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- David Ben Gourion
1886 - 1973. David Ben-Gourion (né David Grün) fut un homme politique israélien et le premier Premier ministre de l'État d'Israël. Né en Pologne dans une famille juive sioniste, il grandit dans un environnement profondément attaché à la culture hébraïque. Son père était enseignant d'hébreu et membre du mouvement Hovevei Tsion. Très jeune, David fonda le groupe de jeunesse "Ezra", dédié à l’éducation sioniste et à la renaissance de l’hébreu parlé. Il émigra en Terre d’Israël en 1906, alors sous domination ottomane. Il travailla d’abord dans l’agriculture à Petah Tikva, Kfar Saba, Rishon LeZion, Rehovot et Sejera (Ilania). Ben-Gourion rejoignit le parti sioniste-socialiste Poalei Tsion. En 1910, il devint journaliste pour le journal du parti à Jérusalem et adopta le nom hébraïque "Ben-Gourion", inspiré d’un chef juif ayant combattu les Romains en l’an 66. En 1912, il partit étudier le droit à l’Université d’Istanbul, capitale de l’Empire ottoman. Son objectif était de se rapprocher des élites ottomanes pour favoriser l’accueil du projet sioniste. En 1914, au début de la Première Guerre mondiale, il adopta une position loyaliste envers l’Empire et défendit cette ligne au sein du Yichouv. Mais après l’entrée en guerre des États-Unis et la Déclaration Balfour, il s’éloigna de l’Empire ottoman. En 1917, il épousa Paula et s’engagea dans les unités juives de l’armée britannique actives dans la région. En 1919, il participa à la fondation du parti sioniste-socialiste Akhdut Ha’Avoda , successeur de Poalei Tsion. En 1921, Ben-Gourion fut élu secrétaire général de la Histadrout , la Fédération générale des travailleurs en Terre d'Israël. Son leadership, bien que souvent efficace, fut parfois autoritaire. [Ben-Gourion lors d’une cérémonie de pose de la première pierre du bâtiment de la Histadrout à Jérusalem, 1924. Source : GPO Il joua un rôle majeur dans la fusion d’Ahdout Ha’Avoda avec Hapoel Hatzaïr, donnant naissance à un nouveau parti : Mapai . Figure dominante de l’aile droite du socialisme sioniste, il s’opposa à l’intégration de travailleurs non-juifs (notamment arabes) dans la Histadrout. En 1935, il quitta la Histadrout pour présider l’ Agence juive , devenant ainsi le principal dirigeant du Yichouv. À cette époque, les tensions avec le mandat britannique s’aggravèrent. Le Livre blanc de 1939 limita l’immigration juive à 75 000 personnes. Ben-Gourion s’opposa fermement à cette politique, et à l’ensemble du mandat britannique, favorisant l’ immigration illégale organisée par le Mossad Aliyah Beth (bureau de l'aliyah alternative). En 1942, il exigea la création d’un État juif sur toute la Terre d’Israël , ce qui impliquait la fin du mandat britannique. Déjà en 1937, il avait rejeté le plan de partition proposé par la Commission Peel, qui ne réservait que 15 % du territoire au peuple juif. Un fossé se creusa aussi entre les sionistes laïcs et les juifs ultra-orthodoxes (haredim), qui rejetaient l’idée d’un État juif non religieux fondé avant la venue du Messie. En 1947, Ben-Gourion négocia avec eux un compromis historique , le "statu quo" , pour éviter leur opposition à la création de l’État. Le 14 mai 1948 , en pleine guerre d’indépendance , Ben-Gourion proclama l’indépendance de l’État d’Israël à Beit Dizengoff, à Tel-Aviv. (Vidéo ci-dessous) Dès la Conférence sioniste de Londres en 1920 jusqu’à la fondation d’Israël, il participa à toutes les grandes décisions du mouvement sioniste : en tant que délégué aux congrès sionistes, membre de comités, et président de l’Agence juive à Jérusalem. Le 26 mai 1948 , il créa Tsahal (IDF) , rassemblant les forces armées juives : la Haganah, le Lehi et l’Irgoun. Plus tard, il dissout le Palmach , unité d’élite de la Haganah. De 1948 à 1953 , il fut Premier ministre d’Israël . Cette période fut marquée par une vague d’immigration massive. Des réfugiés juifs d’Europe et des pays arabes affluèrent. Leur intégration fut difficile, et ce défi est considéré comme l’un des grands échecs de Ben-Gourion. L’autre priorité fut la sécurité d’Israël . Les attaques de réfugiés arabes, souvent soutenues par des États voisins, étaient fréquentes. Ben-Gourion conserva le portefeuille de la Défense et mit en place des actions de représailles. Grâce à l’aide de la France et d'autres pays occidentaux, Israël put s’armer, notamment en développant la bombe atomique . Il s’investit activement pour faire de Jérusalem la capitale de l’État. Moins d’un an après la guerre d’indépendance, il fit transférer la Knesset et les ministères dans la ville, affirmant que cela neutraliserait les demandes internationales de l’internationaliser. Il était aussi motivé par la perte de la vieille ville durant la guerre. En décembre 1953 , Ben-Gourion annonça son retrait de la vie politique et s’installa au kibboutz Sde Boker , dans le désert du Néguev, pour encourager la colonisation de cette région. Certains estiment qu’il s’agissait aussi d’un calcul politique destiné à démontrer qu’on ne pouvait pas diriger le pays sans lui. Il fut remplacé par Moshe Sharett . Effectivement, il revint au pouvoir en 1955 , jusqu’en 1963 . Durant cette seconde période, il : Organisa la guerre du Sinaï (1956) contre l’Égypte, suite aux menaces de destruction d’Israël. Bien que militairement victorieux, Israël dut se retirer du Sinaï en 1957 sous la pression des États-Unis et de l’URSS. Lança un rapprochement diplomatique avec l’Allemagne de l’Ouest . Signa des accords économiques et militaires avec la Turquie . En 1963, sous la pression politique, il démissionna à nouveau et proposa Levi Eshkol comme successeur. En 1965, lors d’un congrès du Mapai, il constata son isolement politique et quitta le parti. Il fonda RAFI , avec Shimon Peres et Moshe Dayan . Mais lors des élections de novembre, RAFI obtint seulement 10 sièges , contre 45 pour Mapai et Ahdout Ha’Avoda. En décembre 1967 , les membres de RAFI rejoignirent le Mapai et Ahdout Ha’Avoda pour former le parti travailliste israélien (HaAvoda) . Ben-Gourion siégea à la Knesset jusqu’en 1970 . Il se retira à l’âge de 84 ans et décéda en 1973 , à l’âge de 87 ans . Sources: https://he.wikipedia.org/wiki/דוד_בן-גוריון https://knesset.gov.il/vip/bengurion/eng/BenGurion_Bio_eng.html https://www.jewishvirtuallibrary.org/select-quotations-of-david-ben-gurion
- Yaakov Mazeh
1859–1924. Le rabbin Yaakov Mazeh fut le grand rabbin officiel de Moscou. [Rav Yaakov Mazeh en 1910. Source: Wikipedia, domaine public. Né en 1859 à Mogilev, en Biélorussie, son nom de famille, Mazeh, est un acronyme indiquant son ascendance sacerdotale : MiZera Aharon HaCohen ("de la descendance d’Aaron le prêtre"). Orphelin de père dès son jeune âge, il fut élevé par son grand-père maternel. Mazeh reçut une éducation à la fois religieuse et laïque. Diplômé de la faculté de droit de l’université de Moscou, il exerça brièvement comme avocat. Il soutenait l’idéologie des Hovevei Tsion ("Amants de Sion") et fonda même une association sioniste. En 1884, il participa à la création du cercle "Bnei Tsion" aux côtés de Menahem Oussishkine et Hichiel Chelanov. En 1890, il organisa à Odessa un groupe d'investisseurs intéressés par l’implantation juive en Terre d’Israël. Il se rendit sur place et acheta un terrain à Mahanaïm, en Galilée. Cependant, des difficultés financières obligèrent à vendre la propriété au baron Edmond de Rothschild. En 1893, il fut nommé rabbin de Moscou par le gouvernement russe, poste qu’il occupa jusqu’à sa mort, le 19 décembre 1924. Cette même année, sous son impulsion, un cercle de passionnés de la langue hébraïque fut créé à Moscou. Mazeh acquit une renommée mondiale dans le monde juif pour son témoignage courageux lors du procès Beilis (1911-1913), où un Juif fut faussement accusé de meurtre rituel à Kiev. Il y défendit l'accusé aux côtés de l’avocat Israël Gruzenberg, démontrant une éloquence remarquable. Lors d'une audience, interrogé sur les différentes catégories de Juifs, le rabbin Mazeh répondit avec humour et lucidité : “ Il y a les sabbatistes – qui viennent à la synagogue tous les shabbats. Les yomtovistes – qui y viennent cinq fois par an, pour les fêtes. Les yahrzeitistes – qui s’y rendent deux fois par an pour réciter le Kaddish. Et puis, il y a les pogromistes – ceux qui se rappellent qu’ils sont juifs à chaque pogrom, lorsque s’éveille en eux l’étincelle juive, celle qui aime son peuple et sa terre. ”* Après la Révolution de février 1917, il fut élu représentant de la liste juive à la Conférence démocratique panrusse. En 1923, il s’opposa publiquement à la fermeture de la Grande Synagogue de Moscou. En 1924, il rencontra Lénine pour tenter de faire cesser les pogroms en Ukraine et les persécutions contre les Juifs en Union soviétique. Plusieurs rues portent aujourd’hui son nom en Israël, notamment à Tel Aviv, Herzliya, Netanya et Holon. Sources: https://he.wikipedia.org/wiki/יעקב_מזא%22ה * https://www.chabadbasel.com/templates/blog/post.aspx?aid=2570355&postid=46840&p=1&lang=de
- Hapoel Hatzaïr (le jeune travailleur)
HaPoel Hatzaïr ("Le Jeune Travailleur") est le premier parti socialiste sioniste fondé en Terre d’Israël, en 1905, par des immigrants juifs venus de Russie. Le parti avait pour objectif la concrétisation du sionisme et la création d’une société hébraïque laborieuse. Il considérait comme un devoir l’engagement dans un travail productif, aussi bien agricole qu’industriel, dans les implantations juives, ainsi que la revitalisation de la langue hébraïque. HaPoel Hatzaïr s’est installé sur des terres achetées à des propriétaires arabes, grâce au soutien du Fonds national juif (KKL). Ses membres comptaient parmi les premiers pionniers du kibboutz Degania et du moshav Nahalal, au nord d’Israël, et jouèrent un rôle clé dans la fondation de l’Histadrout agricole. Le parti ne dépendait d’aucune organisation mère à l’étranger. Il rejetait la théorie marxiste de la lutte des classes ainsi que l’adhésion aux organisations socialistes internationales. Cependant, en 1923, HaPoel Hatzaïr évolua dans son rapport au socialisme et au mouvement ouvrier international, allant jusqu’à envoyer des observateurs au Congrès socialiste international de Hambourg. En 1930, le parti fusionna avec Ahdout Ha’Avoda pour former le "Parti des Travailleurs d’Israël" (Mapai – Mifleget Poalei Eretz Israël), qui ensuite domina la politique israélienne pendant plusieurs décénnies. Quelques décennies plus tard, en 1968, Mapai fusionna avec d'autres partis de gauche pour donner naissance à l’actuel Parti travailliste israélien (HaAvoda). Source: https://he.wikipedia.org/wiki/הפועל_הצעיר
- L’âme israélienne du dialogue interreligieux : pourquoi la foi à un rôle central dans l’ancrage régional d’Israël
par Rav Dr. Yakov Nagen "Alors je donnerai aux peuples des lèvres pures, afin qu'ils invoquent tous le nom de l'Eternel, Pour le servir d'un commun accord."- Sophonie 3:9 Au milieu du tumulte géopolitique, des stratégies militaires et des alliances mouvantes, la dimension spirituelle du rôle régional d’Israël est souvent négligée. Pourtant, j’estime qu’elle est la plus profonde et la plus pérenne. En tant que rabbin, enseignant et directeur du Ohr Torah Interfaith Center et du Blickle Institute , j’ai pu constater de mes propres yeux que lorsque la foi entre dans la conversation, non pas comme un problème à gérer, mais comme un fondement à embrasser, une porte s’ouvre. Non seulement vers la paix, mais aussi vers le sens. La Bible hébraïque nous enseigne qu’Israël n’est pas simplement une terre, mais une vision : « une lumière pour les nations » (Isaïe 49:6). Ce n’est pas un simple slogan. C’est un appel au leadership spirituel, ancré dans l’humilité, la justice et la clarté morale. Dans une région où la religion est trop souvent instrumentalisée pour diviser, Israël doit contribuer à montrer comment elle peut aussi guérir. Tel est le cœur du dialogue interreligieux : aller au-delà de la tolérance et nourrir un véritable engagement entre identités. C’est précisément grâce à son caractère juif, et non malgré lui, qu’Israël peut dialoguer de manière significative avec ses voisins musulmans, chrétiens et druzes. L’identité comme pont, non comme barrière Les cyniques affirment que les conflits sont uniquement motivés par des intérêts matériels. Mais je crois que la vérité la plus profonde réside dans l’identité. Lorsque celle-ci est menacée, réduite ou niée, les tensions s’enflamment. La paix véritable ne viendra pas en niant qui nous sommes, mais en montrant que l’identité peut relier au lieu d’opposer. C'est de là que peut venir le véritable progrès. Au Ohr Torah Interfaith Center (OTIC), nous appelons cela « la connexion avant la correction » . Que ce soit dans nos partenariats, du Maroc aux Émirats arabes unis, lors de shabbats interreligieux, de prières communes ou de webinaires et conférences autour de la foi, nous ne commençons jamais par débattre de théologie. Nous commençons par voir l’autre comme un reflet de l’image divine. Dans ces rencontres, je repense souvent à l’un de mes versets préférés du prophète Malachie : “N'avons-nous pas tous un seul père? N'est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés?” (Malachie 2:10) Un exemple marquant s’est manifesté lors de la récente fête druze de Nabi Shu’ayb. Les Druzes y honorent le prophète Jéthro, connu dans le judaïsme sous le nom de Yitro. Révéré comme beau-père de Moïse et conseiller moral (Exode 18), il incarne un patrimoine et une sagesse partagés. C’est là que débute notre dialogue : non par un universalisme vague, mais à partir d’histoires sacrées et concrètes qui lient nos destins. Assez de slogans De nombreux efforts interreligieux échouent sous le poids des slogans : paix , coexistence , tolérance . Ce sont des idéaux louables, mais sans relation authentique, ils sonnent creux. Notre travail à OTIC cherche à enraciner le dialogue dans les valeurs de la Torah : Chesed (bienveillance), Emet (vérité), et Achva (fraternité). Et les résultats sont tangibles. Des rencontres Bridges of Light à Jérusalem aux séminaires religieux conjoints à Parme, en Italie, en passant par les iftars du Ramadan avec des cheikhs et intellectuels musulmans, nous bâtissons un nouveau langage. Non pas un langage diplomatique, mais prophétique, dans lequel chaque partie est invitée à offrir le meilleur d’elle-même, au service de quelque chose de plus grand. Il ne s’agit pas d’effacer les différences, mais de les célébrer. Comme je l’ai dit à Parme "Ce qui rend un bouquet magnifique, ce n’est pas l’uniformité des fleurs, mais leur diversité, reflet de la lumière radieuse du Dieu unique. » Le rôle spirituel d'Israël Pour qu’Israël accomplisse pleinement sa vocation, il ne suffit pas qu’il parle le langage de l’innovation ou de la défense. Il doit aussi parler le langage de la foi. Nos voisins ne recherchent pas seulement une alliance de circonstance. Ils aspirent à un partenariat porteur de sens. Et nous avons beaucoup à offrir : une tradition qui a survécu à l’exil, à la persécution, à la renaissance ; un peuple revenu sur sa terre avec une mission spirituelle intacte. Réussir cette mission implique de reconnaître que nos voisins sont aussi habités par une quête de sens. Cela inclut même ceux qui s’opposent à nous. En tendant la main, non seulement à ceux qui partagent nos opinions, mais à tous ceux qui aspirent à la sainteté, nous commençons à réaliser la promesse d’Isaïe: " Une nation ne tirera plus l'épée contre une autre, Et l'on n'apprendra plus la guerre" ( Isaïe 2:4). Que ceci soit notre héritage Le dialogue interreligieux n’est pas une activité marginale. Il est en première ligne de la rédemption. Il est temps de le reconnaître à sa juste valeur, avec des mots, bien sûr, mais aussi avec des moyens, des partenariats et une disposition à être transformé par la rencontre. Que cela soit notre héritage, et notre lumière. Article rédigé par Rav Dr. Yakov Nagen Directeur du Ohr Torah Interfaith Center et du Blickle Institute ( site ) Réseaux sociaux: Instagram / Facebook / Linkedin
- Mapaï - Mifleget Poalei Eretz Israël
Parti des travailleurs de la Terre d'Israël Fondé en 1930, le parti Mapai est né de la fusion de deux partis : Akhdut HaAvoda et HaPoel HaTzair. Cette union à gauche n’était pas complète, car le Hashomer Hatzair et Poalei Zion Smol (gauche) n’y ont pas été intégrés. Pendant toute son existence, Mapai fut le parti le plus influent et le plus puissant sur l’échiquier politique. Sous le mandat britannique, il contrôlait les principales institutions, les congrès sionistes et la fédération syndicale Histadrout. L’Histadrout, fondée en 1920 par des partis socialistes, a mis en place au cours de sa première décennie des structures économiques et administratives. Elle est rapidement devenue une sorte d’"État dans l’État" sous l’autorité britannique. Elle a créé la Banque Hapoalim (sous l’impulsion de Berl Katznelson), une compagnie d’assurances, une entreprise agricole et des coopératives. Elle possédait également son propre journal ( Davar ), un théâtre, un mouvement de jeunesse et une organisation sportive. Elle a fondé des institutions majeures comme Solel Boneh, HaMashbir (chaîne de magasins), la Caisse générale d’assurance maladie et les maisons de retraite Mishaan. Pendant la période du Yishouv, les figures dominantes de Mapai étaient David Ben-Gourion, Berl Katznelson et Haïm Arlosoroff. Mapai a également construit sa puissance militaire. Ses membres dirigeaient la Haganah et organisaient le recrutement pour la Brigade juive selon des quotas. Sous la direction de Ben-Gourion, Mapai s’est préparé durant près d’une décennie à la création de l’État. De la décision de combattre le mandat britannique à l’acceptation du plan de partage, en passant par la préparation à la guerre d’indépendance, le parti s’est comporté comme une formation dirigeante. Chaque étape fut marquée par des débats internes intenses. Chaim Weizmann, proche des Britanniques, s’opposait farouchement à la lutte contre le mandat. Des clivages apparaissaient entre partisans du Grand Israël, défenseurs d’un État binational, et opposants à l’indépendance. À l’approche de la fin du mandat britannique, Mapai s’est imposé comme force dominante. Dans le "Conseil du Peuple", précurseur de la Knesset, le parti détenait la majorité. Dans "l’Administration du Peuple", il comptait quatre membres sur treize. À la veille de la déclaration d’indépendance, des doutes persistaient au sein de Mapai et de l’Administration du Peuple quant à la viabilité de cette décision et aux risques de rejet international. Les menaces d’invasion arabe et le soutien hésitant des États-Unis conduisirent plusieurs dirigeants à s’opposer à une déclaration immédiate. Mais le 11 mai 1948, le comité central de Mapai approuva la position de Ben-Gourion. Le vote final fut favorable à l’indépendance, par six voix contre quatre. Après la fondation de l’État d’Israël, Mapai occupa une position centrale à la Knesset, au gouvernement, dans les autorités locales et dans de nombreuses institutions. Le défi principal de Ben-Gourion et de Mapai fut la transition d’un mouvement volontaire d'implantation à un État structuré. Imposer des institutions officielles et convaincre la population fut complexe. En son sein, des voix plus à gauche se faisaient entendre, notamment celles issues d’Akhdut HaAvoda, qui avait conservé une structure propre. Ces membres ont rejoint Poalei Zion Smol et le Hashomer Hatzaïr pour fonder un autre parti : MAPAM ( Mifleget HaPoalim HaMeuhedet, soit le "Parti des travailleurs unis") Lors des premières élections de janvier 1949, Mapai obtint 46 sièges, contre 19 pour Mapam, 14 pour Herut (droite) et 16 pour le Front religieux uni. Ben-Gourion prit une décision stratégique : il forma une coalition appuyée par des partis religieux et libéraux. Le nouveau gouvernement fut chargé de missions cruciales : mettre fin à la guerre tout en conservant les acquis, absorber des centaines de milliers d’immigrants – rescapés de la Shoah et Juifs des pays arabes – et bâtir les institutions étatiques. Dans les premières années, des décisions majeures furent prises : accords de réparations, politiques économiques, immigration massive, construction d’une armée. Mapai joua un rôle central. Il mena également une campagne efficace contre le parti Herut de Menahem Begin. Les bases électorales de Mapai comprenaient l’Histadrout, les mouvements coopératifs (moshavim) et collectivistes (kibboutzim). Quatre Premiers ministres israéliens - David Ben-Gourion, Moshe Sharett, Levi Eshkol et Golda Meir - étaient issus de Mapai. En matière de sécurité, Mapai adopta une approche pragmatique, différente de celle de ses homologues européens, en raison des enjeux spécifiques d’Israël. Cela facilita ses coalitions avec des partis de droite. Sur la question religieuse, Mapai prônait le maintien du statu quo : intégration des populations religieuses sans instaurer une théocratie fondée sur la Halakha. En décembre 1953, Ben-Gourion annonça sa démission pour s’installer au kibboutz Sde Boker, dans le Néguev. Ce geste visait à encourager la colonisation de cette région, mais il fut aussi perçu comme une manœuvre calculée pour démontrer que le pays ne pouvait se passer de lui. Moshe Sharett le remplaça. Après près de deux ans d’absence, Ben-Gourion revint au pouvoir en 1955, jusqu’en 1963. Lors des élections de juillet 1955, il mena la liste de Mapai avec un programme centré sur l’intégration des olim, la sécurité économique, la colonisation des zones vides, le développement agricole, le respect des accords d’armistice, la fin des camps de transit et l’indépendance de l’Histadrout. Son retour fut sans opposition : aucune figure, à droite ou à gauche, ne remettait en cause son autorité. Begin n’était pas perçu comme un chef crédible, et des jeunes comme Yigal Allon étaient encore considérés comme inexpérimentés. Ces années furent marquées par des succès : l’usine textile de Dimona vit le jour (petite référence à avoir ;) ), la situation économique s’améliora, et Mapai progressa à chaque scrutin. En novembre 1959, le parti atteignit 47 sièges à la Knesset. Le slogan "Hagidou Ken LaZaken"("Dites oui au vieux") reflétait stabilité et confiance économique. En 1961, Ben-Gourion annonça à nouveau sa démission, invoquant des "affaires honteuses". Il se jugeait incapable de gouverner comme auparavant. En 1963, il se retira définitivement et recommanda Levi Eshkol comme successeur. En février 1965, une conférence de Mapai se réunit pour débattre d’une union avec Akhdut Haavoda et de la création d’une commission d’enquête judiciaire. Il apparut clairement que les partisans de Ben-Gourion étaient minoritaires face au camp d’Eshkol. En juin 1965, Ben-Gourion quitta Mapai et fonda la Liste des Ouvriers d’Israël (RAFI), rejoint par ses fidèles : Shimon Peres, Moshe Dayan, Teddy Kollek, Yitzhak Navon et Yosef Almogi. Lors des élections de novembre 1965, RAFI fut marginalisé avec seulement 10 sièges, contre 45 pour la liste unifiée Mapai–Ahdut Haavoda. En décembre 1967, les membres de RAFI décidèrent de fusionner avec Mapai et Akhdut Haavoda au sein du "Ma’arach" (l’Alignement) pour former un parti unique : le Parti Travailliste (HaAvoda). L’union officielle eut lieu en 1968, et Golda Meir fut nommée secrétaire générale du parti. Mapai mit ainsi fin à son règne en tant que parti unique dirigeant. Sources: http://www.zionistarchives.org.il/en/datelist/Pages/Mapai.aspx https://en.idi.org.il/israeli-elections-and-parties/parties/mapai/ https://he.wikipedia.org/wiki/מפא%22י
- Akhdut HaAvoda (Unité travailliste)
Akhdut HaAvoda était un parti sioniste socialiste. Il fut fondé en 1919 par la fusion du parti "Poalei Zion", dirigé par David Ben-Gourion, et des travailleurs sans affiliation partisane. Avant la création officielle du parti, en février 1919, s’était tenu le premier congrès national de la Fédération Agricole. Lors de cet événement, la majorité décida de créer un syndicat général des travailleurs juifs en Terre d’Israël, nommé Akhdut Ha’Avoda, soit "Unité travailliste ". La plupart des membres de Hapoel HaTzaïr refusèrent d’y adhérer. Ce nouveau parti avait pour but de rassembler tous les travailleurs hébreux de la région. Son idéologie, formulée par l’un de ses dirigeants, Berel Katznelson, mêlait idées socialistes, humanistes et juives, sans pour autant adhérer au marxisme. Le mouvement regroupait deux grands types de communautés : les ouvriers agricoles des implantations et les travailleurs urbains. Grâce à l’union de ces deux groupes majeurs et au soutien des membres des kibboutzim, le mouvement devint la force dominante au sein de la Histadrout, la centrale syndicale générale des travailleurs. En 1930, Akhdut Ha’Avoda fusionna avec Hapoel HaTzaïr pour fonder le "Parti des Travailleurs d’Israël", où en Hébreu, Mapai (Mifleget Poalei Eretz Yisrael). Ce parti façonna la politique israèlienne jusqu'aux années 1960. Quelques décennies plus tard, en 1968, Mapai fusionna avec d'autres partis politiques de gauche pour donner naissance à l’actuel Parti Travailliste israélien (HaAvoda). Source: https://en.wikipedia.org/wiki/Ahdut_HaAvoda
- Golda Meir
1898 - 1978. Golda Meir fut une femme politique israélienne et Première ministre de l’État d’Israël entre 1969 et 1974. Née à Kiev, elle grandit dans une extrême pauvreté, marquée par les pogroms antisémites. Ces expériences traumatisantes nourrirent son engagement indéfectible en faveur de la sécurité du peuple juif. Elle se souvenait notamment de sa sœur Sheyna, risquant sa vie pour assister à des réunions du mouvement sioniste travailliste. Golda Meir en 1973. Source : Library of Congress En 1903, son père Moshe émigra aux États-Unis et installa sa famille dans un quartier juif défavorisé de Milwaukee, dans le Wisconsin. Golda avait alors huit ans. À l’âge de quatorze ans, elle défia ses parents pour pouvoir poursuivre ses études au lycée, plutôt que de se marier. Elle s’enfuit à Denver, où elle développa ses convictions politiques et rencontra Morris Meirson, un artiste dont elle tomba amoureuse. De retour à Milwaukee, elle termina le lycée, devint enseignante et milita activement pour le sionisme travailliste. Un mois après la Déclaration Balfour de 1917, dans laquelle la Grande-Bretagne exprimait son soutien à l’établissement d’un "Foyer national juif" en Palestine, Golda épousa Morris. En 1921, le couple s’installa en Palestine mandataire et rejoignit le kibboutz Merhavia, près d’Afula. Elle y travailla dans les champs et se spécialisa dans l’élevage de volailles, devenant rapidement une figure exemplaire du kibboutz. Deux ans plus tard, ils déménagèrent à Jérusalem. Golda donna naissance à leur fils Menachem en 1924, puis à leur fille Sarah en 1926. La famille vécut dans une grande précarité. En 1928, Golda devint secrétaire du Conseil des femmes ouvrières (Mo’ezet HaPo’alot) de la Histadrout. Son ascension politique fut rapide : en 1934, elle siégea au comité exécutif de la Histadrout, et en 1936, elle prit la tête de son département politique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle occupa des postes importants au sein de l’Organisation sioniste mondiale et de l’Agence juive, la plus haute instance juive sous mandat britannique. Jusqu’en 1948, elle fut leur principale interlocutrice auprès des autorités britanniques. À l’approche de l’indépendance d’Israël, en 1948, elle joua un rôle crucial. Elle tenta de convaincre le roi Abdallah de Jordanie de ne pas prendre part à la guerre, mais en vain. Elle se rendit également aux États-Unis, où elle récolta 50 millions de dollars auprès de la communauté juive américaine pour financer les forces armées. Le 14 mai 1948, Golda Meir fut l’une des 37 signataires de la Déclaration d’Indépendance d’Israël, avec Rachel Cohen-Kagan, elles furent les deux seules femmes à apposer leur signature sur le document fondateur. Moshe Sharett, alors ministre des Affaires étrangères, la nomma ambassadrice en Union soviétique. Élue à la Knesset en 1949, elle fut nommée ministre du Travail par David Ben Gourion, un poste qu’elle occupa jusqu’en 1956. Sa mission principale consistait à trouver du logement et du travail pour près de 700 000 nouveaux immigrants arrivés entre 1948 et 1951. En 1956, Ben Gourion la nomma ministre des Affaires étrangères. Il insista pour qu’elle hébraïse son nom : Meirson devint alors Meir. Elle développa une diplomatie informelle mais efficace, et fut particulièrement fière de ses efforts pour partager le savoir-faire agricole et technologique israélien avec les pays africains. Elle prit sa retraite du gouvernement en 1966, à l’âge de 68 ans. Pensant avoir mis fin à sa carrière publique, elle accepta pourtant peu après de devenir secrétaire générale de Mapai, puis du Parti travailliste unifié en 1967. À la mort du Premier ministre Levi Eshkol en février 1969, elle fut choisie pour lui succéder, afin d’éviter une lutte de pouvoir interne, repoussant ainsi sa retraite. En tant que Première ministre, elle tenta de parvenir à une solution politique avec l’Égypte avant la guerre du Kippour. Malgré plusieurs alertes militaires et diplomatiques, elle ne crut pas à l’imminence d’une attaque. Le 6 octobre 1973, l’Égypte et la Syrie lancèrent une offensive surprise contre Israël. Dans cette vidéo YouTube , on peut voir le discours qu’elle prononça à la télévision le jour même. Les pertes israéliennes dépassèrent les 2 700 morts, bien que l’armée ait fini par reprendre l’initiative. Golda Meir regretta profondément de ne pas avoir mobilisé les réservistes plus tôt, comme son instinct le lui dictait. Elle avait finalement suivi l’avis des services de renseignement militaire, qui jugeaient cette mobilisation inutile. Le pays fut plongé dans un état de choc national. La colère gronda dans les rues, où des parents endeuillés s’en prirent à elle et au ministre de la Défense, Moshe Dayan. La Commission Agranat l’innocenta de toute responsabilité directe dans l’impréparation d’Israël. Malgré la victoire du Parti travailliste aux élections de décembre 1973, Meir échoua à former une coalition. Elle démissionna le 10 avril 1974 et remit officiellement le pouvoir à Yitzhak Rabin le 3 juin. Durant son mandat, elle déploya d’importants efforts diplomatiques, alliant relations personnelles et usage stratégique des médias. Son caractère déterminé, son franc-parler, sa chaleur humaine, et son image de "grand-mère" du peuple contribuèrent à obtenir un soutien militaire et financier sans précédent. Cette autre vidéo YouTube montre un discours prononcé en 1973. Bien qu’elle ait dirigé au nom du mouvement travailliste, son image reste controversée dans certains milieux de gauche, où on lui reproche d’avoir favorisé l’éclatement de la guerre du Kippour et d’avoir perverti les structures du Mapai. D’autres, au contraire, voient en elle une "mère juive" pleine de chaleur, capable de résister à une pression immense. Elle est également restée dans l’histoire comme la seule femme à avoir dirigé le gouvernement israélien. Si elle fut rejetée et critiquée après la guerre, Golda Meir parvint, avec le temps, à regagner l’estime de la population, devenant une figure respectée et aimée. Elle s’éteignit en décembre 1978, à l’âge de 80 ans. Sources: https://he.wikipedia.org/wiki/גולדה_מאיר https://jwa.org/encyclopedia/article/meir-golda https://www.gov.il/en/departments/people/_golda_meir
- Levi Eshkol
1895 - 1969. Levi Eshkol fut un homme politique israélien et le troisième Premier ministre de l’État d’Israël, en fonction de 1963 jusqu’à sa mort en 1969. Vous pouvez voir sur ce lien YouTube une courte vidéo expliquant ses réalisations. Levi-Yitzhak Shkolnik est né dans la région de Kyiv, alors sous domination russe. Il reçoit une éducation juive traditionnelle, complétée par des études générales. En 1911, à Vilnius, il rejoint le gymnase (établissement scolaire) juif et adhère à l’association étudiante Zeiri Zion ("Jeunesse sioniste"), où il s’investit dans le mouvement sioniste et entre au comité exécutif local. En 1913, il devient membre de Hapoel Hatzair. Source: Government Press Office (Israel). Il immigre en Terre d’Israël en 1914. Durant la Première Guerre mondiale, il tente d’éviter la conscription ottomane grâce à des relations et des paiements. Contraint par la suite à rejoindre l’armée turque après l’invasion britannique, il parvient à s’en échapper. En 1916, il est élu au comité du Syndicat des travailleurs agricoles de Judée, et prend un rôle actif au sein de la direction de Hapoel Hatzair, ce qui impact fortement son statut d'homme publique, et marque son ascension dans le mouvement ouvrier en Israël. En juillet 1918, vers la fin de la guerre, Eshkol, contrairement à la décision de son parti, s'engagea dans la Légion juive de l'armée britannique. Il servit jusqu'à l'été 1920. Cette même année, il participe à la fondation de : Degania , le premier kibboutz situé près du lac Kinneret, La Histadrout , la Fédération générale des travailleurs d’Israël, La Haganah , l’organisation de défense principale du Yichouv, ancêtre de Tsahal. En 1922, Eshkol est nommé à trois postes majeurs : Membre du Conseil de la Histadrout (21 membres dirigés par Ben-Gourion), Membre du Comité exécutif de la Histadrout (7 membres), Représentant de Hapoel Hatzair au sein du conseil exécutif du "Centre Agricole" (organisation formée pendant la période du Yishouv, servant d'entité collective à la fois pour les travailleurs des colonies et pour ceux impliqués dans l'éducation agricole). Il milite pour la création d’une compagnie nationale des eaux, ce qui mène à la fondation de Mekorot en février 1937, dont il assure la direction jusqu’en 1951. Sous son impulsion, l’entreprise développe des réseaux de distribution jusqu’au désert du Néguev. En 1947, plus de 200 km de conduites d’eau sont opérationnels. Entre 1940 et 1948, il siège au haut commandement de la Haganah et gère la trésorerie. Il est actif dans l’acquisition d’armes avant et pendant la guerre d’indépendance. De 1942 à 1944, il est secrétaire général du Mapai ( parti politique socialiste démocratique en Israël, qui était la force dominante dans la politique israélienne jusqu'à sa fusion avec le Parti travailliste israélien moderne en 1968). En 1947, sur demande de Ben-Gourion, il dirige le centre national de recrutement qui participe à la création des Forces de Défense israéliennes (Tsahal). Il devient ensuite directeur général du ministère de la Défense entre mai 1948 et janvier 1949. Durant la période d'immigration massive vers l'État d'Israël (1949-1950), Eshkol dirigea le Département des implantations de l'Agence juive. À ce titre, il supervisa la création de 371 nouvelles colonies et l'expansion d'une soixantaine d'autres. Élu à la Knesset en 1951 sous l’étiquette Mapai, il est ministre de l’Agriculture pendant un an. En 1952, il devient ministre des Finances, poste qu’il occupe pendant douze ans, et en 1954, il fait voter la loi établissant la Banque d’Israël. En 1961, Ben Gourion demanda à quitter son poste de Premier ministre et recommanda Eshkol comme successeur. Le parti Mapaï le força à rester. Ben Gourion continua de diriger Mapaï lors des élections législatives de 1961, mais peina à former une coalition, et s'appuya donc sur les négociations d'Eshkol avec les partis rivaux. Lorsque Ben Gourion démissionna en juin 1963, Eshkol fut élu président du parti par un large consensus et nommé Premier ministre. Eshkol forme ainsi le 12e gouvernement d'Israël, en 1963. Pendant son mandat, Levi Eshkol : Lance officiellement la Compagnie nationale des eaux, Rapatrie les dépouilles de Ze’ev Jabotinsky et de son épouse pour les inhumer sur le Mont Herzl, Établit des relations diplomatiques avec l’Allemagne de l’Ouest (1965) et des liens culturels avec l’URSS, facilitant ainsi l’alyah des Juifs soviétiques, Devient le premier Premier ministre israélien reçu en visite d’État officielle aux États-Unis (mai 1964), Obtient le soutien politique et militaire américain avant la guerre des Six Jours (juin 1967), Met fin au gouvernement militaire imposé aux Arabes israéliens et introduit une politique de conciliation envers les partis rivaux (Le gouvernement militaire sur les Arabes israéliens était un gouvernement militaire que l'État d'Israël contrôlait sur les colonies arabes sur son territoire, à partir de 1948 jusqu'à son abolition en 1966). Adopte une politique d’ouverture envers les partis rivaux. Dirige le gouvernement israélien pendant et après la guerre des Six Jours. Avant la guerre des Six Jours, une crise de leadership éclata. Sous la pression, le Premier ministre Eshkol nomma Moshe Dayan, issu du parti Rafi, au poste de ministre de la Défense, et forma un gouvernement d’union nationale. Cette coalition politique incluait le parti Herout de Menahem Begin, un important mouvement conservateur et nationaliste qui fusionna plus tard avec le Likoud en 1988. A jeté les bases de l'Alignement* (HaMa'arakh) en 1965 et a créé le deuxième alignement en 1968. Levi Eshkol meurt d’une crise cardiaque en février 1969, alors qu’il est toujours Premier ministre. Il est enterré au Mont Herzl, devenant le premier chef de gouvernement à être inhumé dans le carré des Grands de la Nation. *Le premier Alignement fut une alliance entre le Mapaï et l'Ahdut HaAvoda en 1965. Les deux partis continuèrent d'exister indépendamment, mais présentèrent des listes électorales communes. Souvent appelée « Alignement travailliste », cette alliance dura trois ans jusqu'à sa fusion avec Rafi en 1968, donnant naissance au Parti travailliste israélien unifié. Sources: https://en.wikipedia.org/wiki/Levi_Eshkol https://main.knesset.gov.il/about/commemoration/pages/eshkol.aspx
- Menachem Begin
1913 - 1992. Menachem Begin était un commandant clandestin, un chef de l’opposition et le sixième Premier ministre d’Israël. Menachem Begin en 1978. Source : USAF, domaine public En tant que l’un des dirigeants juifs les plus remarquables du XXe siècle, sa vie a suivi la trajectoire des épreuves et des succès du peuple juif dans son exil et son retour à Sion. Né en 1913 à Brest (Brisk), alors en Russie, plus tard en Pologne et aujourd’hui en Biélorussie, il grandit dans une famille juive traditionnelle ouverte sur le monde autour d'elle. Son père, Ze'ev Dov, était secrétaire de la communauté juive locale. Sa mère, femme au foyer, éleva leurs trois enfants : Menachem, un frère disparu pendant la Shoah, et une sœur réfugiée en Ouzbékistan. Sa mère fut assassinée par les nazis à l’hôpital, et son père noyé dans la rivière Boug, des pierres attachées à son coup. Dès son jeune âge, Begin s’engagea dans le sionisme. Après un passage par le mouvement socialiste HaShomer Hatzaïr, il rejoignit Betar peu après sa Bar Mitzvah. Un an plus tard, il rencontra Ze'ev Jabotinsky, le chef du sionisme révisionniste. Parallèlement à ses études de droit à Varsovie, Begin devint un cadre influent de Betar. En 1939, il fut nommé chef du mouvement en Pologne, fort de dizaines de milliers de membres. Selon le journaliste Eli Lake, l’un des piliers de la pensée de Betar qui façonna Begin fut le concept de hadar , un mot hébreu signifiant dignité, honneur et respect de soi. Les Juifs ne devaient plus être spectateurs passifs de leur propre humiliation ; le "Juif nouveau" devait être fier et riposter. Au début de la Seconde Guerre mondiale, Menachem et sa femme, Aliza, s'enfuirent vers l'est, à Vilnius, mais un an plus tard, il fut arrêté par le régime soviétique . Accusé d’activités contre-révolutionnaires en tant que sioniste, il passa un an en détention, notamment au goulag de Pechora. Libéré après l’invasion allemande de l’URSS, il rejoignit l’Armée d’Anders (forces polonaises) et, avec ses troupes, arriva en Terre d’Israël sous mandat britannique en avril 1942, retrouvant sa femme. En décembre 1943, Begin fut nommé commandant de l’Irgun, groupe clandestin armé opposé aux Britanniques. Pendant plus de quatre ans, il mena la lutte tout en vivant dans la clandestinité, changeant fréquemment d’identité car pourchasé par les forces du Mandat Britannique. Sa stratégie, selon le professeur David Charters, visait à affaiblir simultanément la domination britannique en Palestine et à promouvoir l’image ainsi que le message de l’Irgoun. Chaque opération portait un coup supplémentaire au prestige britannique, tout en renforçant la réputation de l’Irgoun. Suite à la campagne de résistance armée, renforcée par les actions de la résistance du Lechi et du Palmach, ainsi que par l'immigration clandestine par bateaux, les Britanniques se tournèrent vers l'ONU pour se décharger de la responsabilité du Mandat. Des opérations telles que l'attentat à la bombe contre l'hôtel King David (le 22 juillet 1946), l'évasion de la prison d'Acre, la pendaison de deux sergents britanniques et les attaques contre des camps militaires et des postes de police, entre autres, rendirent la gouvernance du régime britannique impossible. Avec la création de l'État d'Israël, l'incident du navire Altalena en juin 1948 faillit compromettre la stabilité du nouveau gouvernement : David Ben Gourion renia un accord sur la distribution d'armes conclu avec l'Irgoun, mais Begin ordonna à ses hommes de ne pas s'engager dans des troubles civils. Il dirigea le Herut, principal parti d'opposition à l'hégémonie du Mapaï. En 1967, à la veille de la guerre des Six Jours, il rejoignit une coalition d'unité nationale, mettant fin à son ostracisme. Il resta ministre jusqu'en 1970, date à laquelle il démissionna après que le gouvernement eut accepté un compromis avec l'Égypte, acceptant le plan Rodgers. Finalement, en 1977, le nouveau bloc politique dirigé par Begin, le Likoud, remporta la majorité des sièges à la Knesset et forma un gouvernement. Begin fut Premier ministre jusqu'à sa démission à l'automne 1983. Durant cette periode il occupra d'autres postes ministériels Parmi ses accomplissements, on compte le bombardement du réacteur nucléaire irakien, le Projet Renouveau pour la réhabilitation des quartiers défavorisés, un traité de paix avec l'Égypte qui lui a valu le prix Nobel de la paix, des réformes dans le domaine intérieur, la suppression des frais de scolarité dans l'enseignement secondaire et, entre autres, l'introduction d'un système national de soutien au revenu. Une tendance s'est amorcée qui a poussé Israël vers une économie plus capitaliste. Après un an de guerre au Liban et le décès de son épouse, Begin se retira de la vie politique en septembre 1983. Il vécut ensuite dans une réclusion jusqu’à sa mort en mars 1992. Il reste dans les mémoires comme un homme d’État profondément "juif", intègre, défenseur inflexible de la sécurité d’Israël, respectueux des traditions juives comme des droits civils des minorités. Lectures recommandées : Menachem Begin, " La révolte" Menachem Begin, "Nuits blanches" Daniel Gordis, Menachem Begin: "The Battle for Israel's Soul" Yehuda Avner, "The Prime Ministers" Harry Hurwitz and Yisrael Medad, "Peace in the Making: the Begin-Sadat Correspondence" Article rédigé par Yisrael Medad, Journaliste israélien et ancien directeur des programmes éducatifs au Centre du patrimoine Menachem Begin, Jérusalem. Blog personnel : myrightword.blogspot.com
- Herbert Samuel
1870 - 1963. Herbert Louis Samuel, 1er vicomte Samuel, fut le premier Haut-Commissaire britannique en Palestine, chargé de l’administration du territoire entre 1920 et 1925. Herbert Samuel, circa 1916. Source: npg.org.uk . Issu d’une famille juive orthodoxe, Herbert Samuel abandonna la pratique religieuse, mais resta profondément engagé dans les questions communautaires juives. Il fut le premier Juif à occuper un poste ministériel au Royaume-Uni et dirigea même le Parti libéral britannique entre 1931 et 1935. Un mois après l’entrée en guerre du Royaume-Uni contre l’Empire ottoman en novembre 1914, Samuel rencontra Haïm Weizmann, futur président d’Israël. Ce dernier rapporta dans ses mémoires que Samuel était déjà un fervent partisan du sionisme. Bien qu’il ne dévoilât pas ses projets en détail, Samuel évoqua la nécessité pour les Juifs de construire des chemins de fer, des ports, des écoles, une université et, peut-être, un Temple dans une version "modernisée". En 1915, il soumit à ses collègues du gouvernement un mémorandum intitulé "L’avenir de la Palestine", dans lequel il suggérait que la Grande-Bretagne conquière la Palestine pour protéger le canal de Suez et y établir un foyer national juif. Ce texte influencera plus tard la Déclaration Balfour. Voici quelques repères chronologiques pour mieux situer sa nomination : Décembre 1917 : Le général britannique Allenby entre à Jérusalem. Octobre 1918 : Les forces britanniques prennent le contrôle de toute la Palestine, une administration militaire est instaurée. 25 avril 1920 : La Conférence de San Remo confie officiellement le mandat sur la Palestine au Royaume-Uni. 1er juillet 1920 : Herbert Samuel établit un gouvernement civil. Herbert Samuel devint ainsi le premier Juif à gouverner la Terre d’Israël depuis deux mille ans. Sa nomination fut accueillie chaleureusement par les Juifs en Terre d'Israël. Vous pouvez le voir au début de cette vidéo. Cependant, sa désignation fut controversée. Si les Juifs s’en réjouirent, l’administration militaire dirigée par Allenby la qualifia de "hautement dangereuse". Le sujet fut même débattu à la Chambre des Lords jusqu’à la veille de son arrivée. Trois mois plus tard, The Morning Post écrivait : "La nomination de Sir Herbert Samuel comme Haut-Commissaire est considérée par tous, sauf les Juifs, comme une grave erreur." En tant que Haut-Commissaire, Samuel tenta de jouer un rôle de médiateur entre les intérêts sionistes et arabes, cherchant à rassembler toutes les parties sous l’égide britannique. Ainsi, Il : œuvra pour réduire le rythme de l’immigration juive afin de gagner la confiance de la population arabe ; tenta d’impliquer les Arabes dans les affaires du mandat et de protéger leurs droits civils et économiques, sans toutefois leur donner de pouvoir pouvant freiner l’immigration ou l’achat de terres par les Juifs ; nomma le chef religieux musulman, le Grand Mufti de Jérusalem, Haj Amin al-Husseini, connu pour son nationalisme arabe radical ; fut appelé à la Torah à la synagogue Hurva, dans la Vieille Ville de Jérusalem ; reconnut l’hébreu comme langue officielle aux côtés de l’arabe et de l’anglais, après avoir été convaincu par Eliezer Ben-Yehuda ; projeta de créer 300 écoles de village en quatre ans, projet interrompu par une crise financière ; a créé un Département des Postes et Télégraphes qui a remplacé les services postaux ottomans et étrangers qui existaient avant la Première Guerre mondiale; poursuivit les travaux routiers engagés sous l’Empire ottoman, faisant des routes l’infrastructure principale du transport en Palestine. Pendant son mandat, fut publié le Livre blanc de Churchill (1922), qui confirmait le soutien britannique à un foyer national juif, tout en restreignant l’immigration juive et les achats de terres selon les capacités économiques de la région à accueillir les nouveaux venus. Il soulignait aussi la nécessité de garantir les droits des communautés non juives en Palestine mandataire. Ce document joua un rôle important dans l’évolution politique du territoire. Son impact sur la situation actuelle en Palestine fait encore débat, et de nombreux sionistes furent finalement déçus par Samuel, qui, selon eux, ne répondait pas aux attentes élevées qu'ils avaient placées en lui. En 1925, Herbert Samuel retourna en Grande-Bretagne et s'occupa des affaires politiques locales. Samuel était convaincu d'avoir posé les bases du développement de la société moderne. Mais le manque d'argent freina nombre de ses projets. Il fut remplacé par Lord Plumer. Sources: https://en.wikipedia.org/wiki/Herbert_Samuel,_1st_Viscount_Samuel https://www.jewishvirtuallibrary.org/the-arrival-of-sir-herbert-samuel-first-british-high-commissioner-in-palestine https://catalog.archives.gov.il/en/exhibition/herbert-samuel-and-the-british-mandate-for-palestine-the-formative-years/#
- Israël Gruzenberg
1866 - 1940. Israël Gruzenberg fut avocat juif en Russie et défenseur des droits de la communauté juive. Israël Gruzenberg, entre 1900 et 1910. Source : Wikipédia, domaine public. Né dans l'Ukraine d'aujourd'hui, il poursuivit des études de droit à l’Université de Kiev et participa à plusieurs procès importants concernant des affaires juives. Il devint particulièrement célèbre pour son leadership au sein de l’équipe de défense lors du procès Menahem Mendel Beilis en 1913, aux côtés du rabbin Yaakov Mazeh et avec le soutien du mouvement sioniste dirigé par Leo Motzkin. Militant politique en Russie, il était affilié au Parti démocrate. Suite à la déclaration Balfour, ses convictions s’orientèrent vers le sionisme et il fut élu représentant d’Odessa à l’Assemblée constituante au nom du "Bloc sioniste". Quittant la Russie en 1921, en pleine montée du régime soviétique après la Révolution d'Octobre (1917) et la guerre civile, il s'installa à Berlin. Plus tard, en 1926, il s'installa à Riga, en Lettonie, où il participa à des activités publiques et servit de représentant de l'Agence juive en Lettonie en 1929. Ensuite, il s'installa à Nice, en France, en 1932, où il vécut jusqu'à sa mort en 1940. Dans son testament, il exprima son souhait d'être enterré en Terre d'Israël, souhait exaucé en 1950 lorsqu'il fut inhumé au cimetière Trumpeldor de Tel-Aviv. Des rues de Tel-Aviv, de Jérusalem et d'autres villes furent nommées en son honneur.
- Moshé Kassirer
Moshé Kassirer est un artiste israélien reconnu pour son approche singulière mêlant naturalisme, symbolisme culturel et techniques artistiques contemporaines. À travers ses peintures, il explore avec subtilité la vie en Galilée, la société israélienne et la relation complexe entre l’humanité et la nature. Cliquez ici pour découvrir ses œuvres ! Né en 1967 à Netanya, Kassirer grandit dans un environnement urbain moderne, marqué par la technologie et la société de consommation. Il suit une formation artistique rigoureuse : peinture à l’Institut Avni d’art de Tel Aviv, puis cinéma à l’école Camera Obscura. Il se perfectionne également aux côtés d’artistes israéliens renommés comme Naftali Golomb, et plus tard auprès de peintres internationaux tels que Don Jusko et Robert Bosler. Sa formation artistique lui a apporté des techniques à la fois classiques et contemporaines, posant les bases de son exploration de divers médiums. En 2003, Kassirer s'installe à Yodfat, en Galilée. Ce déménagement inspire une nouvelle orientation dans son travail, déplaçant son sujet vers la beauté naturelle et la vie agricole de la région. Son art reflète à la fois son lien profond avec la terre, ainsi que ses observations de la constante évolution de la société israélienne. À travers ses peintures, Kassirer aborde l'impact de la modernisation, de l'industrialisation et du mondialisme sur la relation de l'humanité avec la nature. Moshe Kassirer, "Zeitim BaGiv'a" ("Olives in the hill"). 2010. 92/122. Collection Privée. Ses œuvres abordent souvent des thèmes du travail manuel, comme les agriculteurs travaillant la terre, et des scènes agricoles saisonnières, comme la récolte des olives. Ces représentations évoquent la nostalgie d'une époque plus simple, où l'humanité et la nature étaient plus harmonieusement liées. Dans nombre de ses œuvres, Kassirer utilise l'échelle comme symbole, symbolisant le lien entre les mondes matériel et spirituel, et la quête de sens de l'humanité dans un monde complexe et souvent destructeur. La technique de Kassirer se distingue par sa superposition de peintures opaques et transparentes, qui ajoutent texture et profondeur à ses œuvres. Son utilisation de couleurs vives et de formes abstraites confère à ses œuvres un caractère onirique. Ses peintures intègrent également des éléments historiques, culturels et spirituels, faisant référence à l'histoire d'Israël, à la tradition juive et à des récits mythologiques plus larges, tout en abordant des questions contemporaines telles que la dégradation de l'environnement, l'identité et la coexistence. Tout au long de sa carrière, Kassirer a exposé à de nombreuses reprises, en Israël et à l'international. Ses œuvres ont été présentées dans de nombreuses expositions individuelles et collectives, ce qui lui a valu une reconnaissance critique pour sa capacité à allier thèmes personnels et politiques. Kassirer est également membre de l'Association des Peintres et Sculpteurs Israéliens et a reçu la prestigieuse bourse de la America-Israel Cultural Foundation . Article écrit par Ava Carmel Créatrice de musique, artiste et écrivaine Instagram: @avacarmel Site: avacarmel.com Source: https://www.kassirer.co.il/english










