Comprenez l'Israël d'aujourd'hui.
Résultats
Search this site
159 résultats trouvés avec une recherche vide
- Histoire: "Notes des Archives Municipales"
Une nouvelle de Yonathan Raz Portugali - A Short Story Project L'histoire En 1999, le père du narrateur s’installe dans un petit studio à Bat Yam pour se consacrer à l’écriture d’un roman sur l’histoire familiale, avant d’abandonner le projet quelques mois plus tard. Pendant cette période, le narrateur se souvient d’une conversation entre ses parents sur la question de leur postérité : le père rêvait d’écrire un grand roman israélien, tandis que la mère était convaincue que ses publications dans des magazines professionnels suffiraient à laisser son nom dans l’histoire. Des années plus tard, le narrateur découvre aux Archives municipales de Tel-Aviv une série de documents révélant une longue querelle opposant sa mère à la famille S., leurs voisins à Jaffa. Ce conflit, qui s’étend sur plusieurs décennies, avait débuté à propos de travaux de rénovation dans la maison où le narrateur avait grandi, et s’était aggravé lorsque la mère avait secrètement acheté une pièce que la famille S. convoitait pour leur fille. Cette trahison avait nourri les tensions, entraînant de nombreuses plaintes et batailles juridiques, jusqu’à des disputes sur un climatiseur et l’appropriation d’espaces communs. Malgré le conflit, les relations entre les deux familles étaient nuancées, ponctuées de gestes de bienveillance au milieu de la rivalité. Toutefois, lorsque la génération suivante de la famille S. prit le relais, la querelle se radicalisa, dégénérant en harcèlements et en actes de sabotage matériel. En repensant à ces événements, le narrateur réalise combien son enfance atypique – notamment la cohabitation avec un locataire âgé dans leur logement – a influé sur sa capacité à s’adapter à de nouvelles situations et sur son choix, plus tard, de devenir un lecteur attentif, préférant observer plutôt que de participer aux conflits qui l’entourent. Pour lire l’histoire complète- en anglais, cliquez ici ! Pourquoi cette histoire mérite-t-elle d’être lue, et que nous apprend-elle sur Israël aujourd’hui ? Cette histoire mérite d’être lue car elle offre un aperçu précieux de la vie à Jaffa dans les années 1980. Elle dresse le portrait d’une mosaïque d’Israéliens, incluant des olim (immigrants) de première et de deuxième génération, ainsi que divers profils de militants de droite, affiliés à des partis politiques comme le Makh’al ou Kach. Elle évoque aussi la variété des métiers exercés à l’époque, des couturières aux vendeurs de vêtements pour enfants. De plus, le récit éclaire l’évolution des bâtiments historiques de Jaffa, depuis le début du XXe siècle jusqu’à nos jours, en montrant les transformations dans la propriété et l’architecture. Chaque génération y a laissé son empreinte, modifiant ou rénovant ces structures pour les adapter à son époque. À propos du Short Story Project Le Short Story Project est une plateforme dédiée à la promotion de la lecture et de la littérature. Nous proposons une sélection de nouvelles venues du monde entier, sous forme écrite et audio. En phase avec la culture de l’instantanéité et la digitalisation actuelle, le site entend séduire un jeune public grâce à la littérature courte et offrir à tous une nouvelle façon de renouer avec la lecture. La collection s’étend des classiques aux œuvres les plus contemporaines ; chaque nouvelle est présentée dans sa langue d’origine et traduite de plus de 40 langues vers l’anglais.
- Histoire: "Vers Jaffa"
Une nouvelle d’Ayman Sikseck - A Short Story Project L'histoire La nouvelle suit un étudiant arabe, en route en bus de Jaffa vers Jérusalem, absorbé par ses pensées et ses observations. Il consigne minutieusement des détails apparemment banals dans son carnet, mais son esprit dérive vers des scénarios sombres et imaginaires, où il visualise un attentat terroriste visant un bus voisin rempli de soldats. Au fil de son écriture, son anxiété grandit et il se détache peu à peu de la réalité. Il finit même par donner un titre à ses pensées, avant qu’un appel téléphonique de sa mère ne vienne interrompre son flot intérieur. L’histoire se conclut sur un sentiment de légèreté et de déconnexion, alors qu’il se perd complètement dans son imagination. Pour lire l’histoire complète - en anglais, cliquez ici ! Pourquoi cette histoire mérite-t-elle d’être lue, et que nous apprend-elle sur Israël aujourd’hui ? Cette nouvelle vaut la peine d’être lue car elle offre une plongée profonde et troublante dans l’impact psychologique de la vie au sein d’une société marquée par le conflit, comme Israël. Le flot de conscience du protagoniste, imprégné d’angoisse et de fantasmes sombres, reflète la peur diffuse et la tension constante qui peuvent s’insinuer dans la vie quotidienne dans un tel environnement. Ses pensées, à la fois désordonnées et intimement liées à la réalité de la violence, illustrent comment la menace permanente du terrorisme et du conflit façonne l’état d’esprit des individus, même dans des situations banales comme un trajet en bus. En immergeant le lecteur dans le monde intérieur du protagoniste, l’histoire offre un éclairage sur l’expérience israélienne au sens large, où la frontière entre la vie ordinaire et la possibilité d’une violence soudaine est souvent floue. Elle révèle comment vivre sous l’ombre du conflit affecte non seulement les espaces publics et les mesures de sécurité, mais aussi la vie privée et intérieure des personnes. Ce récit aide à comprendre le poids mental et émotionnel que portent ceux qui vivent dans la société israélienne, où la peur des attaques et la complexité des questions d’identité et de sécurité sont omniprésentes. À propos du Short Story Project: Le Short Story Project e st une plateforme dédiée à la promotion de la lecture et de la littérature. Nous proposons une sélection de nouvelles venues du monde entier, sous forme écrite et audio. En phase avec la culture de l’instantanéité et la digitalisation actuelle, le site entend séduire un jeune public grâce à la littérature courte et offrir à tous une nouvelle façon de renouer avec la lecture. La collection s’étend des classiques aux œuvres les plus contemporaines ; chaque nouvelle est présentée dans sa langue d’origine et traduite de plus de 40 langues vers l’anglais.
- Histoire: "Les Voir Découvrir la Mer"
Une nouvelle d’Ilana Hammerman - A Short Story Project L’Histoire La nouvelle retrace le parcours d’une femme et de quatre enfants issus d’un village arabe des territoires disputés, lors de leur première sortie à la plage. Malgré la peur des postes de contrôle militaires et les dures réalités de leur quotidien, ils découvrent la mer pour la première fois. La femme les surveille attentivement, méditant sur la portée de cette sortie dans des vies marquées par la contrainte. Le récit met en lumière le contraste entre les rares instants de joie pure des enfants et la dureté de leur réalité. Pour lire l’histoire complète - en anglais, cliquez ici ! Pourquoi cette histoire mérite-t-elle d’être lue, et que nous apprend-elle sur Israël aujourd’hui ? Cette histoire vaut la peine d’être lue car elle offre une exploration poignante de la vie d’enfants vivant sous le joug du conflit, et des rares moments de bonheur et de normalité auxquels ils ont droit. Elle souligne le fossé entre leurs luttes quotidiennes et l’échappée belle que représente une simple journée à la mer. L’attention minutieuse de la femme et les réactions des enfants témoignent de l’impact émotionnel profond de telles expériences. Comprendre Israël contemporain à travers ce récit implique de prendre la mesure du contexte sociopolitique complexe dans lequel ces enfants grandissent. L’histoire illustre les tensions et les restrictions imposées par le conflit en cours, ainsi que leur influence sur la vie quotidienne, notamment pour ceux qui vivent dans des zones sensibles. En capturant ces instants éphémères de bonheur chez les enfants et les réflexions de la femme, la nouvelle aide le lecteur à appréhender les dimensions émotionnelles et psychologiques de la vie dans une région marquée par le conflit. À propos du Short Story Project Le Short Story Project est une plateforme dédiée à la promotion de la lecture et de la littérature. Nous proposons une sélection de nouvelles venues du monde entier, sous forme écrite et audio. En phase avec la culture de l’instantanéité et la digitalisation actuelle, le site entend séduire un jeune public grâce à la littérature courte et offrir à tous une nouvelle façon de renouer avec la lecture.
- Bilu
Acronyme : Beit Ya'akov Lekhu Venelkha Traduction : "Maison de Jacob, allons, marchons" Source biblique : Isaïe 2:5 Au début des années 1880, les Juifs de l’Empire russe subirent une vague d’antisémitisme, de violences et de persécutions particulièrement brutale. Face à ces épreuves et en réaction à l’assimilation, certains Juifs commencèrent à envisager l’établissement d’un foyer national pour le peuple juif en Terre d’Israël, seul endroit où ils pourraient redevenir une nation. C’est dans ce contexte que naquit en 1882 le mouvement Bilu, fondé dans l’Empire russe, à Kharkov, par Israël Belkind. Il s’agit du premier mouvement juif militant en faveur de l’installation en Terre d’Israël, apparu quinze ans avant que Theodor Herzl n’organise le premier Congrès sioniste en 1897. Le groupe arriva à Jaffa le 6 juillet 1882 et posa ainsi les bases de la Première Alyah en Terre d’Israël. Yaakov Shertok, père du futur Premier ministre Moshe Sharett, était arrivé quelques semaines avant eux. Rapidement, des groupes Bilu se constituèrent dans l’Empire russe, regroupant environ 500 membres. Toutefois, en raison de dissensions internes, seule une minorité entreprit effectivement le voyage vers la Terre d’Israël. La première expédition comprenait 14 personnes, dirigées par Israël Belkind. Ils se désignaient eux-mêmes comme "Habilouïm" (Bilu, au pluriel). Le groupe arriva à Jaffa le 6 juillet 1882 et posa ainsi les bases de la Première Alyah en Terre d’Israël. Yaakov Shertok, père du futur Premier ministre Moshe Sharett, était arrivé quelques semaines avant eux. La plupart des premiers membres étaient des étudiants imprégnés d’idées socialistes, faisant d’eux le premier groupe sioniste-socialiste. Ils souhaitaient travailler la terre et intégrèrent immédiatement l’école agricole Mikvé Israël (fondée en 1870) comme ouvriers agricoles dès leur arrivée. Ils louèrent une maison dans la région, connue aujourd’hui sous le nom de "Beit Ha’Biluim" – la maison des Biluim – à l’emplacement indiqué ici sur Google Maps . La vie du groupe fut marquée par des conditions extrêmement difficiles. La plupart n’avaient jamais travaillé la terre ni aucune expérience agricole – activité interdite aux Juifs en Russie –, ce qui les conduisit à plusieurs reprises au bord de la famine. C’est Charles Netter, fondateur de Mikvé Israël, qui leur vint en aide et les encadra. À son décès, la même année, le groupe se divisa à nouveau en raison de divergences. Une partie, menée par Israël Belkind, se rendit à Rishon LeTsion pour y travailler comme ouvriers agricoles. L’autre fut envoyée à Jérusalem par leur nouveau dirigeant, le rabbin Yechiel Michel Pines, pour y exercer des métiers artisanaux. Membres de Bilu de Rishon LeTsion et Jérusalem se rencontrant en 1898 à Rishon LeTsion. Source : Domaine public, Wikipedia. Le rabbin Pines, figure de proue de l’association Hovevei Zion, était rabbin, journaliste, homme d’affaires et écrivain dans les débuts de la Première Alyah. Il voyait en ces jeunes pionniers les "Nouveaux Juifs" qui allaient participer à la renaissance d’Israël. En juin 1883, le mouvement Bilu comptait 28 membres en Terre d’Israël, répartis de la façon suivante: 13 à Rishon LeTsion 7 à Mikvé Israël 3 à Jérusalem Dans cette vidéo YouTube , on peut écouter et découvrir l’hymne de Bilu, intitulé "Hushu, Achim, Hushu" ("Hâtez-vous, frères, hâtez-vous"), à partir de la minute 1:02. Composée en 1882-1883, cette chanson est considérée par beaucoup comme le premier chant sioniste et devint très populaire au sein du Yishouv. L’histoire de ce chant, telle que racontée dans la vidéo : Durant la fête de Pessah, les Biluim se rendirent à pied à Jérusalem pour célébrer chez Pines. Ensemble, ils chantèrent des chansons russes, dont un chant révolutionnaire d’étudiants russes. Pines se leva alors de sa chaise et traduisit cette chanson en hébreu. Ce même jour, ils déambulèrent dans les rues de Jérusalem en entonnant l’un des premiers chants sionistes en hébreu. En 1884, neuf membres de Bilu s’installèrent à Guedera, après que leur chef Pines eut acheté 3 300 dounams par l’intermédiaire de l’association Hovevei Zion, en acquérant les terres du village arabe de Qatra. Même s’il y avait quelques Biluim à Rishon LeTsion et dans d’autres endroits, l’implantation historique de Bilu est généralement considérée à Guedera. À la fin de l’année, la Terre d’Israël comptait 48 membres de Bilu, alors que le groupe en Russie cessa d’exister. Cette même année 1884, ils organisèrent avec Eliezer Ben-Yehuda un voyage de Pessah, parlèrent hébreu entre eux et chantèrent des chansons en hébreu. Malgré de nombreuses difficultés, ceux qui restèrent sur place devinrent un modèle pour les générations futures de pionniers, illustrant la ténacité nécessaire pour s’établir en Terre d’Israël. On estime que 60 membres de Bilu quittèrent l’Empire russe dans les années 1880 pour la Terre d’Israël, mais seuls 20 y restèrent durablement. Plusieurs d’entre eux devinrent par la suite des personnalités publiques. Un seul membre de Bilu, Menashe Meirowitz (1860-1949), vécut assez longtemps pour voir la proclamation de l’indépendance d’Israël en 1948. Sources: https://he.wikipedia.org/wiki/ביל%22ו https://www.jewishvirtuallibrary.org/bilu-2 https://www.hamusha-adasha.co.il/טיולים-בדרום/גדרה/ https://www.youtube.com/watch?v=N52x8CFKmK0 https://herzl.haifa.ac.il/images/Item_31267259_20220123094026.pdf
- L’Aliyah "éelé BeTamar "
L’Aliyah Éelé BeTamar désigne une vague d’immigration de Juifs du Yémen vers la Terre d’Israël survenue entre 1881 et 1882. L’année hébraïque de cette aliyah, תרמ"ב (5642), a donné son nom à cette migration (תרמ"ב → בתמר). Ce nom est aussi directement emprunté au verset biblique du Cantique des Cantiques 7:8 : "Je me suis dit : je monterai au palmier / dattier (Tamar)". Quelques mois avant la Première Aliyah de 1882 et l’arrivée des Biluim, un groupe de Juifs du Yémen, principalement originaires de Sanaa, fit son entrée en Terre d’Israël. On estime qu’environ 200 Juifs yéménites arrivèrent en 1881/1882. À titre de comparaison, le groupe des Biluim ne comptait que quelques dizaines de membres. Les Juifs du Yémen durent traverser l’Inde, l’Irak et l’Égypte avant d’atteindre leur destination finale, Jérusalem. Après leur arrivée, ils se heurtèrent à de nombreuses difficultés liées au logement et à leur subsistance. Une partie d’entre eux s’installa au nord de Jaffa, fondant le quartier yéménite connu sous le nom de Kerem Hataymanim. Ils gagnaient souvent leur vie grâce au travail agricole dans les colonies de Judée et du Sharon, ou dans le secteur de la construction. Lorsqu’un groupe arriva à Jérusalem vêtu de ses habits traditionnels, il se heurta à l’hostilité des habitants. Les Juifs yéménites se distinguaient des Juifs séfarades et ashkénazes déjà établis dans la ville, tant par leur apparence que par leurs traditions, ce qui rendit leur intégration difficile au sein de la communauté juive locale. La vieille communauté juive de Jérusalem était structurée autour de « Kollelim », des associations destinées à organiser le soutien financier aux résidents juifs de la ville. L’absence d’appartenance des Juifs yéménites aux structures traditionnelles reconnues entraîna le refus de la population du Yishouv de les intégrer aux kollelim existants et de partager avec eux les fonds dont ils disposaient. On leur interdit même de s’installer à l’intérieur des murailles de la Vieille Ville. Pour situer le contexte, il est utile de repérer sur une carte les premiers quartiers de Jérusalem construits hors des remparts de la Vieille Ville. Les Juifs yéménites se mirent immédiatement au travail, exerçant divers métiers, de porteurs à bijoutiers, et s’organisèrent en communauté indépendante. Leur salut vint d’une source inattendue. Le rédacteur du journal « Habazelet", Israël Dov Fromkin, plaida leur cause, relatant dans son journal leur situation précaire, et prit contact avec un bienfaiteur du nom de Boaz ben Yonatan Mizrahi (ou Boaz Hababeli). Ce même Boaz fit don de la moitié des terres qu’il possédait à Kfar Silwan, sur les pentes du mont des Oliviers, aux Juifs yéménites. Il fit construire des logements pour ces nouveaux habitants dans des bâtiments allongés, semblables à ceux de Mishkenot Sha’ananim (le quartier fondé par Moshe Montefiore). Kfar Hashiloah en 1891. Source: Wikipedia, Public Domain. En hébreu, les nouveaux habitants baptisèrent le lieu Kfar ha-Shiloah. À son apogée, Kfar ha-Shiloah comptait entre 150 et 200 familles, réparties entre 65 maisons communautaires et 45 à 65 maisons privées. La communauté y disposait de synagogues, mikvés, dispensaires, épiceries, écoles, jardins d’enfants et autres infrastructures. L’économie du village reposait sur l’agriculture, l’élevage, ainsi que sur la taille de pierres et la fabrication de pierres tombales sur le mont des Oliviers. Les Juifs yéménites vivaient à proximité d’un village arabe toujours existant aujourd’hui. Des témoignages indiquent que les relations de voisinage étaient excellentes à leurs débuts. Cependant, lors des émeutes de 1929, des Arabes locaux attaquèrent des Juifs venus prier au Kotel, causant la mort de 133 Juifs. Les habitants du village de Shiloah subirent alors des actes de harcèlement, et les routes devinrent dangereuses en raison de la montée des tensions. Le chef du village de Silwan proposa même sa protection aux Juifs yéménites, réfugiés entre-temps dans la Vieille Ville. Néanmoins, le conflit judéo-arabe grandissant en Terre d’Israël freina le développement du village. La Grande Révolte arabe de 1936-1939 mit définitivement fin à la présence juive à Kfar ha-Shiloah. Avec le temps, de plus en plus de familles quittèrent le village, jusqu’à ce que ses derniers habitants juifs soient évacués définitivement en août 1938. Sources: https://he.wikipedia.org/wiki/עליית_אעלה_בתמר# https://blog.nli.org.il/chov-eele-batamar/
- Alfred Mond, 1er baron Melchett
1868 - 1945. Alfred Mond, 1er baron Melchett, fut un industriel britannique, homme politique et militant sioniste de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Mond a joué un rôle déterminant dans le développement de l’industrie chimique. Il a été actif dans l’entreprise familiale Brunner Mond & Company, qui fusionna par la suite pour devenir Imperial Chemical Industries (ICI), l’une des plus grandes entreprises chimiques au monde. Parallèlement à sa carrière industrielle, il s’est engagé en politique et a été élu député. Il occupa plusieurs fonctions ministérielles, notamment ministre de la Santé et commissaire aux Travaux publics. En 1928, en reconnaissance de ses contributions, il fut élevé au rang de baron Melchett . Portrait d’Alfred Mond. Source : Wikipédia, domaine public. Mond était également un fervent soutien du sionisme. Proche d'Arthur Balfour, il joua un rôle dans l’élaboration de la Déclaration Balfour de 1917, qui exprimait le soutien britannique à la création d’un foyer national pour le peuple juif en Terre d’Israël. En 1921, il visita le pays, alors sous mandat britannique, en compagnie de Haïm Weizmann. En 1925, il fut nommé membre du premier conseil des gouverneurs de l’Université hébraïque de Jérusalem, nouvellement fondée sous la présidence de Weizmann. Mond apporta également un soutien financier à la Jewish Colonization Corporation et devint président de la British Zionist Foundation. En 1928, grâce à un groupe d’investisseurs britanniques, il acquit 2 500 dounams de terres agricoles dans la région du Sharon, au nord de Kfar Saba. Un village agricole y fut fondé et baptisé Tel Mond, en son honneur. Il fit également construire la Villa Melchett , située sur les rives du lac de Tibériade. Cette vidéo YouTube permet d’en découvrir davantage sur cette demeure. L’une des contributions majeures de Mond au projet sioniste fut son soutien actif à Pinhas Rutenberg, qui reçut des concessions exclusives du gouvernement britannique pour la production et la distribution d’électricité en Palestine Mandataire. Mond siégea au conseil d’administration de la Palestine Electric Company et défendit ses intérêts dans les cercles industriels et politiques londoniens. Son héritage est encore visible aujourd’hui en Israël, où des rues portent son nom, notamment à Tel Aviv . Sources: https://he.wikipedia.org/wiki/אלפרד_מונד https://www.youtube.com/watch?v=waANmZNkroQ&t=6s
- L'accord du statu quo
L’Accord du Statu Quo, initialement établi par une lettre datée du 19 juin 1947, est un compromis conclu avec les partis religieux avant même la création de l’État d’Israël. Dans cette lettre adressée au parti Agoudat Israël, David Ben-Gourion (président de l’Agence juive), le rabbin Yehouda Leib Maimon et Yitzhak Greenboim s’engageaient à préserver certaines lois juives fondamentales dans le futur État. Cet accord garantissait : l’observance du chabbat comme jour de repos officiel, le respect des lois alimentaires juives (cacherout), l’application des lois familiales (mariage, divorce) selon les tribunaux rabbiniques, et l’autonomie éducative pour les juifs orthodoxes, comme pour tous les juifs, afin d’enseigner selon leurs convictions. Ben-Gourion assurait également que l’État respecterait la liberté de conscience et de croyance de chaque juif, sans aucune coercition. Cette lettre, qui allait évoluer vers un véritable accord politique, fut rédigée alors que la Commission spéciale des Nations Unies pour la Palestine (UNSCOP) enquêtait sur l’avenir du mandat britannique en Terre d’Israël. En tant que représentant du Yichouv (la communauté juive en Terre d'Israël avant 1948), Ben-Gourion voulait convaincre les délégués onusiens de 11 pays que le futur État juif garantirait la liberté religieuse et de conscience pour tous les juifs, quelle que soit leur pratique individuelle. Il affirmait également que l’État juif inclurait des citoyens non juifs, qui jouiraient de droits égaux, sans coercition ni discrimination. Ainsi, l’Agence juive, parlant au nom du futur État, déclarait ne pas vouloir fonder une théocratie. À cette époque, le Yichouv était traversé par de profondes divisions religieuses. Si la majorité soutenait l’idée d’un État à majorité juive, les différences politiques restaient marquées, en partie à cause de l’afflux de nouveaux immigrants. Un clivage profond existait également entre les juifs ultra-orthodoxes et les sionistes. Les haredim (ultra-orthodoxes) rejetaient l’idée d’un État juif non religieux, imposé par des laïcs avant la venue du Messie. Pour éviter une opposition religieuse à la fondation de l’État, Ben-Gourion négocia en 1947 un compromis historique : le Statu Quo. Après avoir évité une guerre civile religieuse, Ben-Gourion dut faire face, en juin 1948, à une crise politique majeure : la possibilité d’un conflit entre factions armées juives. Il parvint à convaincre les militants du groupe Irgoun de renoncer à leur autonomie pour rejoindre les Forces de défense d’Israël (Tsahal) nouvellement créées. Cette capacité à préserver l’unité interne sur les deux fronts – religieux et militaire – permit aux forces juives de surmonter les armées arabes bien plus nombreuses et de remporter la guerre d’Indépendance. Héritage et débats contemporains Depuis cet accord fondateur, les communautés juives très religieuses et très laïques en Israël continuent de s’opposer sur les quatre domaines clés définis par Ben-Gourion : l'observance du chabbat, la cacherout dans les institutions publiques, la juridiction de l'autorité religieuse, et l’éducation selon les courants religieux. Cependant, de nombreuses questions controversées qui sont aujourd’hui associées au statu quo n’étaient pas abordées dans l’accord initial : exemptions de service militaire pour les étudiants des yeshivot et les filles religieuses, interdiction de l’élevage de porcs, vols d’El Al pendant le chabbat, fouilles archéologiques, autopsies, ou encore avortement. Ces enjeux ont été soulevés après coup par les partis religieux, dans le but d’élargir leur influence au-delà du cadre défini en 1947. Sources: https://knesset.gov.il/main/eng/trivia/trivia_details_eng.asp?t_id=16#:~:text=What%20is%20the%20%E2%80%9Cstatus%20quo,Yitzhak%20Greenboim%20to%20Agudat%20Yisrael . https://israeled.org/resources/documents/david-ben-gurion-and-the-status-quo-agreement-jewish-laws-to-be-protected-in-the-coming-state/ https://en.wikipedia.org/wiki/Status_quo_(Israel)
- La différence entre un Kibboutz et un Moshav
Un kibboutz (du mot hébreu kibbouts , qui signifie "rassemblement") est une forme unique de colonie coopérative, née du sionisme et étroitement liée au Yichouv (la communauté juive en terre d'Israël avant 1948) puis à l’État d’Israël. Ce modèle repose à la fois sur l’idéologie sioniste de retour à la terre d’Israël et sur des valeurs socialistes. Un kibboutz regroupe généralement quelques centaines d’habitants. Son économie repose traditionnellement sur l’agriculture, à laquelle s’est ajoutée l’industrie. Dans sa forme originelle, le kibboutz fonctionne comme une communauté solidaire où tous les biens, les moyens de production et le travail sont partagés. Les besoins de ses membres y sont assurés collectivement. Avec l’évolution d’Israël vers une économie plus libérale, nombre des principes idéologiques du kibboutz traditionnel ont progressivement disparu. Les premiers kibboutzim ont vu le jour bien avant la création de l’État d’Israël. Le tout premier, Degania Aleph , situé près du lac de Tibériade, fut fondé en 1910. Un habitant ou membre d’un kibboutz est appelé un "kibboutznik". Un moshav est une forme de village rural ou agricole, fondée sur la coopération communautaire, mais sans mise en commun des revenus. Contrairement au kibboutz, l’unité économique de base est la famille. Chaque foyer dispose de son propre lopin de terre, généralement à vocation agricole, tout en participant à des mécanismes d’entraide et de gestion collective. Outre les membres du moshav, certaines personnes peuvent également y résider sans être membres de la coopérative; on les appelle des résidents . Les moshavim ont été promus par les partis socialistes sionistes (comme Poale Zion, HaPoel HaTzaïr, puis Mapai), avec des terres attribuées par les institutions du Yichouv ou par l’État d’Israël. Le premier moshav, Nahalal, situé près d’Afula dans le nord d'Israël, fut établi en septembre 1921. Un habitant ou membre d’un moshav est appelé un moshavnik . Sources: https://embassies.gov.il/MFA/AboutIsrael/Maps/Pages/Kibbutz-and-Moshav.aspx#:~:text=A%20%22moshav%22%20is%20a%20unique,various%20elements%20of%20mutual%20assistance . https://milog.co.il/ Wikipedia
- Etzel
Etzel : Ha-Irgun Ha-tsvai Ha-Leumi b-Eretz Israel Organisation Militaire Nationale en Terre d’Israël Aussi appelée Ha-Irgun , l’Etzel était une organisation militaire clandestine qui a opéré au sein du Yishouv ( communauté juive en Terre d'Israël avant la création de l'État Juif en 1948) de 1931 à 1948. Son objectif était de protéger la population juive en Israël, de lutter contre la population arabe locale, de mener des actes de représailles, de défense et même de terrorisme, et de combattre le mandat britannique. Terrorisme ? Le gouvernement du Mandat britannique ainsi que les Nations Unies considéraient l’Etzel comme une organisation terroriste. Cette position était également partagée par plusieurs institutions du Yishouv, comme l’Agence juive, ainsi que par des organes internationaux tels que le Comité anglo-américain d’enquête et de nombreux journaux étrangers. Symbole et devise Le symbole de l’Etzel représente une main tenant un fusil, sur fond de carte englobant la Palestine mandataire et l’Émirat de Transjordanie, deux territoires alors administrés par le Royaume-Uni dans le cadre du Mandat britannique. Sa devise était ”רק כך” ( Rak Kah ), ce qui signifie en hébreu : "Seulement ainsi" ou "Il n’y a pas d’autre voie". Histoire L’Etzel fut fondé en 1931 par d’anciens commandants de la Haganah désireux d’adopter une approche plus offensive face aux attaques arabes. Ces fondateurs s’opposaient également à la domination de la Histadrout (la centrale syndicale socialiste) sur le Yishouv. Certains d’entre eux étaient affiliés au Parti révisionniste fondé par Ze’ev Jabotinsky. Le premier dirigeant et fondateur de l’Etzel, Avraham Tehomi, avait notamment participé en 1924 à l’assassinat de Jacob Israël De Haan, un intellectuel juif orthodoxe qui militait pour une alliance avec les Arabes contre le sionisme. En 1937, l’organisation connut une scission : de nombreux membres revinrent dans les rangs de la Haganah, sous l’autorité de l’Agence juive. À partir de là, l’Etzel s’identifia pleinement au mouvement révisionniste, qui influencera plus tard les partis de droite israéliens comme le Herout et le Likoud , ainsi qu’à la mouvance Beitar , avec Jabotinsky comme figure centrale et idéologue, jusqu’à sa mort en 1940. Durant cette période, les attaques de l’Etzel contre la population arabe se multiplièrent. Cible : les Britanniques Après la publication du Livre blanc en mai 1939, qui limitait drastiquement l’immigration juive, l’Etzel orienta ses actions vers des cibles britanniques. Cependant, à l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale, Jabotinsky décida de suspendre les attaques contre le Royaume-Uni afin de le soutenir dans sa lutte contre l’Allemagne nazie. Ce choix entraîna une scission : des membres refusant cet arrêt fondèrent en 1940 le Lehi (Lohamei Herut Israel - Combattants pour la liberté d’Israël). En 1943, face à la politique britannique de blocage de l’immigration juive alors que les Juifs étaient exterminés en Europe, l’Etzel déclara la révolte contre le Mandat britannique et commença à attaquer ses installations. La direction sioniste du Yishouv demanda à l’Etzel de suspendre ses attaques tant que la guerre contre les nazis se poursuivait. L’Etzel refusa. En novembre 1944, une offensive coordonnée par la Haganah fut lancée pour neutraliser l’organisation : pendant plusieurs mois, les membres de la Haganah affrontèrent ceux de l’Etzel. Certains furent même livrés aux autorités britanniques. Cette période est souvent considérée comme l’un des moments les plus sombres de l’histoire du Yishouv. En juillet 1946, l’Etzel fit exploser l’hôtel King David à Jérusalem, qui servait de quartier général à l’administration britannique. L’attaque fit 90 morts (Britanniques, Arabes et Juifs confondus). Tout au long de ces années, les Britanniques arrêtèrent des centaines de membres de l’Etzel. Certains furent exécutés ; d'autres envoyés dans des camps de détention en Afrique. À l’occasion de la déclaration d’indépendance en mai 1948, Menachem Begin, alors commandant de l’Etzel, annonça officiellement la fin des activités de l’organisation armée dans le nouvel État d’Israël, déclarant : ''במדינת ישראל נהיה חיילים ובונים''. ''BeMedinat Israel Nihiye Hayalim vebonim''.* " Dans l’État d’Israël, nous serons des soldats et des bâtisseurs. " Cependant, en juin 1948, l’affaire de l’ Altalena bouleversa l’opinion publique : l’armée israélienne nouvellement formée (Tsahal) bombarda un navire de l’Etzel chargé d’armes et d’immigrants. Malgré cela, les combattants de l’Etzel furent intégrés dans les rangs de l’armée israélienne et participèrent à la guerre d’Indépendance. La même année, Menachem Begin fonda le parti Herout , prolongement politique de l’Etzel, qui incarna le courant révisionniste dans le jeune État d’Israël. Sources: * https://en.wikipedia.org/wiki/Irgun https://www.nli.org.il/he/discover/israel/israeli-history/resistance-movements/irgun https://www.jabotinsky.org/ארכיון/חיפוש-פשוט/פריט-ארכיון/?itemId=103000
- Chansons et poèmes de Haïm Nahman Bialik
Haïm Nahman Bialik est considéré comme l’un des pionniers de la poésie hébraïque moderne et un acteur central de la renaissance de la langue hébraïque. De nombreux poèmes de Bialik ont été mis en musique et interprétés par plusieurs générations d’artistes israéliens. Ces chansons sont devenues des piliers de la culture israélienne, particulièrement dans le domaine des chansons pour enfants, formant la bande-son de l’enfance de nombreuses générations en Israël. Vous trouverez ci-dessous une sélection de poèmes chantés, accompagnés de liens vers des vidéos YouTube d’interprétations musicales. Chansons pour enfants: Shtei Banot, Tsili veGili (Deux petites filles, Tsili et Gili) Makhelat Nognim, Yossi BaKinor (La fanfare musicale, Yossi au violon) Parash, Ruts Ben Susi (cours mon petit cheval) Nadneda (La balançoire) Poèmes chantés pour tous les âges: Kumi Tzei (Lève-toi, sors) Bein Nahar Prat leNahar Hidkel (Entre le Tigre et l’Euphrate) Première interprétation collective Deuxième interprétation par Ofra Haza Tirza Yafa (Le beau tilleul ) Première version par Arik Einstein Deuxième version par Haparvarim El Hatzipor (À l’oiseau) : une page dédiée à ce poème emblématique est disponible ici. Bialik n’était pas seulement un poète, mais aussi un éducateur et penseur. Son œuvre a façonné non seulement la langue hébraïque moderne, mais également l’imaginaire collectif juif et israélien.
- Charles Netter
1826 - 1882. Charles Netter fut un homme d'affaires français et l’un des membres fondateurs de l’Alliance Israélite Universelle (AIU). Il est surtout connu pour avoir fondé Mikvé Israël, la première école agricole juive moderne en Terre d’Israël. Charles Netter en 1850 – Source : Wikipedia (Bibliothèque de l’AIU), domaine public Né à Strasbourg en 1826 dans une famille de tradition rabbinique, Netter suivit un parcours éducatif entre Strasbourg, Belfort, puis dans le monde des affaires à Londres, Moscou et Lille, avant de s’installer à Paris. En mai 1860, dans un contexte de montée de l’antisémitisme (notamment l’affaire de Damas, au cours de laquelle Moïse Montefiore intervint pour libérer des Juifs faussement accusés du meurtre d’un moine chrétien), Netter s’associa à cinq autres personnalités pour créer l’Alliance Israélite Universelle. L’un des objectifs de cette organisation était de " Rassembler tous les cœurs généreux pour lutter contre la haine et les préjugés. Créer une société de jeunes israélites idéalistes et militants qui se sentiraient solidaires de tous ceux qui souffrent par leur condition de juifs ou tous ceux qui sont victimes de préjugés quelle que soit leur religion . Faire enfin que la culture supplante l’ignorance de quelques fanatiques, pour le bien de tous ".* La devise de l’AIU est "Kol Israël Arevim Zeh Lazeh" - " Tous les Juifs sont responsables les uns des autres ." Découvrez l’article dédié à cette devise et à son influence sur la société israélienne. Netter fut nommé secrétaire général de cette organisation naissante. Mikvé Israël : un projet éducatif et agricole visionnaire En 1868, Netter entreprit son premier voyage en Terre d’Israël, envoyé par l’AIU pour évaluer la situation des communautés juives locales. Face à ses constats, il plaida en faveur de la création d’une école agricole destinée à instruire les jeunes Juifs et à leur assurer une autonomie économique. En 1870, Mikvé Israël vit le jour. Mais les débuts furent semés d’embûches : L’idée même d’une école agricole juive en Terre d’Israël était novatrice et suscita des suspicions. Certains voisins arabes, craignant la concurrence, envahirent les terres, les sabotèrent ou volèrent du matériel. Il était difficile de recruter des enseignants qualifiés, tant localement qu’à l’étranger. Le métier d’agriculteur jouissait d’un faible statut social dans la région. Les Juifs du "Vieux Yishouv" s’inquiétèrent que ce projet détourne les fonds de la Halouka (soutien financier aux institutions religieuses traditionnelles) et prononcèrent un herem (interdit religieux), accusant l’école d’être trop laïque. Le nom de Mikvé Israël est tiré d’un verset du Livre de Jérémie (17:13) : " O Eternel, toi l'espoir d'Israël (Mikve Israel - מִקְוֵה יִשְׂרָאֵל ) , tous ceux qui t'abandonnent seront couverts de honte. Oui, ceux qui se détournent de moi vont à leur perte, parce qu'ils ont abandonné la source des eaux vives qu'est l'Eternel." Netter dirigea l’école jusqu’en 1873. Il y investit ses propres fonds et mobilisa d'autres mécènes (dont Edmond de Rothschild et Adolphe Crémieux) pour assurer la survie du projet. Malgré les épreuves, il réussit à consolider l’établissement. Mais sa santé se détériorant, il dut retourner en Europe sur recommandation médicale. De retour en France, il demeura actif au sein de l’AIU : il se consacra à la défense des communautés juives au Maroc et facilita l’émigration de réfugiés juifs russes vers l’Amérique du Nord. En 1882, Netter soutint l’arrivée des Biluim en Terre d’Israël et joua un rôle central dans l’éducation des pionniers de la Première Alyah. Mais lors d’une visite à Mikvé Israël cette même année, il décéda soudainement à Jaffa, le 2 octobre. Il fut enterré dans l’enceinte de Mikvé Israël. Sa tombe y demeure, témoignage de son engagement visionnaire. Son héritage perdure à travers plusieurs rues portant son nom à Haïfa, Tel-Aviv et Jérusalem. De plus, le moshav Kfar Netter, fondé en 1939 par d’anciens élèves de Mikvé Israël, perpétue sa mémoire. Source: https://he.wikipedia.org/wiki/קרל_נטר * https://shs.cairn.info/revue-pardes-2011-1-page-19?lang=fr#re2no2
- La parabole du chariot plein et du chariot vide
En hébreu: Meshel Haagala hameleah veHaagala hareikah La parabole de la charrette pleine et de la charrette vide est le nom donné à une réflexion célèbre du ‘Hazon Ich (Rav Avraham Yeshaya Karelitz) adressée à David Ben-Gourion. Elle visait à illustrer la relation idéale que devraient entretenir les Juifs laïcs et religieux dans l’État d’Israël. Le 20 octobre 1952, lors des négociations de coalition en vue de la formation du quatrième gouvernement israélien, Ben-Gourion se rendit chez le ‘Hazon Ich à Bnei Brak. D’après Yitzhak Navon, alors secrétaire particulier de Ben-Gourion (et futur président de l’État d’Israël), c’est le Premier ministre lui-même qui avait demandé cette rencontre. Il avait compris que le Rav était une figure centrale d’influence auprès des députés religieux et de leur électorat. Intrigué par l'autorité spirituelle qu'il exerçait sur les fidèles, Ben-Gourion souhaitait s’entretenir avec lui. L’objet de la visite était une discussion de fond sur la possibilité d’une coexistence harmonieuse entre Juifs religieux et non religieux dans l’État naissant. Il ne s’agissait pas de débattre de sujets politiques concrets, ni de la polémique sur l’enrôlement des jeunes filles dans l’armée. Selon le récit de Navon, Ben-Gourion demanda : " Je suis venu vous parler d’un seul sujet : comment des Juifs religieux et non religieux peuvent-ils vivre ensemble dans ce pays sans imploser ? Des Juifs arrivent ici par centaines de milliers, de cultures et de traditions différentes. L’État est menacé de l’extérieur, les Arabes veulent encore nous détruire, et nous devons trouver ce qui nous unit. Mais il y a un problème fondamental : eux sont des Juifs, et eux aussi- alors comment peuvent-ils vivre ensemble ? " Le ‘Hazon Ich répondit alors par une parabole, tirée du Talmud de Babylone (traité Sanhédrin), connue depuis comme la parabole de la charrette vide : " Si deux chameaux se croisent dans un chemin étroit, et que l’un porte une charge et l’autre non, c’est celui qui est vide qui doit céder le passage au chameau chargé. Nous, les Juifs religieux, sommes comme ce chameau chargé : nous portons le poids de nombreuses mitsvot. Ce sont les commandements que nous observons. C’est pourquoi on doit nous laisser le passage. " Ben-Gourion réagit avec véhémence à cette image : "L’implantation en Terre d’Israël n’est-elle pas une mitsva ? N’est-ce pas une lourde responsabilité ? Et la protection de la vie, n’en est-ce pas une aussi ? Et ces jeunes soldats que vos gens refusent de rejoindre : ils sont aux frontières pour vous protéger. N’est-ce pas une mitsva ?" Le ‘Hazon Ich répondit simplement, citant le Psaume 127 : " Si l’Éternel ne garde la ville, c’est en vain que veillent les gardes". C ’est par le mérite de l'étude de la Torah qu’ils peuvent garder les frontières et protéger des ennemis. Le communiqué officiel du gouvernement déclara que la visite avait pour but un échange général de vues sur la coopération entre groupes laïcs et religieux dans l’État. Mais cette rencontre allait au-delà d’un simple dialogue symbolique. Lors de cet entretien, Ben-Gourion fit un pas significatif vers les milieux ultra-orthodoxes, en acceptant de maintenir une exemption limitée du service militaire pour les étudiants des yéchivot. En réalité, cette exemption n’était pas nouvelle. Dès février 1948, un accord avait été trouvé pour dispenser certains jeunes haredim de la conscription. Puis, le 9 janvier 1951, Ben-Gourion avait ordonné au chef d’état-major de ne pas enrôler les élèves de yéchivot. La rencontre avec le ‘Hazon Ich ne fut donc pas fondatrice, mais elle renforça et légitima cette décision déjà controversée, en lui conférant une valeur symbolique non négligeable. Aujourd’hui encore, la métaphore des deux charrettes est largement reprise dans le discours public israélien. Elle alimente le débat sur la répartition équitable des charges civiques, souvent désigné par le terme shivion ba-netel (שוויון בנטל – égalité dans l’effort). Les milieux laïcs invoquent fréquemment cette image pour dénoncer une inégalité perçue dans les responsabilités sociétales entre religieux et non religieux. Sources: https://he.wikipedia.org/wiki/משל_העגלה_המלאה_והעגלה_הריקה https://blog.nli.org.il/hazon_ish/











