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Dans l’ombre de l’histoire : le rabbin Yehouda Margoza

Dernière mise à jour : il y a 5 jours

Le cimetière juif de Jaffa passe inaperçu pour la plupart des visiteurs, et même pour ses propres habitants. Son fondateur reste, lui aussi, quelque peu "caché" derrière le nom de la célèbre rue "Yehuda Margoza". En réalité, il s'agit de Yehuda Mé Raguza - c’est-à-dire Yehuda de la ville de Raguza, l'actuelle Dubrovnik en Croatie.


Pourtant, le rabbin Yehuda Halevi de Raguza (1783-1882) fut un personnage non seulement érudit et charismatique, mais aussi profondément original et inspirant.


Rabbin Yehouda Margoza en 1873. Domaine Public.
Rabbin Yehouda Margoza en 1873. Domaine Public.

Un tournant pour la communauté de Jaffa

Né à Sarajevo, il étudie à Raguza avant de partir à 18 ans pour la Terre d'Israël, où il devient rabbin. Son destin bascule lorsqu’il est nommé rabbin de Jaffa en 1825. Il y découvre alors une petite ville de quelques milliers d’habitants, abritant une minuscule communauté juive dont il va transformer radicalement les habitudes.


Il remarque, par exemple, que pour des raisons floues - apparemment liées à une interprétation de la Halakha (la loi juive) - les Juifs de la ville transportent leurs morts jusqu'à Jérusalem pour les enterrer.


Le nouveau rabbin démontre alors qu'aucune interdiction religieuse n'empêche la communauté d'avoir son propre lieu de repos. En 1834, il fonde officiellement le cimetière de Jaffa, offrant ainsi à une communauté en pleine croissance une raison supplémentaire de s’enraciner durablement.


Un leader polyglotte et visionnaire

Véritable pilier de la cité, Yehuda Mé Raguza s'attire le respect de tous - Juifs, Chrétiens et Musulmans - grâce à sa personnalité et sa maîtrise de six langues : l’hébreu, l’arabe, le serbe, le turc, le français et le ladino.


Pour sa propre communauté, il accomplit un tour de force : il met en place l'Assemblée de Jaffa, réunissant Séfarades et Ashkénazes. Sous son impulsion, l’école pour garçons de l’Alliance Israélite Universelle (Kol Israel Haverim) ouvre ses portes à Jaffa en 1868. Véritable institution de haut niveau, elle a propulsé toute une génération de jeunes Juifs à Jaffa, avec Haïm Amzalg à sa tête comme premier président.


Un homme d’action du Yishuv

Entrepreneur pour la ville, il le sera aussi à son compte. Précurseur et adepte du sionisme politique, il s'oppose au système de la Halouka (subventions étrangères pour les populations juives en Terre d'Israël) et décide de prêcher par l'exemple. C'est dans cette optique qu'il achète un terrain pour y planter, de ses propres mains, un verger d'orangers.


Si vous traversez aujourd'hui le quartier Montefiore à Tel-Aviv (situé entre les avenues Hashalom et Yitshak Sade), ayez une pensée pour le rabbin Yehuda : c'est précisément là que se trouvait son exploitation avant qu'il ne la vende à Sir Moïse Montefiore.


Aujourd'hui, c'est sur sa tombe que vous pouvez rendre hommage à cette figure extraordinaire qui a façonné le visage de la ville. Le cimetière est généralement ouvert au public tous les jeudis matin.


Article écrit par Catherine Said

Guide touristique certifiée en Israël, après une carrière scientifique.

Créatrice du parcours en douze étapes «Histoires insolites de Jaffa»

Elle propose une lecture du pays à la croisée de l’histoire, de la société, de l’environnement et des réalités contemporaines.

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