Yaïr Garbuz
- My Old New Land

- 12 mai 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 mai
Yair Garbuz (1945–2026) était un artiste, auteur et humoriste israélien - et l'une des voix culturelles les plus influentes et provocatrices du pays.

Depuis ses débuts en 1967, les œuvres de Garbuz ont été exposées dans des dizaines d'expositions (individuelles et collectives) en Israël et à l'étranger. Ses œuvres sont disponibles sur le lien suivant.
C'est à la faculté d'art "HaMidrasha", où il a enseigné de 1973 à 2009, qu'il a forgé une partie de son identité intellectuelle et artistique. Dès les années 1970, il travaillait déjà dans de nombreux médias différents, évoquant la politique et l'auto-dérision avec une liberté de ton qui allait devenir sa marque de fabrique.
Plus qu'un artiste, il était un intellectuel public acéré dont le travail exposait les tensions et contradictions les plus profondes de la société israélienne - la friction entre les identités séculières et religieuses, le centre et la périphérie, et le poids lourd de la mémoire face à la modernité.
Cette même liberté de ton se retrouve dans son livre "Toujours Polonais" ("Tamid Polani" - 1989), un recueil adapté de ses notes humoristiques publiées dans la presse, puisant dans sa vie personnelle pour raconter sa famille polonaise, le kibboutz et les petites absurdités du quotidien. Le succès de l'ouvrage lui ouvre de nouveaux horizons : Garbuz s'accorde une année sabbatique de six mois à Paris, une expérience qui influencera durablement sa trajectoire artistique.
De retour en Israël, sa présence dans la vie culturelle et institutionnelle du pays ne se dément pas. En septembre 2009, il prête à la Knesset deux tableaux de son œuvre, exposés dans le bureau du président de la Knesset, Reuven Rivlin - une reconnaissance discrète mais symbolique de sa place dans le paysage culturel national.
C'est pourtant en 2015 que Garbuz s'impose définitivement comme une figure de la controverse. Lauréat du Prix Rappaport cette année-là - vidéo de présentation disponible ci-dessous - il prononce cette même année un discours retentissant à la Place Rabin à Tel Aviv.
En questionnant comment une minorité d'"embrasseurs d'amulettes et d'adorateurs d'idoles" en était venue à "contrôler la majorité," il déclenche une tempête nationale. Le discours (vidéo Youtube) cristallise le fossé entre la gauche ashkénaze séculière et la droite traditionnelle, majoritairement mizrahi, et de nombreux observateurs considèrent qu'il a influencé l'issue des élections de la vingtième Knesset en 2015. Il devient le symbole d'un décalage culturel profond au sein du pays.
Ce discours est connu sour le nom du discours des "baisers aux amulettes".
"L'art israélien ne perd pas de temps avec des futilités."
Cette phrase, lapidaire, résume peut-être mieux que tout l'état d'esprit de Garbuz. Dans cette vidéo de 2017, on peut voir ses explications sur son exposition au Musée d'Art de Tel Aviv, ainsi que la controverse autour de sa candidature au Prix Israélien, alimentée par son soutien affiché au parti Meretz.
Qu'il soit perçu comme un satiriste courageux ou un élitiste condescendant, Garbuz a forcé la société israélienne à confronter des vérités inconfortables. Son œuvre reste un prisme essentiel pour quiconque cherche à lire les couches culturelles et politiques profondes d'Israël — et à aller, enfin, au-delà des clichés.
*The Rappaport Award is an award in the name of Ruth and Baruch Rappaport, awarded by "The Bruce and Ruth Rappaport Foundation", giving recognition to Science, arts and female action in Israeli society:



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