchaient constamment des solutions fonctionnelles aux défis climatiques locaux, ainsi qu’aux besoins sociaux et pratiques du quotidien. Cela a donné naissance à des éléments architecturaux à la fois inventifs et adaptés, comme des auvents en béton en saillie pour ombrager les fenêtres, des balustrades de balcon perforées facilitant la ventilation naturelle, ou encore des fenêtres en bande repensées pour mieux gérer la lumière et la circulation de l’air. Malgré la diversité de son patrimoine architectural, Tel-Aviv est souvent désignée comme la capitale du style Bauhaus. Dizengoff : une place Bauhaus unique au monde La municipalité de Tel-Aviv a récemment restauré la place Dizengoff, conçue en 1934 par l’architecte Genia Averbuch, pour lui redonner son design d'origine. Il s’agit probablement de la seule "piazza Bauhaus" au monde. Centre traditionnel de la Ville Blanche, cette place se distingue par sa forme circulaire, entourée de bâtiments presque identiques, avec des balcons en fente horizontale aux lignes courbes. Le langage architectural simple et élégant de ce cercle en fait un paradigme de l’architecture moderniste locale. Place Dizengoff, photographiée entre 1940 et 1946. Source : Collection de photographies Matson (G. Eric et Edith) à la Bibliothèque du Congrès. Domaine public. L'héritage Bauhaus de Tel Aviv : à chaque coin de rue L'influence directe du Bauhaus sur l'architecture de ce qui allait devenir la Ville Blanche de Tel-Aviv est manifeste, par exemple, dans plusieurs complexes ouvriers. Sur la rue Frishman, Arieh Sharon a conçu le complexe résidentiel Me’onot Ha’ovdim Hod. Après l’arrivée au pouvoir des nazis en 1933, environ 60 000 Juifs ont quitté l’Allemagne pour s’installer en Palestine mandataire. Issus en majorité de milieux urbains, beaucoup se sont naturellement dirigés vers Tel-Aviv. Pour les accueillir, des milliers de logements ont été construits. Plusieurs douzaines d’architectes ont participé à ce vaste projet, dont six étaient d’anciens élèves du Bauhaus : Shlomo Bernstein, Munio Gitai-Weinraub et Shmuel Mestechkin, entre autres. Quelques bâtiments modernistes emblématiques: Immeuble Recanati (1935) : 35 Derekh Begin, conçu par Liaskovski & Orenstein Maison Braun-Rabinsky (1932) : 82 boulevard Rothschild, par Josef et Ze’ev Berlin Maison Bruno (1933) : 3 rue Strauss, par Ze’ev Haller Théâtre Habima (1935) : par Oskar Kaufmann Aujourd'hui, la Ville Blanche de Tel-Aviv témoigne de la vision et de l'ingéniosité des premiers architectes modernistes, dont l'œuvre continue de façonner le paysage urbain et d'inspirer le monde du design dans le monde entier. Classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, elle garantit la pérennité de l'héritage du Bauhaus pour les générations futures. Article rédigé par le Bauhaus Center Tel Aviv Depuis 2000, le Bauhaus Center Tel Aviv, situé près de la place Dizengoff, accueille des expositions, des visites guidées et libres, ainsi qu'une boutique d'art célébrant la Ville Blanche de Tel Aviv. Pour en savoir plus, rendez-vous sur www.bauhaus-center.com .

  • Judah Leib Gordon

    1830 - 1892. Né en Lituanie, alors sous domination de l’Empire russe, Judah Leib Gordon fut l’un des poètes hébraïques les plus influents de son temps. Figure majeure de la Haskala (les Lumières juives), il s’illustra par sa plume engagée et son opposition farouche à l’establishment rabbinique. Source : Collection d’images numériques David B. Keidan, Archives sionistes centrales. Dès son plus jeune âge, Gordon étudia la Torah auprès des plus grands érudits. Élève brillant, il mémorisa des centaines de pages du Talmud. À 17 ans, il s’ouvrit à la culture européenne et aux langues occidentales. Diplômé à 22 ans, il débuta sa carrière d’enseignant en 1853. C’est au cours des vingt années suivantes, en parallèle de son métier, qu’il produisit l’essentiel de son œuvre littéraire : poèmes, fables satiriques, récits polémiques, tous au service de la renaissance de la langue hébraïque. S’il dénonçait l’antisémitisme et les discriminations envers les Juifs, Gordon critiquait aussi vigoureusement les travers internes de la société juive, notamment son conservatisme religieux. En 1865, il devint directeur de l’école publique hébraïque de Telz (Lituanie), où il fonda également une école pour filles. Il abandonna l’enseignement en 1872 pour s’installer à Saint-Pétersbourg, où il occupa un poste de secrétaire auprès de la communauté juive et de la Société pour la promotion de la culture parmi les Juifs de Russie. Mais en 1879, il fut emprisonné pour des accusations d’activités anti-tsaristes. Blanchi l’année suivante, il reprit ses activités à Saint-Pétersbourg et devint rédacteur en chef du journal hébraïque Ha-Melits. Sous divers pseudonymes, il y publia des éditoriaux, des chroniques, des critiques littéraires et des récits. Son œuvre peut être divisée en deux périodes : une première, marquée par une poésie romantique à thème biblique ; une seconde, par une poésie satirique et engagée, orientée vers les débats publics. Gordon rejetait à la fois l’extrémisme religieux et l’assimilation totale, qu’il voyait comme un reniement de l’identité juive. Son poème intitulé "Hakitza Ami" (" Réveille toi, Mon Peuple", disponible en hébreu ici ) est une excellente illustration de la deuxième période. "Hakitza Ami", écrit en 1866, constitue un manifeste de la Haskala. Il y appelle les Juifs à s’intégrer pleinement dans la société européenne moderne, tout en préservant leur identité. Cela s’inscrit dans les évolutions sociales et philosophiques de l’époque. Le vers suivant, tiré de la dixième strophe, en est un excellent exemple. "הֱיֵה אָדָם בְּצֵאתְךָ וִיהוּדִי בְּאָהֳלֶךָ" “Sois un Juif dans ta tente , et un être humain dans la rue ” Ce vers, devenu slogan de la Haskala dans la seconde moitié du XIXe siècle, synthétise l’idéal d’un équilibre entre intégration citoyenne et fidélité à son héritage. Le Juif n’a d’autre choix que de devenir un citoyen naturalisé de son pays européen d’adoption. Il doit s’instruire, apprendre la langue locale et s’intégrer à l’économie afin d’être un citoyen jouissant de droits et de devoirs égaux. Toutefois, il ne doit pas oublier son héritage et son identité juifs. Cependant, le poème suscita de vives critiques à sa parution. En effet, Gordon n’adhérait pas au mouvement Hovevei Zion (Les Amants de Sion) et doutait de la viabilité d’une solution nationale en Terre d’Israël. Il ne croyait pas en la possibilité d’y établir à court terme un refuge sûr pour les Juifs, et redoutait même une prise de pouvoir religieuse sur un futur foyer national. Il encourageait plutôt l’émigration vers l’Amérique. Il mourut à Saint-Pétersbourg en 1892. Peu avant sa mort, il écrivit une lettre posthume dans laquelle il déclara avoir changé d’avis et souhaitait désormais participer à l’effort collectif en faveur de l’établissement juif en Terre d’Israël. Voici des liens vers d’autres poèmes : HaErev Likui Hama Gam Ze Letovah Baalot Hashahar Sources: https://www.ithl.org.il/page_13638 https://he.wikipedia.org/wiki/יהודה_לייב_גורדון

  • Les districts administratifs (Mehozot)

    L’organisation administrative de l’État d’Israël repose sur trois niveaux de gouvernance : le gouvernement central, les districts et les entités locales. Source: Wikipedia. Par l’intermédiaire du ministère de l’Intérieur, Israël est divisé en sept principaux districts administratifs, appelés en hébreu mehozot (singulier : mahoz) : le district central, le district de Haïfa, le district de Jérusalem, le district nord, le district sud, le district de Tel Aviv et la zone de Judée et Samarie en Cisjordanie. Chaque district possède une capitale, des bureaux administratifs régionaux, un tribunal de district et d’autres institutions. Les districts de Judée et Samarie, ainsi que certaines parties des districts de Jérusalem et du Nord, ne sont pas reconnus internationalement comme faisant partie d’Israël et sont administrés directement par le ministère de l’Intérieur. Les districts ne disposent d’aucune institution élue. En revanche, ils ont des conseils composés de représentants des ministères du gouvernement central et des autorités locales pour les questions de planification et de construction. Structure administrative en Israël Le système des districts joue un rôle essentiel dans l’organisation de la gouvernance, de l’administration publique et de l’aménagement territorial en Israël. Il permet au gouvernement central de gérer les services et le développement dans les différentes régions du pays. Districts et gouvernance locale Bien que les districts ne soient pas des organes élus, ils coordonnent leur action avec les autorités locales et les institutions de l’État afin de soutenir la planification, les infrastructures et la supervision administrative. Source: https://he.wikipedia.org/wiki/מחוזות_ישראל

  • Yitzhak Rabin

    1922 - 1995. Yitzhak Rabin fut chef d’état-major de Tsahal, cinquième Premier ministre d’Israël, et lauréat du prix Nobel de la paix. Né à Jérusalem de parents juifs originaires d’Europe de l’Est, il grandit dans un foyer sioniste engagé. Ses parents étaient membres du parti travailliste Akhdut Haavoda. Son parcours militaire débute très tôt : à 14 ans, il rejoint la Haganah, la force de défense juive du Yishouv. Son parcours militaire débute très tôt : à 14 ans, il rejoint la Haganah, la force de défense juive du Yishouv. En 1941, il est parmi les premiers à s’enrôler dans le Palmach, unité d'élite de la Haganah, où il occupe divers postes, notamment celui de commandant de la brigade Harel. Pendant la guerre d'indépendance de 1948, il joue un rôle déterminant en tant qu’officier des opérations du front sud. Il dirigea également plusieurs opérations à Jérusalem, ainsi que contre les égyptiens dans le Negev. Lors de la première trêve, Rabin dirige les forces de Tsahal sur la plage de Tel-Aviv face à l’Irgun lors de l’affaire de l’ Altalena . En 1949, il fait partie de la délégation israélienne aux négociations d’armistice avec l’Égypte à Rhodes, aboutissant aux accords qui mettent fin à la guerre de 1948. Après ce conflit, il devient le plus haut gradé issu du Palmach dans l’armée israélienne post-démobilisation. Dans les années 1950, il contribue activement à l’élaboration de la doctrine de formation de Tsahal et prend la tête de la Direction des opérations de 1959 à 1963. En 1964, il est nommé chef d’état-major, menant l’armée israélienne à la victoire lors de la guerre des Six Jours en 1967. Sur ce lien , vous pouvez écouter un extrait de son discours prononcé sur le mont Scopus (Har Hatzofim) à Jérusalem après la guerre des Six Jours. (Le discours complet est disponible en anglais sur ce lien ). Ci-dessous, quelques mots, toujours d’actualité, qu’il a prononcés lors de sa visite auprès des soldats. Après le conflit, il supervise la réorganisation de l’armée afin de sécuriser les nouveaux territoires et les longues frontières. Rabin entame ensuite une carrière diplomatique en tant qu’ambassadeur d’Israël aux États-Unis (1968-1973), consolidant les relations bilatérales. Après la démission de Golda Meir, il devient Premier ministre en 1974, battant Shimon Peres aux primaires du Parti travailliste (Haavoda). Durant ce premier mandat, il signe l’accord intérimaire sur le Sinaï (préparant le retrait israélien) et donne son feu vert à l’opération Entebbe (1976), avant de démissionner en 1977 à la suite d’un scandale financier. Dans les années 1980, Rabin revient en tant que ministre de la Défense. Il gère les troubles de la première Intifada (1987) et renforce la zone de sécurité au sud du Liban. Réélu Premier ministre en 1992, il oriente son action vers le processus de paix israélo-palestinien. Il joue un rôle central dans les accords d’Oslo, entamant des négociations directes avec la direction de l’OLP. Cela conduit à l’établissement d’une autonomie palestinienne à Gaza et à Jéricho dès 1993. Son engagement en faveur de la paix est salué par l’attribution du prix Nobel de la paix en 1994, qu’il partage avec Shimon Peres et Yasser Arafat. La même année, il signe un traité de paix historique avec la Jordanie, aux côtés du roi Hussein. Mais son rêve de paix est brutalement interrompu le 4 novembre 1995, lorsqu’il est assassiné à Tel-Aviv par Yigal Amir, un extrémiste opposé aux accords d’Oslo. Ce jour tragique marque profondément la société israélienne. Depuis, une journée commémorative lui est dédiée chaque année. Vous pouvez en savoir plus sur le jour de sa mort en cliquant sur cet article, qui explique la Journée de commémoration d’Yitzhak Rabin. Voici un extrait de son dernier discours, ainsi que la vidéo de l’annonce officielle de sa mort. L’héritage de Rabin perdure, et reste un symbole durable de l’espoir de paix. Il fut par ailleurs le premier Premier ministre israélien né dans le pays, le seul à avoir été assassiné, et le deuxième à mourir en fonction après Levi Eshkol. Rabin a épousé Leah Schlossberg et a eu deux enfants. Comme la plupart des dirigeants de son époque, Rabin était un laïc attaché à son identité juive. Sources: https://www.mod.gov.il/About/ministers/Pages/rabin.aspx https://en.wikipedia.org/wiki/Yitzhak_Rabin

  • Sexta (groupe de musique)

    Sexta était un groupe vocal féminin israélien actif entre 1978 et 1983. Le group est composé initialement de cinq chanteuses, Panina Barik, Hani Eliakim (Bodgov), Iris Shemi, Ruthi Ben Avraham et Samdar Wimzar, ainsi que Warda Nega qui remplaça cette dernière en juin 1979. Durant ses années d’activité, Sexta a sorti trois albums pop et s’est principalement illustré dans divers festivals à travers le pays. Bien qu’il n’ait jamais percé à l’Eurovision malgré deux tentatives, le groupe a su marquer les esprits avec plusieurs titres devenus populaires. Parmi leurs chansons les plus connues, disponibles dans nos playlists Spotify, figurent Je suis née pour la paix , Cendrillon , Les Dudaim et Je me compose des mélodies . Le style était entraînant, optimiste, parfois teinté de messages pacifistes, reflétant l’air du temps dans l’Israël des années 80. En 2003, deux décennies après sa séparation, Sexta se reforme brièvement et publie un nouvel album éponyme, renouant ainsi avec ses fans. Des performances du groupe, notamment Je suis née pour la paix et HaDudaim , sont accessibles sur YouTube.

  • Moshé David Shuv

    1854 - 1938. Moshe David Shuv, rabbin orthodoxe et proto-sioniste, fut l’un des fondateurs de la ville de Rosh Pinna. Voici le récit inspirant de son parcours. David Shuv, source: Wikipedia. Domaine publique. Au port de Beyrouth, Shuv et son épouse débarquent après un voyage éprouvant depuis Buhuși (en Roumanie) en direction de Tzfat. Leur bébé, tombé malade à bord entre Constantinople et Beyrouth, est décédé peu avant l'accostage. Redoutant que les soldats ottomans ne les empêchent d'entrer en terre sainte, Shuv supplie sa femme de dissimuler leur perte et de faire semblant d’allaiter leur enfant. Les soldats les laissèrent passer, inconscients de la douleur profonde dissimulée sous les apparences. L’histoire de Shuv incarne l’esprit de Rosh Pinna, illustrant avec force ces débuts difficiles, un témoignage de la détermination inébranlable qu’il insufflera plus tard à la communauté. Dans ses mémoires Souvenirs de la maison de David , il écrit : " Le navire jeta l’ancre sur la côte de Beyrouth pour y déposer quelques familles. La mienne en faisait partie. En route, entre Constantinople et Beyrouth, ma jeune fille tomba malade à bord, et avant même que le navire n’atteigne Beyrouth, elle rendit l’âme. Tous les passagers me dirent n’avoir jamais vu une enfant aussi belle et vive ; elle était admirée et louée par tous. Ils disaient qu’elle était morte à cause du mauvais œil. Mais tous redoutaient que les autorités ne placent les passagers du navire en quarantaine, les forçant à rester à Beyrouth pour une durée indéterminée. C’est pourquoi ils supplièrent ma femme de dissimuler autant que possible la mort de l’enfant, de refouler son chagrin et de porter la petite morte dans ses bras comme si elle était encore en vie, afin que les gardes à terre ne s’en aperçoivent pas. Il est aisé d’imaginer combien ma pauvre épouse et ma vieille mère souffrirent : en plus de leur douleur et de leur peine, elles durent retenir leurs larmes pour le bien des autres passagers. Ainsi, la malheureuse mère porta son enfant morte jusqu’à l’intérieur de la ville, où on l’emmena ensuite pour l’inhumer. Ce fut là mon premier sacrifice à l’arrivée de ma famille. " (version originale dans l'article en anglais) En 1882, Shuv arriva non seulement avec sa famille et sa communauté, mais aussi avec une vision. Le navire "Thetis" ne transportait pas que des passagers, mais aussi les germes d’un avenir nouveau. Leur destination finale était Geï Oni, au pied de Tzfat, un lieu ravagé par le désespoir et l’abandon, mais en quête d’une seconde chance de renaissance. Ils le rebaptisent Rosh Pinna , la pierre d'angle, en référence au psaume 118 : " La pierre que les bâtisseurs ont rejetée est devenue la pierre d'angle. " Geï Oni fut fondée en 1878, soit quatre ans avant l’arrivée de Shuv. Les premiers habitants étaient descendus de Tzfat vers les contreforts dominant la vallée de la Houla. Ils aspiraient désespérément à un changement : passer de la dépendance aux fonds de charité (plus de détails ici) à un mode de vie fondé sur le travail de la terre, ses fruits et leurs propres efforts. Cependant, en raison de la sécheresse, de la faim, des maladies, du manque d’expérience et de ressources financières, ils furent rapidement confrontés à de grandes difficultés, les contraignant à abandonner Geï Oni et à retourner à Tzfat dans la honte. Mais malgré tous les obstacles, trois familles, Friedman, Kellar et Schwartz, restèrent sur place, et leurs descendants y vivent encore aujourd’hui, vivant de la terre et de ses fruits. Des années plus tard, l’héritage de Moshe David Shuv résonne encore à Rosh Pinna, notamment le long de la route historique qui porte son nom, la rue David Shuv. Cette voie, qui reste le principal lien vers Tzfat malgré l’existence d’une autoroute moderne, conserve toute son importance, à l’image du rôle central que Shuv a joué dans la fondation de Rosh Pinna. L’influence de Shuv dépasse les limites de Rosh Pinna et a également marqué le système éducatif israélien. En 1886, le baron Rothschild le nomma directeur de l’école de Rosh Pinna, marquant ainsi la création de la première école hébraïque de la région. Il introduisit une méthode d’enseignement révolutionnaire : enseigner "l’hébreu en hébreu", malgré de nombreuses difficultés et controverses. Moshe David Shuv n’était pas seulement un pionnier et un leader, mais aussi un rabbin orthodoxe et un proto-sioniste. Sa vision, comme celle d’autres figures de sa génération, est née d’une longue histoire d’exil, de persécutions et de pogroms, mais aussi inspirée par la montée des nationalismes. Shuv, à l’instar de nombreux contemporains, rompant avec plus d’un millénaire de vie juive en exil, ne voulait pas attendre un miracle. Il voulait agir, "frapper le rocher" comme Moïse dans le désert, et revenir avec son peuple sur la terre de ses ancêtres, concrétisant ainsi le rêve millénaire du retour à Sion. Aujourd’hui, la rue David Shuv à Rosh Pinna est un témoignage vivant de cet esprit. Cette voie historique, animée de vie, relie encore Rosh Pinna à Tzfat et aux localités voisines, faisant écho aux pas d’un leader dont le parcours, de la tragédie au triomphe, a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire d’Israël. Le 23 Adar 5698 (1938), Shuv s’éteint à Jérusalem, laissant derrière lui un profond héritage de dévouement à la terre et au peuple d’Israël. Il fut inhumé à Rosh Pinna. Aujourd’hui, cent quarante-deux ans plus tard, Rosh Pinna est une communauté prospère de plus de 3 000 habitants, un centre pour les localités environnantes, riche en restaurants, boutiques, galeries, cafés et bien plus encore. Plus d’informations sur la période du Yishouv sont disponibles à ce lien. Article écrit par Yehuda Folberg Guide Touristique en Galilée et Israël Infos contact pour des conseils locaux: Instagram & Linkedin

  • El Hatzipor

    "El Hatzipor" ("À l’oiseau") est le premier poème publié par Haim Nahman Bialik, en 1892. Ce poème emblématique exprime un profond désir de retour à Jérusalem à travers la voix d’un oiseau migrateur. L’oiseau, revenu des terres chaudes, s’adresse au poète depuis le rebord de sa fenêtre européenne. Par cette métaphore, Bialik évoque l’exil, la nostalgie et l’espoir de retour en Terre promise. Le poème complet comprend seize strophes, dans lesquelles sont mentionnés des lieux emblématiques comme la région du Sharon, le mont Hermon, le fleuve Jourdain et bien sûr, Jérusalem. Première strophe (traduite en anglais) : Welcome upon your return sweet bird, From the warm countries to my window - How my soul longs to hear your pleasant voice in winter when you leave my dwelling. Première strophe (traduite en français) : Bienvenue à ton retour, doux oiseau, Des pays chauds jusqu’à mon carreau - Que mon âme aspire à ta voix si claire Quand l’hiver t’éloigne de ma chaumière. Au fil du texte, le poète projette sur l’oiseau ses aspirations sionistes, confiant à cet être libre le rôle de messager entre l’exil et la terre ancestrale. Ce poème a inspiré de nombreuses adaptations musicales en Israël. Trois versions notables sont disponibles sur YouTube : Avishai Cohen , dans une interprétation jazz, Avi Toledano , dans une version plus mélancolique (avec les paroles affichées dans la video), Hadag Nahash , dans une version contemporaine. Vous pouvez consulter la version complète en hébreu ici et une traduction anglaise abrégée ici.

  • Zalman David Levontin

    Pionnier de la Première Aliyah et fondation de Rishon LeZion (1882) Zalman David Levontin between 1882 and 1900. Source: Wikipedia. Public Domain. Né en Biélorussie dans une famille hassidique Loubavitch, Zalman David Levontin (1856 - 1940) fut l’une des figures marquantes de la Première Alyah. Il participa à la fondation de Rishon LeTsion et de la Banque Coloniale Juive (Jewish Colonial Trust). Dès le début des années 1880, il fut, selon D. Yudilovitz, "l’un des premiers à prôner publiquement, dans la presse, le retour à la Terre d’Israël". En 1882, il décida de passer à l’action. Il fonda en Russie une association regroupant des familles prêtes à immigrer en Terre d'Israël. Cette même année, il arriva sur place et créa le Comité des pionniers de Yessod HaMaala, dont il fut élu président. Il devint ainsi le premier dirigeant élu d’une implantation juive dans le pays. La mission de ce comité était claire : racheter des terres et les peupler. Armé et monté à cheval, Levontin sillonnait le pays à la recherche de terrains adaptés. À l’été 1882, avec l’aide de Haim Amzlag, il acquit une terre à Ayun Kara, au sud de Jaffa. Quelques mois plus tard, le village agricole (moshav) de Rishon LeTsion fut fondé sous sa direction. Le mot d’ordre de cette première implantation : travail collectif et partage des revenus. Levontin s’occupa activement des démarches auprès du gouvernement ottoman pour obtenir les autorisations de construire les premières maisons, planta les premières vignes, et tenta d’instaurer de bonnes relations avec les voisins arabes. Bâtir le Jewish Colonial Trust Jusqu’à son second retour en Terre d’Israël en 1903, il poursuivit son engagement sioniste : Il fut l’un des premiers membres de l’Organisation sioniste mondiale. Il participa au Premier Congrès sioniste à Bâle en 1897. Il fut invité par Theodor Herzl à diriger à Londres la Banque Coloniale Juive (Jewish Colonial Trust), banque fondée en 1898 pour soutenir les implantations juives en Terre d’Israël. Sous son impulsion naquit la Banque Anglo-Palestine (APAK), qu’il dirigea et qui deviendra plus tard la Bank Leumi. Diriger l'APAK et surmonter la Première Guerre mondiale Pendant la Première Guerre mondiale, Levontin risqua sa vie en se rendant à Londres et Paris pour obtenir des fonds. Il contribua également à la création du premier régiment hébraïque, initié par Jabotinsky. De retour en Israël en 1918, il s’attela à restaurer les activités bancaires et participa à la construction de la Grande Synagogue de Tel Aviv. À l’âge de 80 ans, il reçut le titre de citoyen d’honneur de Rishon LeTsion, et une rue y porte aujourd’hui son nom. La municipalité de Tel Aviv lui décerna également cet honneur. Sources: https://www.rishonlezion.muni.il/TheCity/history/Lists/List/CustomDispForm.aspx?ID=28 https://he.wikipedia.org/wiki/זלמן_דוד_ליבונטין https://mida.org.il/2014/03/22/words-of-the-zionist-founders-zalman-david-levontin-on-economics-and-settlement/

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