Charles Netter
- My Old New Land
- 24 juin
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1826 - 1882.
Charles Netter fut un homme d'affaires français et l’un des membres fondateurs de l’Alliance Israélite Universelle (AIU). Il est surtout connu pour avoir fondé Mikvé Israël, la première école agricole juive moderne en Terre d’Israël.

Né à Strasbourg en 1826 dans une famille de tradition rabbinique, Netter suivit un parcours éducatif entre Strasbourg, Belfort, puis dans le monde des affaires à Londres, Moscou et Lille, avant de s’installer à Paris.
En mai 1860, dans un contexte de montée de l’antisémitisme (notamment l’affaire de Damas, au cours de laquelle Moïse Montefiore intervint pour libérer des Juifs faussement accusés du meurtre d’un moine chrétien), Netter s’associa à cinq autres personnalités pour créer l’Alliance Israélite Universelle.
L’un des objectifs de cette organisation était de "Rassembler tous les cœurs généreux pour lutter contre la haine et les préjugés. Créer une société de jeunes israélites idéalistes et militants qui se sentiraient solidaires de tous ceux qui souffrent par leur condition de juifs ou tous ceux qui sont victimes de préjugés quelle que soit leur religion. Faire enfin que la culture supplante l’ignorance de quelques fanatiques, pour le bien de tous ".*
La devise de l’AIU est "Kol Israël Arevim Zeh Lazeh" - "Tous les Juifs sont responsables les uns des autres." Découvrez l’article dédié à cette devise et à son influence sur la société israélienne.
Netter fut nommé secrétaire général de cette organisation naissante.
Mikvé Israël : un projet éducatif et agricole visionnaire
En 1868, Netter entreprit son premier voyage en Terre d’Israël, envoyé par l’AIU pour évaluer la situation des communautés juives locales. Face à ses constats, il plaida en faveur de la création d’une école agricole destinée à instruire les jeunes Juifs et à leur assurer une autonomie économique.
En 1870, Mikvé Israël vit le jour. Mais les débuts furent semés d’embûches :
L’idée même d’une école agricole juive en Terre d’Israël était novatrice et suscita des suspicions.
Certains voisins arabes, craignant la concurrence, envahirent les terres, les sabotèrent ou volèrent du matériel.
Il était difficile de recruter des enseignants qualifiés, tant localement qu’à l’étranger.
Le métier d’agriculteur jouissait d’un faible statut social dans la région.
Les Juifs du "Vieux Yishouv" s’inquiétèrent que ce projet détourne les fonds de la Halouka (soutien financier aux institutions religieuses traditionnelles) et prononcèrent un herem (interdit religieux), accusant l’école d’être trop laïque.
Le nom de Mikvé Israël est tiré d’un verset du Livre de Jérémie (17:13) :
"O Eternel, toi l'espoir d'Israël (Mikve Israel - מִקְוֵה יִשְׂרָאֵל), tous ceux qui t'abandonnent seront couverts de honte. Oui, ceux qui se détournent de moi vont à leur perte, parce qu'ils ont abandonné la source des eaux vives qu'est l'Eternel."
Netter dirigea l’école jusqu’en 1873. Il y investit ses propres fonds et mobilisa d'autres mécènes (dont Edmond de Rothschild et Adolphe Crémieux) pour assurer la survie du projet.
Malgré les épreuves, il réussit à consolider l’établissement. Mais sa santé se détériorant, il dut retourner en Europe sur recommandation médicale.
De retour en France, il demeura actif au sein de l’AIU : il se consacra à la défense des communautés juives au Maroc et facilita l’émigration de réfugiés juifs russes vers l’Amérique du Nord.
En 1882, Netter soutint l’arrivée des Biluim en Terre d’Israël et joua un rôle central dans l’éducation des pionniers de la Première Alyah.
Mais lors d’une visite à Mikvé Israël cette même année, il décéda soudainement à Jaffa, le 2 octobre. Il fut enterré dans l’enceinte de Mikvé Israël. Sa tombe y demeure, témoignage de son engagement visionnaire.
Son héritage perdure à travers plusieurs rues portant son nom à Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem. De plus, le moshav Kfar Netter, fondé en 1939 par d’anciens élèves de Mikvé Israël, perpétue sa mémoire.
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