Comprenez l'Israël d'aujourd'hui.
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- Comment les Kinot aident Israël à verbaliser son histoire
Si vous avez passé du temps en Israël ces derniers mois, vous avez forcément ressenti cette manière étrange et lourde qu'a le passé de s’immiscer dans notre présent. Nous sommes un pays ancré dans la modernité, l'innovation et un rythme de vie effréné, mais dès qu'une crise majeure éclate, les Israéliens se tournent presque instinctivement vers leurs racines les plus profondes pour essayer de comprendre ce qui leur arrive. C'est exactement ce qui s'est produit dans les semaines qui ont suivi le 7 octobre. Alors que les médias et les réseaux sociaux débordaient d'informations en continu, une réponse beaucoup plus silencieuse s'est dessinée dans les synagogues, les centres culturels et les studios de musique : la renaissance des Kinot. La tradition des Kinot en Israël : de la destruction du Temple aux drames contemporains Pour mesurer la portée de ce phénomène, il faut comprendre la façon dont la tradition juive traverse le deuil depuis des siècles. Les Kinot, ces poèmes de lamentation chantés chaque année à Ticha BeAv, n'ont jamais formé un livre figé. Kinot S'ils ont d'abord pleuré la destruction du Premier et du Second Temple, chaque grande catastrophe de l'histoire juive est venue enrichir ce texte au fil des deux derniers millénaires. Les croisades, l'expulsion d'Espagne, les pogroms, la Shoah : à chaque époque, rabbins et poètes ont écrit de nouveaux vers. La mémoire ne s'est pas contentée d'être archivée ; elle s'est transformée en prière et en chant. Après le 7 octobre, ce réflexe ancestral s'est réactivé dans toute la société israélienne. L'un des textes les plus marquants à avoir émergé est la Kinat Be'eri (vidéo ci-dessous), composée par le musicien et paytan (auteur de piyout, un poème liturgique juif traditionnel) Yagel Haroush quelques semaines seulement après le drame. Il n'a pas écrit une simple chanson commémorative. Il a repris au mot près le rythme, la structure et l'amorce du livre biblique des Lamentations (Eikha) : אֵיכָה בְּאֵרִי הָפְכָה לְקִבְרִי וְיוֹם מְאוֹרִי הָפַךְ שְׁחוֹרִי “Hélas ! Be'eri est devenue mon tombeau. Le jour qui m'apportait la lumière s'est changé en obscurité.” (« Hélas » ou « Comment »), Haroush relie sans détour les ruines encore fumantes d'un kibboutz du Sud aux murailles brisées de l'ancienne Jérusalem. Le message est limpide : cette douleur n'est pas isolée, elle s'inscrit dans la longue chaîne de l'histoire et de la mémoire juives. Pourquoi ouvrir par Eikha ? C'est le tout premier mot du Livre des Lamentations de Jérémie. En le reprenant, l'auteur ne fait pas qu'une simple citation biblique : il arrache le drame du 7 octobre à l'actualité brute pour l'inscrire dans la mémoire spirituelle d'Israël, rejoignant cette chaîne ininterrompue de tragédies que le peuple juif s'interdit d'oublier. Écrire la douleur du Sud : des kibboutzim attaqués au festival Nova Le texte d'Haroush n'était qu'un début. Depuis, toute une vague de nouvelles Kinot a vu le jour en Israël, sous la plume d'auteurs aussi bien religieux que laïcs. Certaines racontent la destruction des kibboutzim, d'autres évoquent la souffrance des otages, les soldats tombés au combat ou la jeunesse fauchée au festival Nova près de Re'im. Alors que le langage ordinaire nous faisait défaut face à l'ampleur du traumatisme national, ces formes poétiques anciennes ont offert aux gens un vocabulaire partagé pour exprimer une peine qu'on croyait impossible à verbaliser. La mémoire collective en Israël : une culture vivante et réactualisée C'est aussi ce qui fait la singularité de la société israélienne aujourd'hui. Au-delà du bruit médiatique et des tensions politiques, on découvre une culture où l'Histoire n'est pas enfermée dans un musée : elle est vivante, constamment réactualisée, et elle nous aide à traverser le présent. Les Kinot écrites aujourd'hui nous rappellent que chaque génération ici finit par ajouter sa propre page au récit national. C'est notre façon de tenir une promesse silencieuse et collective : nous nous souvenons, et nous continuerons de nous souvenir. Article inspiré par un post Instagram d’Eliana Gurfinkiel Journaliste et co-animatrice du podcast "Israéliennes" Instagram
- La prière du corps : comprendre la danse féminine yéménite
Si vous avez déjà assisté à un mariage israélien, rejoint une session de danses folkloriques ou vécu une cérémonie traditionnelle du Henné, vous avez sans aucun doute aperçu le Pas Yéménite (Tza'ad Temani). Véritable pilier de la culture israélienne, ce mouvement est exécuté presque instinctivement, sans que l'on ne s'interroge toujours sur ses origines. Pour comprendre la formation de la culture israélienne moderne, il est éclairant d'explorer le riche patrimoine apporté par ses diverses communautés juives. L'histoire de la danse féminine yéménite offre une illustration captivante de la manière dont une tradition intime et domestique a quitté le cadre privé du foyer pour investir la scène publique. Dans les communautés juives traditionnelles du Yémen, hommes et femmes menaient - et dansaient - des vies largement séparées. Tandis que les hommes s'exprimaient publiquement dans les synagogues ou les cours ouvertes, les femmes dansaient chez elles. C'est au cœur de ces espaces préservés qu'elles ont développé un art chorégraphique distinct, rythmant les grandes étapes de la vie familiale, les fêtes du henné pré-nuptiales et les célébrations religieuses. Deux styles, deux expressions : hommes vs femmes La danse masculine : Marquée par des sauts énergiques, un travail de pieds rapide, le Dabké yéménite et un ancrage puissant au sol. Athlétique et vive, elle demeure étroitement liée aux textes liturgiques sacrés (Diwan). La danse féminine : Définie par des mouvements doux, fluides et circulaires. L'attention se porte sur la délicatesse des mains, le balancement subtil des hanches et le jeu expressif des épaules. S'exprimant « de l'intérieur vers l'extérieur », la danseuse garde les pieds près du sol, laissant l'émotion et la splendeur de son costume occuper le premier plan. Nuances régionales : Nord vs Sud En raison de la dispersion géographique des Juifs du Yémen, le style chorégraphique variait selon les régions : Le Nord (région de Sanaa) : Une danse lente, sobre, sereine et empreinte d'une grande retenue. Le Sud (région de Shar'ab) : Un tempo plus soutenu, des mouvements de hanches plus vivants, où le rythme était marqué en frappant sur des boîtes en conserve ou des tambours. Détail captivant : Les lourds bijoux en argent portés par les danseuses traditionnelles ne sont pas seulement décoratifs. Le tressautement des pièces et des perles crée une percussion naturelle qui accompagne le rythme même de la danse. Qu'est-ce qui rend cette danse spécifiquement juive ? Bien que des siècles de cohabitation dans le monde arabe aient naturellement influencé les coutumes locales, la danse juive yéménite a préservé une identité singulière. En raison d'une séparation stricte des genres, les femmes dansaient exclusivement entre elles. Cet environnement intime et sécurisant a permis au style d'évoluer à l'abri du regard public, centré sur l'expression personnelle, la sororité et la célébration modeste. Par ailleurs, si les hommes dansaient sur des poèmes religieux écrits, les femmes transmettaient leur culture par tradition orale, léguant leurs chants et leurs rythmes de mère en fille. La danse est ainsi devenue leur langage vivant, une manière d'exprimer la cohésion communautaire, une joie profonde et une spiritualité incarnée par le corps plutôt que par l'écrit. Le costume traditionnel : la matière en mouvement Dans la danse yéménite, le costume ne se contente pas d'être porté : il participe pleinement à la chorégraphie, apportant poids, texture et théâtralité visuelle : Le Tashbuq : Une coiffe ornementale richement brodée, ornée de pièces d'argent et d'or. La robe : Chef-d'œuvre de l'artisanat traditionnel yéménite, associant des étoffes éclatantes à des broderies minutieuses au niveau du col et du buste. Les bijoux : De lourdes parures en argent - incluant la Luba (perles) et le Zamzam - qui tintent au rythme des mouvements, intégrant le son directement à la chorégraphie. Danseuses de la troupe "Bat Nadivim" de Petah Tikva. De l'intimité du foyer à la scène israélienne, renouveau de la danse féminine yéménite Lors de l'immigration des Juifs du Yémen en Israël au milieu du XXe siècle, cette tradition a connu une mutation remarquable. Cet art domestique, autrefois intime et spontané, a trouvé sa place sur les scènes de théâtre. Des troupes se sont constituées, les mouvements ont été rigoureusement documentés et les pas traditionnels ont été intégrés au répertoire de la danse folklorique israélienne. Aujourd'hui, des institutions comme le Centre du patrimoine juif yéménite de Petah Tikva - aux côtés de directeurs engagés comme Avi Tzabari - œuvrent à la préservation de cet art à travers des ensembles comme Bat Nadivim. Cependant, malgré cette évolution scénique, l'âme de la danse reste informelle. Dans presque chaque cérémonie du Henné yéménite en Israël, les femmes continuent de former des cercles, d'endosser les lourdes coiffes traditionnelles et d'enseigner ces pas ancestraux à la génération future, un pas yéménite à la fois. Article rédigé avec le concours d'Avi Tzabari, directeur du Centre du patrimoine juif yéménite de Petah Tikva et responsable de la troupe de danse « Bat Nadivim ». Instagram
- Pourquoi les rues du Vieux Jaffa portent le nom des signes du zodiaque
À première vue, on pourrait croire que les ruelles étroites du Vieux Jaffa ont toujours porté le nom des douze signes du zodiaque. En réalité, il s'agit d'une strate relativement récente dans la longue histoire du quartier. Des ruines à la renaissance : les ruelles du zodiaque du Vieux Jaffa Dans les années 1950 et 1960, le Vieux Jaffa était en déclin. Beaucoup de ses bâtiments historiques en pierre tombaient en ruines, et les urbanistes débattaient de la démolition pure et simple de la vieille ville. Heureusement, la municipalité a choisi la conservation plutôt que la destruction, se lançant dans un ambitieux projet de restauration afin de transformer la zone en un centre culturel vibrant, composé de galeries, d'ateliers et de cafés paisibles. Dans le cadre de ce renouveau, les urbanistes avaient besoin d'un thème unificateur pour le labyrinthe d'allées dévalant la colline de Jaffa vers la mer. Plutôt que de donner aux rues le nom de figures historiques ou de dates, ils ont opté pour un concept unique et imaginatif: les douze signes du zodiaque. Cela a créé un "parcours narratif" cohérent à explorer pour les visiteurs, ancré par la rue Netiv HaMazalot ("le Chemin des Zodiaques"), longue de 300 mètres, qui sert de colonne vertébrale au quartier. Au fil du temps, ce thème est devenu une partie intégrante de l'identité du Vieux Jaffa. Ruth Zarfati et les célèbres plaques en céramique bleue Les plaques de rue distinctives en céramique bleue que l'on voit un peu partout dans le quartier ont été conçues par l'artiste israélienne Ruth Zarfati. Son design a su capturer l'âme du quartier renouvelé, remportant une médaille d'argent à l'Exposition de design de Milan en 1972 et ancrant définitivement le concept astrologique dans l'identité de Jaffa. Bien plus que de simples panneaux de signalisation fonctionnels, ces plaques demeurent de véritables œuvres d'art public qui guident les voyageurs à travers les corridors de pierre. Aujourd'hui, la thématique céleste traverse tout le cœur du Vieux Jaffa et s'étend bien au-delà du nom des rues. Le Pont des Souhaits et la Fontaine du Zodiaque de la place Kedumim Au fil du temps, le thème astral a dépassé les simples plaques de rue pour s'intégrer au paysage lui-même. Le "Pont des Souhaits" (parfois appelé le Pont du Zodiaque) relie la colline de Jaffa à la place Kedumim (Kikar Kedumim) et est orné de reliefs représentant les douze signes du zodiaque. Sur la place Kedumim elle-même se dresse la Fontaine du Zodiaque, créée par les sculpteurs Varda Ghivoly et Ilan Gelber en 2011 (avec la conception des personnages par le sculpteur Navot Gil). La fontaine présente des sculptures en pierre calcaire des douze zodiaques et combine l'eau, la lumière et le travail de la pierre pour parfaire le récit astrologique au cœur du Vieux Jaffa. Des fouilles archéologiques sur le site de la fontaine ont mis au jour des vestiges architecturaux de l'époque ottomane (murs, sols, cour carrelée, aqueducs et réservoir d'eau), ce qui a semblé confirmer une ancienne légende locale selon laquelle un puits aux souhaits magique se trouvait autrefois à cet endroit. La tradition locale : faites un vœu Cette légende a donné naissance à une tradition populaire : Certains disent que si vous trouvez la rue portant le nom de votre signe du zodiaque dans le Vieux Jaffa et que vous faites un vœu, celui-ci pourrait se réaliser. Une autre version soutient que si vous vous tenez sur le Pont des Souhaits, que vous touchez le relief de votre signe astrologique et que vous observez la mer, votre vœu sera exaucé. La fontaine elle-même reprend ce motif : jeter une pièce dans l'eau tout en faisant un vœu accorderait votre désir sur-le-champ, jouant sur l'idée de l'ancien "puits aux souhaits" qui aurait existé à cet endroit précis. Ensemble, les noms de rues du zodiaque, le pont et la fontaine créent une expérience de l'espace à la fois riche et presque mythique, où l'histoire, l'archéologie, l'art et le folklore s'entremêlent dans le tissu même du Vieux Jaffa. Article rédigé par Yana Levitan Propriétaire et gérante de la galerie ALTER I NATIVE I SOUVENIR à Jaffa, dédiée à la présentation d'œuvres exceptionnelles d'artistes israéliens locaux. Website & Instagram
- Eretz Nehederet
Qu'est-ce qu'Eretz Nehederet ? L'émission satirique préférée d'Israël Eretz Nehederet est une émission de télévision satirique israélienne très populaire, diffusée depuis 2003. Présentée sous la forme d'un journal télévisé, son titre signifie "Un Pays Merveilleux" en hébreu. L'émission se compose d'une série de sketches et de parodies, mettant en scène une troupe d'acteurs et de comédiens incarnant divers personnages, qu'ils soient réels ou fictifs. Elle aborde régulièrement l'actualité et les questions politiques, en tournant en dérision les partis politiques et en utilisant l'humour pour critiquer et commenter la société israélienne. Eretz Nehederet connaît un succès critique et commercial en Israël, ayant remporté de nombreux prix et attiré un public fidèle. Son influence dépasse les frontières de la télévision, avec des extraits et des sketches souvent viraux sur les réseaux sociaux. Cette émission intelligente et divertissante offre un regard unique sur la culture et la société israéliennes. Son impact culturel en Israël est comparable à celui de Saturday Night Live aux États-Unis ou des Guignols en France. Les acteurs de l'émission jouissent d'une grande popularité en Israël et sont souvent présents dans les publicités, que ce soit dans les rues ou sur les réseaux sociaux. L'équipe est restée quasiment inchangée depuis la création de l'émission, y compris l'animateur, Eyal, qui y est depuis le début. Eyal Kitzis, l'animateur de l'émission. Format et humour : la parodie de la politique, de la culture et du quotidien Voici quelques extraits marquants : Les élections de 2020, Les messages vocaux sur WhatsApp, Le succés des entreprises high-tech israéliennes et les prix de l'immobilier, Waze. L'un des personnages les plus emblématiques de l'émission est Shauli. Ce personnage fictif, interprété par l'acteur israélien Assi Cohen, incarne un archétype de l'Israélien mal élevé, cumulant de nombreux défauts exagérés (égoïsme, racisme, etc.). En voici un extrait. Un autre extrait mettant en scène Shauli a particulièrement marqué les esprits en 2021, lors des élections de la 24e Knesset, où il a évoqué la possibilité d'une guerre civile. Certains politiciens, y compris le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont même participé à l'émission, comme on peut le voir dans cet extrait, où il est montré assis aux côtés de son personnage fictif. Une ouverture à l'international Depuis les événements du 7 octobre 2023, l'émission s'est orientée vers l'international, proposant davantage de contenus en anglais et tournant en dérision divers groupes, partis politiques et institutions internationales antisémites. Pour en savoir plus, voici les liens vers le compte Instagram et le compte Facebook de l’émission.
- 5 partis politiques israéliens insolites dont vous ignoriez probablement l'existence
Introduction Le système politique bordélique d'Israël a longtemps frustré les observateurs habitués aux modèles comprenant deux à cinq partis. En raison du fonctionnement des coalitions, même les partis qui n'ont aucune chance de diriger le pays cherchent à peser lourdement dans le gouvernement. Ce système a favorisé l'émergence d'une multitude de petits partis, dont certains n'auraient jamais pu exister dans un autre contexte. Pour contexte, jusqu'en 2014, le seuil d'éligibilité pour siéger à la Knesset était relativement bas. Cela signifiait que quelques milliers de voix seulement pouvaient suffire à envoyer une liste au gouvernement. Lors des toutes premières élections d'Israël, par exemple, la Histadrut Temani (l'Association des Yéménites) a obtenu un siège avec à peine 4 399 voix. Aujourd'hui, la plupart des partis présentés ci-dessous ne réuniraient pas assez de suffrages pour atteindre le seuil désormais fixé à 4 sièges, ce qui décourage certaines petites formations. Alors que les prochaines élections israéliennes occupent une grande partie de l'actualité, le moment est idéal pour remonter le temps et découvrir cinq partis politiques israéliens dont la plupart des gens ne soupçonneraient pas l'existence. Du plus excentrique au plus extrême, en passant par les mouvements comiques, cette liste propose un aperçu partiel mais captivant des subtilités de la société israélienne. 1. Pituah V’Shalom (Développement et Paix) Repères rapides Période : 1977–1981 Record de sièges : 2 Chef de parti : Samuel Flatto-Sharon Idéologie : Populisme de droite Plato Sharon, date inconnue. Photo libre de droits. On se souvient principalement des élections de 1977 pour le basculement massif après 30 ans de gouvernements sionistes de gauche au profit du Likoud de Menahem Begin, le grand adversaire de Ben Gourion. Pourtant, ce scrutin a également été le théâtre d'une histoire particulièrement bizarre. Il s'agissait d'un parti composé d'une seule personne : Samuel Flatto-Sharon, un milliardaire français fuyant des poursuites judiciaires dans son pays d'origine. La célèbre Loi du retour d'Israël lui a offert l'échappatoire parfaite. Arrivé en Israël, il a fondé un parti politique alors qu'il parlait à peine hébreu. Son programme ? Utiliser sa propre fortune pour faire baisser le coût de la vie des familles israéliennes à faibles revenus. L'opération a fonctionné. Un peu trop bien, même. Bien qu'il n'ait présenté qu'un seul candidat, Flatto-Sharon a remporté deux sièges. Un événement inédit. Samuel Flatto-Sharon occupant le premier siège, le second n'a pas pu être attribué et a été réalloué au Parti national religieux. Ce « balagan » (pagaïe) contribuera ultérieurement à déclencher une réforme électorale visant à rehausser le seuil d'éligibilité. 2. Reshimat HaLohamim (La Liste des Combattants) Repères rapides Période : 1949–1951 Record de sièges : 1 Chef de parti : Natan Yellin-Mor Idéologie : Nationalisme révolutionnaire syncrétique Les premières élections du pays en 1949 regorgeaient de nouvelles tendances politiques cherchant à laisser leur empreinte sur le jeune État. À une époque où les grandes questions relatives à l'identité nationale restaient en suspens, des partis révolutionnaires ont tenté de façonner Israël. La Liste des Combattants en faisait partie. Avec la création de l'État, le Lohmei Herut Israel (LEHI), une organisation paramilitaire radicale également connue sous le nom de Groupe Stern, s'est dissous. Son objectif: chasser les Britanniques de Palestine et établir un État hébreu, était atteint. Cet accomplissement était toutefois assombri par les forces qui façonnaient le pays : une classe dirigeante européanisée ayant coopéré avec l'occupant britannique. Pour la faction de LEHI menée par Natan Yellin-Mor, une organisation politique s'imposait. Le problème ? Il se trouvait alors dans une prison israélienne sous le coup d'accusations de meurtre. Yellin-Mor avait en effet commandité l'assassinat politique du comte Folke Bernadotte, un médiateur de l'ONU qui travaillait au partage de la terre entre Juifs et Arabes. L'obtention d'un siège à la Knesset lui a finalement valu une amnistie générale. Alors que la mémoire collective israélienne dépeint souvent le LEHI comme un mouvement sioniste hyper-réactionnaire, Yellin-Mor appliquait une philosophie politique anticolonialiste constante, tant dans la clandestinité qu'ultérieurement dans la politique et le journalisme. Pendant la guerre d'Algérie, Yellin-Mor a bravé la loi israélienne en prenant parti pour les Algériens, un choix qui témoigne de sa vision révolutionnaire. Ce parti éphémère a finalement échoué à franchir à nouveau le seuil d'éligibilité et s'est dissous dans l'oubli. 3. Gimla'ey Yisrael LaKnesset (Gil) Repères rapides Période : 1996–2013 Record de sièges : 7 Chef de parti : Rafi Eitan Idéologie : Défense des retraités, libéralisme L'abréviation de Gimla'ey Yisrael LaKnesset forme le mot hébreu « Gil », qui signifie "l'âge", et c'était précisément le sujet central du parti. Gil était une formation dédiée aux retraités qui évoluait en marge de la scène politique jusqu'à ce que, en 2006, le légendaire ancien chef du Mossad, Rafi Eitan, en prenne la tête. Bien que le CV d'Eitan comprenne la capture d'Adolf Eichmann en Argentine ainsi que d'autres missions périlleuses, Gil ne visait aucunement à renforcer les capacités de renseignement ou la sécurité d'Israël. La seule priorité de cet agent du Mossad à la retraite était le sort des retraités. Avant l'arrivée d'Eitan, le parti était obscur et très loin d'atteindre le seuil électoral. En 2006, la présence d'une figure aussi célèbre à sa tête, combinée à un important « vote de protestation », a permis à Gil de créer la surprise générale, y compris au sein de sa propre direction, en décrochant sept sièges (soit plus de 185 000 voix) ! Ce parti à thème unique s'est retrouvé catapulté dans un rôle de faiseur de rois. Il a rejoint la coalition gouvernementale et Eitan a été nommé ministre des Personnes âgées. Le parti a toutefois mal vieilli et n'a plus jamais réussi à franchir le seuil d'éligibilité. 4. U’Bizhutan (Par leur mérite) Repères rapides Période : 2015–Présent Record de sièges : 0 Chef de parti : Ruth Colian Idéologie : Droits des femmes ultra-orthodoxes La population ultra-orthodoxe (Haredi) d'Israël est souvent dépeinte comme un bloc illibéral et monolithique vendant son vote conformément aux instructions rabbiniques en faveur des partis Haredim, afin d'assurer le financement de leur mode de vie et de leurs yéchivoth. Lors d'un scrutin, Ruth Colian s'est présentée pour rejeter ce paradigme. Au départ, elle a tenté de poser sa candidature au niveau municipal avec le parti ultra-orthodoxe séfarade Shas, mais elle a été rejetée parce qu'elle était une femme. En 2015, Colian a donc quitté le mouvement pour créer son propre parti. En tant que femme Haredi assumée, Colian a défendu les droits des femmes au sein de son milieu. U'Bizhutan s'est distingué de ses compères, ainsi que du parti ashkénaze Judaïsme Unifié de la Torah, en présentant une liste incluant des femmes. Tout en remettant en question la vision réductrice de la société ultra-orthodoxe, U'Bizhutan n'a pas réussi à percer sur le plan électoral, n'obtenant que 1 800 voix. 5. Parti des rescapés de la Shoah et de la Feuille Verte Repères rapides Période : 2009 Record de sièges : 0 Chef de parti : Ohad Shem Tov Idéologie : Légalisation du cannabis, écologie politique Lors du scrutin qui a suivi les résultats surprise de Gil, 34 partis se sont présentés pour tenter de participer à la formation du nouveau gouvernement israélien. L'un d'eux a retenu l'attention internationale en formant une alliance improbable entre deux partis monothématiques apparemment opposés. L'un était dédié à la défense des intérêts des 250 000 survivants de la Shoah en Israël, tandis que l'autre émanait du parti pro-cannabis israélien (Aleh Yarok), militant pour la légalisation. Cette alliance est née d'un pur calcul politique : la Feuille Verte disposait d'une base jeune et passionnée mais peinait à renvoyer une image de sérieux, tandis que la liste des rescapés de la Shoah bénéficiait d'une immense autorité morale mais manquait d'infrastructures de campagne. En fusionnant, ils espéraient franchir le seuil de 2 % de l'époque. Dans un clip de campagne, le parti a mis en scène un survivant, Yaakov Kfir, appelant à la légalisation de la drogue. Malgré le succès de Gil en 2006, le scrutin de 2009 s'est avéré beaucoup moins favorable à ces petites formations. Bien qu'ils se soient présentés comme « le choix moral » et aient suscité la curiosité à l'international, ils n'ont récolté que 2 300 voix. Le parti s'est ensuite dissous pour donner naissance au Parti Pirate, plus satirique. Conclusion Ces partis peuvent sembler insolites, mais ils révèlent un aspect fondamental de la démocratie israélienne. Le système électoral du pays a longtemps permis à des voix diverses (qu'il s'agisse de militants monothématiques, de mouvements religieux, de personnalités pittoresques ou d'outsiders idéologiques) de concourir pour une place à la Knesset. Bien que la plupart de ces partis aient disparu aussi vite qu'ils sont apparus, chacun reflète un moment particulier de l'histoire d'Israël et des débats sociaux qui ont façonné le pays. Ensemble, ils nous rappellent que la politique israélienne est bien plus diverse, imprévisible et complexe qu'elle n'y paraît au premier abord. Article rédigé par Shai Reef Cofondateur d'OROT Israël et guide touristique spécialisée en politique, idéologie et histoire juive israéliennes. Collaborateur du magazine VISION Réside dans le nord de la Judée https://shaitheisraeliguide.carrd.co/
- Les deux visages du sionisme religieux
Introduction Le paysage politique israélien actuel repose sur un paradoxe saisissant : une coalition hétéroclite unit des partis historiquement ambivalents à l'égard de l'État et les factions les plus nationalistes du pays. Face à ces courants modérés ou non sionistes, la droite religieuse insuffle à l'alliance une ferveur quasi mystique. Alors que la question explosive de la conscription des ultra-orthodoxes revient au cœur des débats, ces tensions latentes s'apprêtent à éclater lors des prochaines élections. Quels héritages idéologiques ont conduit à ce point de rupture ? Existe-t-il deux visions irréconciliables du sionisme religieux ? Et comment façonnent-elles l'avenir d'Israël ? Contexte historique : le choc entre religion et nationalisme Au XIXe siècle, l'éveil des nationalismes européens réveille chez le peuple juif une aspiration à l'autodétermination longtemps latente, désormais réexprimée à travers les codes politiques de l'époque. Cette transition ne se fait pas sans heurts : pour de nombreux Juifs, cette synthèse entre modernité politique et identité traditionnelle s'apparente à l'assimilation d'idées étrangères. Ainsi, lorsque Theodor Herzl, père fondateur du sionisme politique, tente d'organiser le premier Congrès sioniste en Allemagne, les communautés juives locales s'y opposent avec véhémence, jugeant le mouvement dangereux pour leur intégration. Face à cette levée de boucliers, le pragmatique leader doit déplacer l'événement à Bâle, en Suisse. Ce rejet initial repose sur une crainte profonde : celle de légitimer l'argument antisémite selon lequel les Juifs appartiendraient à une autre terre, une rhétorique que le judaïsme européen s'efforçait précisément de déconstruire depuis des siècles. Les oppositions religieuses au projet sioniste La résistance la plus farouche est venue du monde religieux. En Allemagne, les courants orthodoxes et réformés se sont unis pour rejeter le sionisme afin de préserver leur statut de citoyens européens à part entière. Le mouvement réformé américain a gravé cette position dans la Plateforme de Pittsburgh en 1885, affirmant que les Juifs constituaient une communauté purement spirituelle et non une nation, excluant tout retour en Palestine ou la création d'un État juif. Jérusalem en 1965. photo d'Israel Preker, domaine public. Parallèlement, le monde orthodoxe a redéfini le judaïsme comme une simple religion pratiquée dans la sphère privée, permettant aux fidèles de revendiquer une identité nationale européenne (devenir un "citoyen français ou allemand de confession israélite"). Cette modernisation, amorcée au XVIIIe siècle, visait à garantir leur enracinement en Europe. En théorisant cette approche, le nationalisme juif traditionnel a été relégué au second plan : les grands récits de résistance historique, comme la révolte des Maccabées ou le siège de Massada, ont été minimisés ou réinterprétés. Pour ces courants, la restauration de la nation d'Israël ne pouvait être qu'un acte surnaturel, orchestré à l'ère messianique par la prière et l'accomplissement des commandements (Mitzvot), et non par l'action politique - une lecture paradoxalement influencée par la théologie chrétienne. Le sionisme est venu bousculer ce statu quo. L'orthodoxie naissante y a vu une menace séculière majeure. Dans les communautés hongroises, des figures comme le rabbin de Satmar ont prôné un antisionisme radical. Dans les cercles lituaniens, l'attitude oscillait entre une indifférence prudente et le mépris, beaucoup prédisant l'effondrement rapide de cette entreprise laïque. La coopération pragmatique : le courant Mizrahi et le Rav Reines Au sein de ce paysage hostile, le mouvement Mizrahi, fondé par le rabbin lithuanien Yitzchak Yaacov Reines (1839-1915), a tracé une voie singulière. Tout en soutenant activement les objectifs pragmatiques du sionisme, le Rav Reines refusait de confondre souveraineté politique et rédemption messianique. Selon lui, le futur État juif devait calquer son modèle sur les démocraties occidentales, garantissant les libertés individuelles et limitant la pratique religieuse à la sphère privée. Yitzchak Yaacov Reines, domaine public. Ce courant regroupait des Juifs attachés à leur double identité, européenne et juive. Ils cloisonnaient leurs affinités politiques (qu'elles soient proches de Jabotinsky, Herzl ou Ben Gourion) de leur foi, estimant que la religion ne devait pas dicter la gestion de l'État. Cette approche s'est traduite par des positions historiquement modérées. Par exemple, après la guerre des Six Jours en 1967, ce mouvement s'est opposé au gouvernement travailliste en votant en faveur d'une restitution de l'esplanade des Mosquées (le mont du Temple) à la Jordanie pour préserver la paix. À cette époque, le parti se sentait d'ailleurs plus proche des cercles ultra-orthodoxes (Haredim) que de la droite nationaliste. Avant 1967, leur principale bataille politique consistait à s'assurer que les programmes scolaires israéliens intègrent un enseignement exigeant de la Bible (Tanakh). Aujourd'hui, ce courant a perdu sa centralité politique, ses membres s'étant fondus dans les différents partis de l'échiquier sioniste. La pratique religieuse y est vécue de manière plurielle et individualisée. Le service militaire est accompli par devoir civique, sans justification théologique profonde. Si ce mouvement a produit de brillants penseurs sur l'identité et l'équilibre parfait entre tradition et modernité, l'héritage du Rav Reines allait être profondément bouleversé par le conflit de 1967. Là où ce premier groupe cherchait un compromis avec la modernité, un second courant allait prôner une fusion totale. L'intégration messianique : l'école du Rav Kook Les fondements de cette seconde vision ne se trouvent pas en Europe, mais en Terre sainte, sous l'influence du premier grand rabbin ashkénaze de Palestine, le Rav Avraham Yitzhak HaKohen Kook. Personnage inclassable, le Rav Kook naviguait entre les pionniers laïques du nouveau Yishouv et le monde ultra-orthodoxe traditionaliste. De cette position charnière, il a développé un sionisme religieux radicalement différent de celui du Rav Reines, et fondamentalement éloigné des codes du nationalisme classique. À la mort de Theodor Herzl, le Rav Kook, alors rabbin de Jaffa, prononça une oraison funèbre audacieuse en reliant la figure du fondateur au processus messianique. Présenter un leader laïque comme le précurseur des temps messianiques fut un choc culturel pour les sionistes séculiers, habitués à l'hostilité du monde religieux. Abraham Isaac Kook en 1924, domaine public. Pourtant, le Rav Kook ne ménageait pas ses critiques envers le sionisme politique dans ses écrits, le jugeant trop superficiel face aux aspirations spirituelles profondes d'Israël. Mais il percevait ces pionniers athées comme les instruments inconscients d'un plan divin supérieur. Pour lui, la conscience nationale n'était pas seulement compatible avec le judaïsme : elle en était la dimension organique et essentielle. Le véritable tournant pour les disciples du Rav Kook n'eut pas lieu en 1948 lors de l'indépendance, mais en juin 1967, lorsque le territoire sous contrôle israélien fut multiplié par trois. Pour cette école de pensée, l'issue de la guerre fut vécue comme une validation divine, un miracle biblique survenu en plein XXe siècle. Dès lors, ils s'opposèrent farouchement à toute rétrocession territoriale, même au nom de la sécurité. Israël cessait d'être un simple "État-refuge" destiné à protéger les Juifs pour devenir le réceptacle de la rédemption messianique. La sécurité matérielle, bien que souhaitable, ne pouvait plus servir de boussole à la politique nationale. Le judaïsme de la Diaspora, vécu comme une "religion privée", était supplanté par la reconstruction publique et souveraine de la nation. Ce climat a donné naissance au mouvement Gush Emunim, qui considérait la colonisation de la terre comme un commandement biblique impératif, poussant ses membres à établir des avant-postes en Cisjordanie, à Gaza et dans le Sinaï, souvent dans des conditions spartiates. Le bouleversement des forces politiques L'histoire s'est conclue par un paradoxe ironique. D'une certaine manière, la vision pragmatique du Rav Reines est devenue la posture dominante du monde ultra-orthodoxe (Haredi) actuel, bien que ce dernier refuse toute filiation avec le sionisme. Les Haredim ne se définissent pas comme sionistes, mais ils ont abandonné leur rhétorique hostile d'autrefois. Le rabbin Aharon Feldman, figure du parti (historiquement antisioniste) Agoudat Israel, résumait ainsi cette évolution : "Pourquoi combattre un mouvement - le sionisme - qui n'existe plus ?" Pour ces chefs spirituels, le rapport à l'État est devenu purement utilitaire, rejoignant la logique du Rav Reines. À leurs yeux, le sionisme n'est plus l'idéologie visant à substituer une identité nationale à l'identité religieuse, mais un cadre concret permettant au mode de vie juif traditionnel de prospérer. S'ils ne récitent pas le Hallel (prières de louange) le jour de l'indépendance d'Israël (Yom HaAtzmaut), ils ne le font pas plus le 4 juillet aux États-Unis ou lors des fêtes nationales des autres pays où résident leurs communautés. Les grandes écoles de pensée issues des yéchivots de Lituanie et de Pologne fonctionnent aujourd'hui, sans le savoir, au cœur des tensions que le Rav Reines tentait de résoudre un siècle plus tôt. Ces communautés soutiennent Israël dans ses luttes existentielles, condamnent l'antisionisme radical et rejettent les extrémistes marginaux qui brûlent le drapeau israélien. Sans attribuer de valeur messianique à l'État - attendant toujours la reconstruction du Troisième Temple par des voies supraturelles, elles acceptent une coopération pragmatique et mutuellement bénéfique avec les institutions de l'État. Cette approche pragmatique est parfaitement illustrée par la trajectoire de l'ancien grand rabbin séfarade, Maran Ovadia Yosef. Soucieux de restaurer la dignité des Juifs séfarades marginalisés par l'hégémonie politique ashkénaze, il a fondé le parti Shas. Cette formation s'est battue pour l'égalité d'accès aux budgets publics pour les écoles et les institutions religieuses séfarades. Sur le plan géopolitique, le rabbin Ovadia Yosef a marqué les esprits par sa position sur les concessions territoriales : s'il a fini par rejeter les accords de paix en estimant qu'ils ne garantissaient pas la sécurité, il avait initialement affirmé que céder de la terre serait religieusement autorisé si cela permettait de sauver des vies humaines, décevant ainsi les adeptes du Rav Kook. Pour lui, l'État n'avait aucun caractère sacré ; il s'agissait d'un outil fonctionnel au service du bien commun. À l'inverse, le camp moderne-orthodoxe (Dati-Leoumi), qui célèbre activement Yom HaAtzmaut, revendique l'héritage politique du Mizrahi tout en assimilant une version vulgarisée de la pensée du Rav Kook, souvent réduite à une éthique personnelle plutôt qu'à un projet collectif. En tant que citoyens alliant foi et conscience nationale, ils s'engagent pleinement dans les institutions et l'armée. Une frange de ce mouvement tend toutefois à embrasser un nationalisme calqué sur les modèles occidentaux. Enfin, les héritiers directs de l'école du Rav Kook forment un bloc complexe et influent, structuré autour de yéchivots prestigieuses (telles que Merkaz HaRav, Har HaMor ou Bnei David à Eli). Confrontés à un conflit existentiel prolongé, ils peinent parfois à restituer la dimension universaliste et humaniste de la pensée originelle de leur maître. Ce courant s'étend aujourd'hui des franges militantes de l'univers Mizrahi jusqu'au cœur des implantations de Cisjordanie et des yéchivots de type Hesder (alliant étude et service militaire), où ils diffusent une conscience nationale intransigeante. Conclusion Ce jeu d'influences entre idéologie et pragmatisme montre que ces "deux sionismes religieux" ne sont pas des dogmes figés, mais des réponses dynamiques et vivantes au défi historique de la souveraineté juive. L'identité israélienne contemporaine s'écrit sous le signe de l'ironie : les descendants spirituels de la révolution messianique du Rav Kook, autrefois marginaux, constituent désormais le socle idéologique de la droite nationaliste - incarnée notamment par le Parti Sioniste Religieux de Bezalel Smotrich, qui perçoit la terre comme une composante indissociable d'un dessein divin. À l'inverse, le monde ultra-orthodoxe, qui fut le rempart le plus intraitable contre le projet sioniste originel, a endossé malgré lui le costume des premiers pragmatiques du Mizrahi. Ils abordent l'État non comme une fin théologique, mais comme un outil technique indispensable, un sanctuaire moderne permettant de préserver un mode de vie sacré. Dans l'Israël d'aujourd'hui, les idéalistes radicaux d'hier se sont installés au cœur du pouvoir, tandis que les anciens antisionistes sont devenus les stratèges et les faiseurs de rois incontournables de l'État. Les aspirations nées dans l'Europe du XIXe siècle se sont bel et bien concrétisées, donnant naissance à une réalité politique infiniment plus complexe et vibrante que tout ce que les délégués du Congrès de Bâle auraient pu imaginer. Article rédigé par Shai Reef Cofondateur d'OROT Israël et guide touristique spécialisée en politique, idéologie et histoire juive israéliennes. Collaborateur du magazine VISION Réside dans le nord de la Judée https://shaitheisraeliguide.carrd.co/
- Les chrétiens en Israël : Histoire, communauté et symboles
Introduction Le christianisme est né en Terre Sainte au Ier siècle de notre ère, avec la vie et le ministère de Jésus dans des régions telles que Jérusalem et la Galilée. Depuis lors, les communautés chrétiennes ont maintenu une présence continue dans la région à travers les époques successives des dominations byzantine, islamique, croisée, ottomane et britannique. Aujourd'hui, les chrétiens en Israël représentent environ 1,9 % de la population (dont 78,7 % sont des Arabes chrétiens), formant une communauté restreinte mais diversifiée qui reste profondément liée à ses racines historiques tout en participant activement à la société israélienne. Comprendre cette communauté est essentiel pour saisir la complexité sociale, culturelle et historique d'Israël contemporain. Un symbole d'unité : Le drapeau chrétien israélien En 2022, le lieutenant-colonel de réserve Ihab Shalyan a conçu le drapeau chrétien israélien comme une représentation visuelle du riche patrimoine chrétien en Terre Sainte. Ce drapeau fusionne de manière unique plusieurs traditions chrétiennes : Le design intègre les couleurs araméennes (rouge et or), les couleurs du Pape (blanc) et les couleurs grecques orthodoxes (bleu et blanc). La croix rouge est liée à l'héritage protestant et anglican, tandis que le chevalier central représente Saint Georges, un saint honoré à travers diverses traditions mais moins important dans le protestantisme. Ensemble, ces éléments symbolisent le lien indéfectible entre la vérité et la lumière, unissant diverses dénominations chrétiennes au sein d'une même identité partagée. Ce drapeau représente la foi, le patrimoine et l'unité dans les enseignements bibliques, témoignant des différentes communautés chrétiennes vivant en Israël. Bien qu'il ne soit pas officiellement reconnu par l'État, il est devenu un drapeau communautaire très emblématique pour les chrétiens israéliens. Population et service des chrétiens en Israël La communauté chrétienne en Israël est diversifiée et engagée. Bien que les chrétiens arabes ne soient pas soumis à la conscription militaire obligatoire, beaucoup se portent volontaires pour le service militaire ou le service national civil. Des centaines de soldats et d'officiers chrétiens servent dans l'armée israélienne, le nombre de volontaires ayant augmenté ces dernières années. Au-delà de la défense, les chrétiens contribuent de manière significative aux secteurs civils, notamment l'éducation, la santé, les services médicaux d'urgence et les services sociaux. Malgré leur participation active, les statistiques complètes sur les chrétiens dans le service national civil restent non publiées, ce qui rend difficile l'obtention de données détaillées sur l'engagement global de la communauté. Une terre de sites sacrés Israël abrite un éventail impressionnant d'édifices religieux chrétiens. Environ 500 à 520 églises sont réparties à travers le pays, et des dizaines de monastères, estimés à plus de 50, sont encore debout aujourd'hui. Les études archéologiques en Israël ont documenté de nombreux monastères de l'époque byzantine, reflétant l'importante présence chrétienne dans la région durant l'Antiquité tardive. Ces sites sont particulièrement concentrés dans quatre zones : Jérusalem, Nazareth, Haïfa et la région de la Galilée, créant des destinations majeures de pèlerinage et de culte. À l'intérieur des remparts de la vieille ville de Jérusalem, la présence chrétienne est incroyablement dense, comptant environ 150 églises, chapelles et monastères. Parmi eux se trouvent 13 églises majeures, officiellement reconnues, représentant un large éventail de dénominations chrétiennes. Les églises les plus emblématiques L'église du Saint-Sépulcre. Source : Wikipedia, Berthold Werner, libre de droits. L'église du Saint-Sépulcre s'impose comme le site le plus important du christianisme pour la plupart des dénominations. Elle est considérée comme le lieu de la crucifixion, de l'ensevelissement et de la résurrection de Jésus-Christ. L'abbaye de la Dormition, également connue sous le nom d'église de la Dormition de la Vierge Marie, honore la tradition du endormissement de Marie et demeure un lieu de profonde révérence spirituelle. L'église syriaque orthodoxe Saint-Marc figure parmi les plus anciennes églises de Jérusalem, préservant de profondes racines et traditions chrétiennes syriaques qui traversent les siècles. L'église de Toutes-les-Nations, située dans le jardin de Gethsémané sur le mont des Oliviers, est associée à la prière de Jésus avant sa crucifixion et reste un site d'une profonde signification spirituelle. Jérusalem, mont des Oliviers, Gethsémané, église de Toutes-les-Nations. Source : Wikipedia, Berthold Werner, libre de droits. A Living Heritage La présence chrétienne en Israël représente bien plus que des sites historiques ou des statistiques démographiques. Elle incarne un témoignage vivant de la foi à travers les siècles, reliant l'histoire biblique ancienne à la vie communautaire moderne. Du service militaire au travail social, des monastères anciens aux cultes contemporains, les chrétiens israéliens préservent leur identité tout en contribuant de manière significative à la société dans son ensemble. Cet article a été rédigé avec l'orientation de l'association Voice of Israeli Christian Eagles. Ce mouvement milite pour l'autodétermination et le progrès sociopolitique des chrétiens israéliens, cherchant à obtenir une reconnaissance officielle en tant que groupe minoritaire indépendant doté de son propre statut juridique distinct. Website & Instagram
- Quelles sont les religions et minorités en Israël ? Guide complet de la population (2025–2026)
L’État d’Israël garantit l’égalité des droits pour les groupes minoritaires, comme énoncé dans la Déclaration d’Indépendance : L'ETAT D'ISRAEL (...) assurera une complète égalité de droits sociaux et politiques à tous ses citoyens, sans distinction de croyance, de race ou de sexe; il garantira la pleine liberté de conscience, de culte, d'éducation et de culture; il assurera la sauvegarde et l'inviolabilité des Lieux saints et des sanctuaires de toutes les religions (...). Conformément à ces principes, les membres des minorités ont le droit de pratiquer leur religion, de construire des lieux de culte, de célébrer mariages et divorces selon leurs lois religieuses, de gérer leurs propres tribunaux religieux et cimetières, ainsi que de maintenir un système éducatif fondé sur leurs valeurs religieuses et culturelles. Croissance démographique d'Israël : comment une nation de 800 000 habitants est devenue un pays de 10 millions de personnes Israël a toujours été, par essence, une terre de peuples multiples. Depuis la création de l'État en 1948, avec une population de 806 000 habitants, il est devenu l'une des sociétés les plus dynamiques sur le plan démographique dans le monde. À la veille du 77e anniversaire de l'indépendance d'Israël, en avril 2025, le Bureau central des statistiques a confirmé une étape historique : la population israélienne a dépassé pour la première fois les 10 millions d'habitants, atteignant 10,094 millions - soit plus de douze fois la population du jour de sa fondation. En l'espace d'une seule année, la population a augmenté de 135 000 personnes, soit un taux de croissance de 1,4 %. Environ 174 000 nourrissons sont nés, et 28 000 nouveaux immigrants ont choisi de faire d'Israël leur foyer. Ces chiffres ne témoignent pas seulement d'une réalité statistique, mais d'une société vivante qui continue d'accueillir, d'absorber et d'intégrer des personnes venues de tous les horizons, de tous les coins du monde et de toutes les traditions religieuses. À la fin de l'année 2025, la population d'Israël s'élevait à 10,178 millions d'habitants, selon les estimations de fin d'année du CBS, confirmant que l'élan démographique du pays ne s'est pas ralenti. Qui sont les minorités religieuses et ethniques en Israël ? Présentation de chaque communauté La population israélienne est une mosaïque. Selon le rapport du CBS publié à l'occasion de la fête de l'Indépendance 2025, la répartition est la suivante : 7,732 millions de Juifs et autres (76,6 %) - cette catégorie regroupe les citoyens juifs, les chrétiens non arabes et les personnes enregistrées sans appartenance religieuse, dont beaucoup ont immigré au titre de la Loi du Retour 2,114 millions d'Arabes (20,9 %) - comprenant les musulmans, les chrétiens arabes et les Druzes 248 000 ressortissants étrangers (2,5 %) - dont des travailleurs, des étudiants et d'autres personnes résidant légalement en Israël Ces groupes forment ensemble une société où plusieurs langues se côtoient dans la rue, où le calendrier est rythmé par les fêtes juives, les célébrations musulmanes, les fêtes chrétiennes et les festivals druzes - souvent la même semaine, parfois dans le même quartier. Population musulmane en Israël : croissance, évolution de la fécondité et transformations sociales (2025) Les musulmans représentent la plus grande minorité religieuse d'Israël, avec 1,85 million de personnes (18,6 % de la population globale) fin 2025. Bien que la communauté ait augmenté de 34 000 personnes, son taux de croissance annuel a ralenti à 1,8 %, confirmant une baisse constante depuis 20 ans. En comparaison, la population juive a progressé de 1,2 %, les Druzes de 0,8 %, et la population arabe chrétienne a légèrement reculé (-0,4 %). La communauté se distingue par sa jeunesse, ce qui représente un fort potentiel socio-économique : 0–14 ans : 31 % de la population. 65 ans et plus : Seulement 5,4 % de la population. Le taux de fécondité moyen est tombé à 2,76 enfants par femme, poursuivant sa baisse entamée en 2001. Les contrastes régionaux restent toutefois marqués : District Sud (traditionnel/bédouin) : 4,55 enfants par femme. District de Tel-Aviv (urbain) : 1,63 enfant par femme. Le moteur du changement : La hausse du niveau d'éducation et l'accès croissant au marché du travail sont les principaux leviers de cette profonde transformation sociale. Les Druzes en Israël : une minorité unique aux liens civiques forts Parmi les minorités d'Israël, les Druzes occupent une place particulière et profondément respectée. Selon les données du CBS publiées en avril 2026, la population druze en Israël s'élève désormais à environ 154 369 personnes, soit plus de dix fois le nombre de Druzes présents à la fondation de l'État en 1948, où ils n'étaient que 14 500. Les Druzes pratiquent une foi monothéiste distincte, enracinée dans la philosophie islamique mais considérée comme une religion indépendante. Ils vivent principalement dans le nord d'Israël, avec les plus grandes communautés à Daliat al-Karmel (17 700 habitants) et Yarka (16 400). Moins d'un quart de la population druze (22,6 %) est composé d'enfants de 0 à 14 ans, ce qui reflète une structure d'âge notablement plus mature que celle de la communauté musulmane. Ce qui distingue la communauté druze israélienne, au-delà de sa foi, c'est sa profonde intégration civique. En 1957, à la demande expresse de ses dirigeants, le gouvernement israélien a officiellement reconnu les Druzes comme une communauté religieuse distincte. Les Druzes israéliens servent dans l'armée du pays - une tradition de partenariat qui a renforcé, au fil des générations, les liens entre la communauté et l'État. Les chrétiens arabes en Israël : une petite communauté à l'influence culturelle majeure Les chrétiens arabes forment une composante certes plus modeste, mais tout aussi essentielle du tissu social israélien. Ils représentent environ 8 % de la population arabe en Israël et contribuent à la vie éducative, culturelle et professionnelle du pays bien au-delà de leur poids numérique. Leur taux de fécondité, d'environ 1,62 enfant par femme, est l'un des plus bas de tous les groupes religieux en Israël - un constat similaire à celui des communautés chrétiennes à travers le Moyen-Orient, cohérent avec des taux plus élevés d'urbanisation et de scolarisation supérieure au sein de ce groupe. Les différents types de Juifs en Israël : Ashkénazes, Mizrahim, Séfarades, Éthiopiens et autres Parler des Juifs israéliens comme d'un groupe unique et homogène serait passer à côté de l'essentiel. La population juive d'Israël est l'une des communautés ethniquement et culturellement les plus diverses au monde, issue du rassemblement de populations venues de plus de 100 pays, au fil de plus d'un siècle de vagues d'immigration. Les Juifs mizrahim et séfarades Les Juifs mizrahim - dont les familles sont originaires des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord, tels que l'Irak, l'Iran, le Maroc, le Yémen et la Tunisie - forment aujourd'hui plus de la moitié des Juifs en Israël. Beaucoup sont arrivés après la création de l'État, lorsque les communautés juives des pays arabes ont été contraintes à l'exil. Les Juifs séfarades, dont les racines remontent à l'expulsion d'Espagne en 1492, sont souvent regroupés avec les Mizrahim dans les statistiques israéliennes, bien qu'ils portent des traditions culturelles et liturgiques distinctes. Ensemble, ces communautés ont profondément marqué la cuisine, la musique, la littérature et la vie publique israéliennes. Les Juifs ashkénazes Les Juifs ashkénazes, dont les ancêtres sont originaires d'Europe centrale et orientale, représentent environ 32 % de la population juive d'Israël. Ils sont arrivés par vagues successives à partir de la fin du XIXe siècle - pionniers sionistes, survivants de la Shoah, puis réfugiés de la répression soviétique. Durant une grande partie de l'histoire d'Israël, les institutions ashkénazes ont façonné le paysage politique, académique et culturel du pays. Les Juifs éthiopiens Environ 1 % de la population israélienne est composée de Juifs éthiopiens - la communauté Beta Israel - qui ont émigré lors de spectaculaires ponts aériens dans les années 1980 et 1990, fuyant la famine et les persécutions. Leur arrivée représente l'une des pages les plus remarquables de l'histoire moderne du retour juif en Israël. Les autres communautés juives uniques Israël abrite également des communautés plus modestes mais au riche héritage historique : les Juifs boukhariotes d'Ouzbékistan, les Juifs du Caucase de Géorgie et d'Azerbaïdjan, les Juifs indiens (Bene Israel) et les Juifs italiens — chacun perpétuant ses propres traditions, sa langue et ses coutumes au sein de la grande tapisserie de la société israélienne. Harédim, Datim, Masortim et Hilonim : le spectre religieux au sein du judaïsme israélien Les Juifs israéliens couvrent également un éventail extraordinaire de pratiques religieuses. La communauté harédim (ultra-orthodoxe), dont le nom signifie « craindre Dieu », est passée de seulement 5 % de la population totale d'Israël en 1990 à environ 14,3 % fin 2025, ce qui en fait le groupe démographique à la croissance la plus rapide de tous les pays de l'OCDE. La communauté des datim (nationaliste religieuse) allie pratique religieuse et pleine participation civique. La communauté masortim (traditionnelle), particulièrement répandue chez les familles mizrahim, maintient un lien avec la pratique juive sans adhérer à l'orthodoxie stricte. La communauté hilonim (laïque) - la plus nombreuse - mène un mode de vie largement moderne tout en s'identifiant fortement à la culture et à l'identité nationale juives. Parmi les Juifs ashkénazes, environ deux tiers se définissent comme laïcs, tandis que chez les Juifs séfarades et mizrahim, une pluralité se définit comme masortim - traditionnels, mais pas strictement orthodoxes. Liberté de religion en Israël : comment chaque communauté vit et pratique sa foi librement Ce qui rend le portrait démographique d'Israël particulièrement remarquable, c'est le cadre dans lequel toutes ces communautés coexistent. Israël reconnaît officiellement 14 communautés religieuses distinctes, chacune dotée d'un statut juridique et du droit de gérer ses propres tribunaux religieux en matière de statut personnel. Les sites religieux - du Mur des Lamentations à la mosquée de l'Annonciation, en passant par les sanctuaires druzes et les églises chrétiennes - sont protégés et accessibles à tous. Toute personne en Israël, quelle que soit sa foi, est libre de pratiquer sa religion, d'élever ses enfants dans ses traditions et de participer pleinement à la vie publique. Les citoyens arabes votent, siègent à la Knesset, exercent le droit, étudient dans les universités et dirigent de grands hôpitaux et institutions culturelles. Les Druzes ont une longue tradition de service civique. Les communautés chrétiennes arabes entretiennent des églises et des écoles qui fonctionnent depuis des siècles. Les données sur la fécondité en Israël offrent peut-être le reflet le plus intime de cette liberté : les femmes juives ont en moyenne 3,08 enfants par femme, les femmes musulmanes 2,76, les femmes druzes 1,69 et les femmes chrétiennes arabes 1,62 - chaque communauté croissant ou évoluant selon ses propres choix, ses valeurs et son évolution sociale. L'avenir démographique d'Israël : une nation diverse, jeune et en pleine croissance La population israélienne de plus de 10 millions d'habitants est jeune - environ 27 % sont des enfants de 0 à 14 ans, et seulement 13 % ont 65 ans ou plus. Israël abrite également, depuis fin 2023, environ 45 % de la population juive mondiale totale - la plus grande concentration de Juifs au monde. L'histoire des minorités en Israël n'est pas figée. Les taux de fécondité musulmans convergent vers ceux des autres sociétés modernes. La communauté druze continue de croître et d'approfondir ses liens avec l'État. Les communautés éthiopiennes et autres s'intègrent de génération en génération. Le monde harédim s'engage progressivement dans l'économie nationale. Et les frontières entre les différentes communautés juives ethniques s'estompent, avec environ 50 % des familles juives israéliennes issues d'unions mixtes ashkénazes-mizrahim. Ce qui ressort des données, c'est le portrait d'une société genuinement et mesurément plurielle - où chaque communauté apporte sa propre histoire, sa foi et sa vitalité, et où la liberté de vivre selon ses convictions n'est pas seulement une promesse, mais une réalité démographique. Sources : Bureau central des statistiques d'Israël (CBS) — Rapport du Jour de l'Indépendance 2025 ; CBS, Population musulmane en Israël 2026 ; CBS, Population druze 2026 ; All Israel News ; The Times of Israel ; The World Data ; Jewish Virtual Library. Liens vers les sources originales : https://www.cbs.gov.il/he/mediarelease/DocLib/2025/134/11_25_134e.pdf https://www.cbs.gov.il/en/mediarelease/pages/2024/the-muslim-population-in-israel-2024.aspx https://www.cbs.gov.il/en/mediarelease/Pages/2026/The-Muslim-Population-in-Israel-2026.aspx https://www.cbs.gov.il/en/mediarelease/Pages/2026/The-Druze-Population-of-Israel-On-the-Occasion-of-the-Nabi-Shu%E2%80%99ayb-Festival-2025.aspx https://www.cbs.gov.il/en/publications/Pages/2023/Fertility-of-Jewish-and-Other-Women-in-Israel-by-Level-of-Religiosity-1979%E2%80%932022.aspx
- Apprendre l'hébreu grâce à du contenu israélien: nos ressources
L'apprentissage de l'hébreu est un voyage jalonné de découvertes et de défis. Pour tisser un lien plus profond avec Israël, s'immerger dans son contenu authentique s'avère une méthode particulièrement puissante. Cet article explore comment ces supports enrichissent vos compétences, tout en vous fournissant des conseils pratiques et des ressources pour rendre votre apprentissage aussi agréable qu'efficace. Pourquoi choisir le contenu israélien comme base d'apprentissage ? En matière de langues, le contexte est roi. Si les manuels apportent une structure, le contenu de la vie réelle (films, musique, actualités) insuffle la vie à l'hébreu en y intégrant l'argot, les expressions idiomatiques et les nuances culturelles qui échappent aux cours traditionnels. Intégrer ces supports authentiques vous permet de : Saisir le contexte culturel et les normes sociales. Assimiler une prononciation et une intonation naturelles. Enrichir votre vocabulaire avec des termes modernes. 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Exemples de sites web d'actualités et de chaînes de télévision israéliennes : Ynet Maariv Chaîne 14 Mako Kan11 Haaretz 3. Littérature et poésie Cliquez ici pour accéder au contenu israélien Pour les passionnés de lecture, la littérature israélienne ouvre les portes de l'âme du pays. Des écrivains comme Amos Oz et Etgar Keret mêlent thèmes modernes et langue traditionnelle. La poésie, avec son langage rythmé et métaphorique, invite les apprenants à une profonde réflexion sur la puissance expressive de l'hébreu. Pour les plus audacieux, découvrir l’histoire de Ben Yehuda, la chanson qui lui est dédiée ou les poèmes de Bialik est un excellent point de départ, doublé d’une précieuse mise en contexte sur les origines de la langue. Conseils pratiques pour maximiser votre apprentissage S’intéresser aux contenus israéliens est enrichissant, mais cela nécessite une stratégie pour être vraiment efficace. Voici quelques recommandations concrètes pour aider les apprenants à tirer le meilleur parti de leur expérience : Définissez des objectifs clairs : décidez si l’accent est mis sur l’expression orale, la compréhension orale, la lecture ou l’écriture. Adaptez le contenu en conséquence. Utilisez les sous-titres judicieusement : commencez par des sous-titres dans votre langue maternelle, puis passez aux sous-titres en hébreu à mesure que vos compétences s’améliorent. Prenez des notes : notez les nouveaux mots, expressions et phrases. Révisez-les régulièrement. Répéter et revoir : Visionnez ou réécoutez le contenu pour renforcer votre compréhension et votre mémorisation. Lire deux-trois titres par jour est par exemple un très bon point de départ. Entraînez-vous à parler : essayez de répéter des phrases à voix haute ou de résumer le contenu en hébreu pour gagner en confiance. Rejoignez des communautés : participez à des forums en ligne ou à des groupes locaux intéressés par la culture israélienne et l’apprentissage de l’hébreu. Image générée par IA représentant « Le 16e Agneau », un livre pour enfants et un album musical israéliens légendaires de 1978. En combinant ces techniques avec des contenus israéliens variés, vous créerez un environnement immersif riche qui accélérera votre acquisition de la langue. Vous pouvez toujours commencer par explorer la culture pop israélienne grâce à des contenus accessibles et faciles à suivre dans notre catégorie Pop Culture, ou à travers nos playlists. Vivre pleinement l'aventure : Connecter la langue et la culture En choisissant d'apprendre l'hébreu à travers des contenus israéliens captivants, vous empruntez un chemin qui approfondit votre compréhension de la société dynamique d'Israël. Cette approche nourrit la curiosité et l'empathie, rendant la langue concrète et pleine de sens, où chaque contenu israélien est un tremplin vers la fluidité et la compréhension de l'Israël moderne. Pour explorer une variété de supports et de méthodes, chacun peut choisir des contenus en hébreu adaptés à ses goûts et à son rythme. Cette approche personnalisée garantit que l'apprentissage reste un plaisir ancré dans la vie réelle. Découvrez Eretz Nehedert, l'une des émissions humoristiques satiriques à sketches les plus influentes d'Israël, diffusée en prime time. L'hébreu au quotidien : un pont vers la culture La maîtrise de l'hébreu est un processus continu, riche en découvertes. En intégrant le contenu israélien dans votre routine, vous développerez vos compétences de manière naturelle et joyeuse, la clé résidant dans la régularité et l'ouverture d'esprit. Au fil de votre progression, vous vous sentirez plus proche de l'histoire et du présent d'Israël. Ce lien ouvre la voie à de nouvelles amitiés et perspectives, et pour ceux qui y vivent, il rapproche un peu plus de la réalité du quotidien. En fin de compte, cette approche est bien plus que l'acquisition d'une langue : c'est l'adoption d'une culture et d'une histoire qui continue de s'écrire. Avec de la patience et de la passion, chacun peut faire de l'hébreu une part vivante de son quotidien. Behatslaha ! (Bonne chance !)
- Hatikva, l'hymne National
De Tikvatenu à Hatikvah L’hymne national d’Israël, Hatikvah (« L’Espoir »), est l’un des symboles les plus reconnaissables du renouveau national juif. Ses paroles expriment l’aspiration durable du peuple juif à retourner à Zion (Jérusalem) et à vivre comme une nation libre dans sa patrie historique, une espérance souvent présentée comme s’étendant sur 2 000 ans d’exil et de dispersion après la destruction du Second Temple en 70 de l’ère commune. Le texte a d’abord été un poème intitulé Tikvatenu (« Notre Espoir »), écrit par le poète juif d'Europe de l'Est Naftali Herz Imber. Il est généralement considéré comme ayant composé ce poème vers 1877–1878, avant son arrivée en Terre d’Israël en 1882. Le poème fut publié plus tard à Jérusalem en 1886, et sa forme originale comprenait neuf strophes. Au fil du temps, cependant, le poème a subi des révisions, dont des modifications apportées par Imber lui-même, et seule une petite partie du texte original est finalement devenue l’hymne connu aujourd’hui. La mélodie de Hatikvah a ensuite été associée à Samuel Cohen, qui l’a adaptée d’une mélodie folk moldave-roumaine. Cet emprunt musical a contribué à donner à la chanson un caractère émotionnel distinctif, la rendant facile à mémoriser et à chanter collectivement. Le chant s’est rapidement diffusé, à mesure que les implantations juives et la culture de langue hébraïque se développaient en Palestine ottomane. Il est devenu particulièrement populaire parmi les pionniers et les premières communautés hébréophones. Plus qu’un simple poème ou une mélodie, il s’est imposé comme l’expression musicale d’une idée nationale. Déjà en 1901, Tikvatenu fut chanté lors du cinquième Congrès sioniste, et dans les années suivantes, la version plus courte et révisée devint progressivement centrale dans la vie publique sioniste. En 1905, à la clôture du septième Congrès sioniste, la chanson fut exécutée sous la forme qui devint connue sous le nom de Hatikvah. Plus tard, elle fut largement adoptée comme hymne du mouvement sioniste et, en 1933, officiellement reconnue comme tel lors du 18ᵉ Congrès sioniste. De chant sioniste à hymne national d’Israël Après la création de l’État d’Israël en 1948, Hatikvah fut naturellement adoptée comme hymne national, même avant l’adoption d’une législation formelle. Cette reconnaissance légale arriva beaucoup plus tard, en 2004, lorsque la Knesset modifia la Loi sur le drapeau et l’emblème et la rebaptisa Loi sur le drapeau, l’emblème et l'hymne national. À partir de ce moment, Hatikvah fut officiellement adoptée comme l’hymne national d’Israël. L'hymne a également suscité des critiques de la part de certains penseurs religieux qui estimaient que son ton séculier ne reflétait pas suffisamment la dimension divine de la rédemption juive. Le rabbin Abraham Isaac Kook, par exemple, s’est opposé à l’absence de référence explicite à Dieu et a composé un hymne alternatif, HaEmunah (« La Foi »), avec un message plus ouvertement religieux (voir ici). Ce différend reflétait une tension plus large au sein de la culture sioniste des débuts, entre le renouveau national laïque et le langage messianique religieux. À ce jour, Hatikvah demeure bien plus qu’un hymne national. Il constitue une expression condensée de la mémoire historique juive, de l’aspiration nationale et du renouveau de la langue hébraïque à l’époque moderne. Son parcours, d’un poème initialement peu diffusé à un hymne d’État, reflète la transformation plus large du sionisme, passée d’une vision à une réalité politique. La version française des dernières lignes du poème original peut se traduire de la sorte: "Aussi longtemps qu'en nos cœurs, Vibrera l'âme juive, Et tournée vers l'Orient Aspirera à Sion, Notre espoir n'est pas vain, Espérance bimillénaire, D'être un peuple libre sur notre terre, Le pays de Sion et Jérusalem." Vous pouvez voir dans la vidéo suivante une explication des origines de la mélodie de Hatikva et de son parcours dans l’histoire pour devenir l’hymne national d’Israël. Sources: Knesset Lexicon entry on Hatikvah: https://main.knesset.gov.il/About/Lexicon/pages/hatikva.aspx National Library of Israel, “The Story of Israel’s National Anthem”: https://blog.nli.org.il/en/hoi_hatikvah/ My Jewish Learning, “Hatikvah”: https://www.myjewishlearning.com/article/hatikvah/ TheTorah.com, “Tikvatenu: The Poem that Inspired Israel’s National Anthem, Hatikva”: https://www.thetorah.com/article/tikvatenu-the-poem-that-inspired-israels-national-anthem-hatikva
- Le drapeau israélien : de bannière sioniste à emblème national
Le drapeau israélien est bien plus qu'un emblème national ; il est un pont jeté entre la mémoire ancestrale et la souveraineté moderne. S'il semble aujourd'hui intemporel, sa conception est pourtant le fruit de débats intenses, de visions divergentes et d'une étincelle créative qui a transformé un objet sacré en symbole politique. Voici comment la bannière d'un mouvement est devenue, en 1948, le drapeau officiel de l'État d'Israël. La vision de Herzl : sept étoiles d'or Le voyage commence en 1896. Theodor Herzl, le père du sionisme moderne, sait qu'un mouvement s'apprêtant à fonder une nation a besoin d'un ancrage visuel puissant. Dans son ouvrage fondateur, L'État des Juifs, il formule une proposition précise et hautement symbolique : « Nous n’avons pas de drapeau, et il nous en faut un. Si nous voulons rallier les foules, nous devons brandir un symbole au-dessus de leurs têtes. Je propose un drapeau blanc, avec sept étoiles dorées. Le blanc symbolise une vie nouvelle et pure ; les étoiles représentent les sept heures dorées de notre journée de travail. Car c’est ainsi que nous entrerons en Terre promise, arborant l’emblème de l’honneur. » (Herzl, chapitre 5) Le concept de Herzl est alors résolument tourné vers l'avenir, et plus particulièrement vers l'idéal social d'une société moderne et éclairée, rythmée par une journée de travail de sept heures. Cependant, à l'approche du Premier Congrès sioniste de Bâle en 1897, l'identité visuelle du mouvement reste encore à définir. Le débat de Bâle : trouver les bonnes couleurs À la veille du congrès, le premier cercle de Herzl se penche sur la manière de décorer la salle. Isidor Schalit, l'assistant de Herzl, imagine d'abord un drapeau aux couleurs laïques et révolutionnaires. Il note dans ses carnets : (...) "Je me questionnais sur le choix du drapeau. Herzl préférait celui qu’il avait proposé dans L’État juif : sept étoiles dorées sur fond blanc, symbolisant un régime de paix et de travail basé sur une journée de sept heures... Pour ma part, j'avais suggéré celui de l’Association académique sioniste Kadima : bleu, rouge et jaune – le bleu pour l’espoir, le rouge pour le sang versé, le jaune pour la liberté espérée. Finalement, en l’absence de consigne claire, j’ai opté pour un drapeau bleu et blanc, m’inspirant d’une discussion entre Herzl et Wolffsohn, qui jugeait les couleurs du talith tout à fait appropriées." Schalit opte finalement pour le bleu et le blanc car il se rappelle cette discussion cruciale entre Herzl et David Wolffsohn, une figure éminente du sionisme qui succédera plus tard à Herzl. Wolffsohn avait compris que le mouvement n'avait pas besoin d'inventer une nouvelle palette de couleurs : elle existait déjà. L'étincelle de Wolffsohn : dérouler le Tallit Le récit personnel de Wolffsohn décrit le moment exact d'inspiration qui écarta à la fois les idées multicolores de Schalit et les étoiles d'or de Herzl : “À la demande de notre leader Herzl, je suis venu à Bâle pour préparer le Congrès sioniste. Une des questions importantes qui se posaient était celle du drapeau à hisser dans la salle du congrès. Une idée m’est alors venue : nous avons déjà un drapeau – il est bleu et blanc. Le talith, ce châle de prière que nous portons, est notre symbole. Prenons-le, déroulons-le sous les yeux d’Israël et des nations. J’ai donc commandé un drapeau bleu et blanc avec une étoile de David en son centre. C’est ainsi qu’est né le drapeau national.”** La création du drapeau est ainsi principalement attribuée à Wolffsohn. En superposant l'étoile de David ancestrale aux bandes bleu et blanc familières du châle de prière, Wolffsohn crée un lien émotionnel immédiat pour les Juifs du monde entier. Le drapeau israélien dans la salle du premier congrès à Bâle. Source : Bibliothèque nationale d’Israël. Du Congrès Sioniste à la Déclaration d'indépendance Le ministre des Affaires étrangères Moshe Sharett (à droite) et les délégués israéliens hissent le drapeau d'Israël aux Nations Unies le 12 mai 1949, marquant l'admission d'Israël en tant que 59e État membre. Crédit : Associated Press / Domaine public via les Archives de l'État d'Israël. Pendant les cinquante années qui suivirent, le dessin de Wolffsohn servit de bannière universelle au mouvement sioniste. En mai 1948, il est suspendu bien en évidence derrière David Ben-Gourion pendant la lecture de la Déclaration d'indépendance, scellant la naissance de l'État d'Israël. Mais un nouveau dilemme surgit aussitôt : la bannière d'un mouvement politique devait-elle automatiquement devenir le drapeau d'un État souverain ? Certains soutiennent qu'un nouveau pays exige un départ à neuf, tandis que d'autres craignent que l'utilisation du drapeau sioniste ne sème la confusion chez les Juifs de la diaspora, citoyens d'autres nations. Pendant six mois, le gouvernement provisoire examine plusieurs alternatives. Finalement, l'ancrage historique profond de la bannière de Bâle l'emporte. Le 28 octobre 1948, le Conseil d'État provisoire publie le décret officiel dans la Gazette officielle : « Le Conseil d'État provisoire proclame par la présente que le drapeau de l'État d'Israël sera tel qu'illustré et décrit ci-dessous : Le drapeau mesure 220 cm de long et 160 cm de large. Le fond est blanc et comporte deux bandes d'un bleu ciel foncé, de 25 cm de large, sur toute la longueur du drapeau, à une distance de 15 cm du haut et du bas du drapeau. Au milieu du fond blanc, entre les deux bandes bleues et à égale distance de chaque bande, se trouve une étoile de David, composée de six bandes bleu ciel foncé de 5,5 cm de large, qui forment deux triangles équilatéraux dont les bases sont parallèles aux deux bandes horizontales. » — 25 Tishrei 5709 (28 octobre 1948) – Conseil d’État provisoire, par Joseph Sprinzak, Président du Parlement L'anatomie du symbole Le design officiel définitif a magnifiquement codifié des siècles de tradition dans des dimensions étatiques standardisées : Les bandes bleues : Directement inspirées du tallit (châle de prière). Les couleurs (blanc et bleu) : Profondément enracinées dans l'histoire juive, elles rappellent les vêtements portés par le Grand Prêtre lors de Yom Kippour à l'époque du Temple antique. L'étoile de David (Magen David) : Symbole central identifié à l'art, à la culture et à la communauté juive depuis l'Antiquité. En tissant ces éléments ensemble, le drapeau israélien a réussi ce que Herzl s'était fixé à l'origine : élever un symbole au-dessus des têtes de la multitude, transformant une identité spirituelle séculaire en l'ancrage visuel d'une nation moderne. Sources : Britannica. “Flag of Israel.” Britannica. https://www.britannica.com/topic/flag-of-Israel Knesset. “Herzl Letter / The Jewish State excerpt.” https://knesset.gov.il/vip/herzl/eng/Herz_Letterfr1_eng.html Israeli Ministry of Foreign Affairs. “The Flag and the Emblem.” https://embassies.gov.il/MFA/AboutIsrael/Israelat50/Pages/The%20Flag%20and%20the%20Emblem.aspx Jewish Virtual Library. “Israel National Symbols: The Israeli Flag.” https://www.jewishvirtuallibrary.org/jsource/History/isflag.html Jewish Virtual Library. “The Israeli Flag.” https://www.jewishvirtuallibrary.org/the-israeli-flag World Jewish Congress. “28 October 1948 | Provisional Council of State unveils Israeli flag.” https://www.worldjewishcongress.org/en/videos/jewish-world/28-october-1948--provisional-council-of-state-unveils-israeli-flag World Jewish Congress. “This Week in Jewish History | Israeli Provisional Council of State unveils Israeli flag.” https://www.worldjewishcongress.org/en/news/this-week-in-jewish-history--israeli-provisional-council-of-state-unveils-israeli-fl https://degel-israel.co.il/book/book-chapter-4/
- Adir Miler
L'ascension d'Adir Miller dans la comédie israélienne Adir Miler est un comédien célèbre pour avoir créé et joué dans la série télévisée Ramzor, qui raconte l'histoire de trois amis et de leur quotidien. Il est également l'acteur principal de Zomet Miler, une émission dans laquelle il incarne son propre rôle. Dans la vidéo YouTube ci-dessous, vous pouvez découvrir des extraits de Ramzor, et dans celle-ci, un extrait de Zomet Miler. La polyvalence et l'impact d'Adir Miller Adir Miler apparaît également dans des publicités, comme en témoigne (cette publicité) pour Maccabi (services de santé), et se produit en tant qu'humoriste de stand-up. Il y imite un nouvel immigrant venu de France. Voici les liens vers sa page Facebook et sa page Instagram. En 2010, il a remporté un Ophir Award (les Oscars israéliens) pour sa performance dans le film The Matchmaker. En 2024, il a écrit et produit "The Ring" (bande-annonce ci-dessous), inspiré par l'expérience de sa famille pendant l'Holocauste à Budapest. Co-réalisé avec Yoav et Doron Paz, il incarne l'adulte Arnon Nobel, sauvé en tant que bébé lorsque sa mère a donné une bague à un soldat des Croix Fléchées pour les protéger.











